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 Un long retour au bercail... [Terminé]

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Athéna



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MessageSujet: Un long retour au bercail... [Terminé]   Mar 22 Oct 2013 - 18:49


Athéna poussa la porte d'entrée de son appartement de Mégapagopolis d'une main et commença à enlever sa veste de l'autre. Elle s'affala sans grâce sur son petit canapé et consentit à faire l'effort surhumain de se baisser pour défaire les lacets de ses chaussures. Aussitôt déchaussée, elle s'allongea dans les profondeurs des coussins et ferma les yeux.

Elle avait passé l'après-midi à faire des aller-retours en bus entre le médecin et le service de radiologie de l'hôpital, entre la pharmacie et le kinésithérapeute (avec comme seule consolation de s'entendre dire qu'elle pouvait marcher sans canne). Activités déjà désagréables par nature, auxquelles il fallait ajouter le déplaisir de prendre le bus à l'heure de pointe et de se faire écrabouiller entre deux grands gaillards trempés de sueur.

Athéna comatait donc sur son canapé, et n'avait aucune intention de bouger avant le prochain millénaire.

Du moins jusqu'à ce que son Vokit sonne.

Elle pensa d'abord laisser le répondeur faire son travail. Mais elle ne recevait pas beaucoup d'appels en temps normal, et il y avait une chance que ce soit Lyndia. Cette pensée lui donna le sourire et le courage de se lever.

Sa surprise fut grande quand elle découvrit le numéro de Vokit de sa mère affiché en grand sur l'écran. Cela faisait des semaines... non, des mois qu'Athéna tentait de joindre ses parents. Elle avait espéré en vain, surtout après ce que lui avait infligé Solem, que son père et sa mère la rappellent. Elle avait longtemps cru qu'ils prendraient des nouvelles de leur fille qu'ils n'avaient pas vu en chair et en os depuis une année entière... mais elle n'avait jamais eu le droit qu'au répondeur ou à la secrétaire de l'université où travaillaient ses parents, lui répondant avec humeur qu'ils étaient en cours ou en conférence. Comme d'habitude.

Athéna décrocha, fébrile.


"... Mère?"

"Ah, tu décroches enfin. Tu étais occupée?"

"Euh, non, je--"

"Oh peu importe, j'en ai pour une minute seulement ; Vivianne m'a dit que tu avais appelé plusieurs fois à l'université...?"

"Et à la maison, avant ça. Je n'arrivais pas à te joindre. Ni Père, d'ailleurs."

"Ah, tu voulais nous parler? Mais si ce n'est que ça, viens donc la maison, ce sera plus simple que par Vokit. Passe ce soir, nous serons là vers vingt heures avec ton père, le temps de finir notre dernière conférence de la journée. Tu as toujours un double des clefs?"

"Oui, je--"

"Très bien. Ce serait gentil de ta part de venir un peu plus tôt et de faire quelques courses, je n'avais pas prévu que nous serions trois à manger ce soir. A tout à l'heure!"

"Mère, j'ai--"


Mais seule la tonalité de ligne coupée lui répondit d'un 'Bip, Bip, Bip...' atrocement frustrant.
Athéna raccrocha à son tour et posa son Vokit sur la table du salon. Elle s'assit, entourée du silence et du vide de son appartement, le regard posé sur son Vokit, se demandant encore si cette conversation avec sa mère avait réellement eu lieu.

Ils rentraient à vingt heures... Athéna chercha son horloge murale des yeux et sursauta : ça ne lui laissait pas beaucoup de temps pour se doucher, faire des courses, traverser toute la ville et aller jusque dans le coin relativement perdu où ses parents habitaient!

Elle traversa à toute vitesse le salon en semant derrière elle t-shirt, jeans, chaussettes et sous-vêtements. Une douche efficace sans se mouiller les cheveux (pas le temps de sécher une longueur pareille!), des vêtements propres, un sac d'essentiels pour le lendemain, son Vokit, et... la jeune Dresseuse hésita. Devait-elle prendre ses Pokéballs, ou exceptionnellement les mettre au PC? Elle aurait adoré montrer ses nouveaux Pokémon à ses parents, mais ils n'apprécieraient sans doute pas d'avoir six monstres, parfois immenses, se baladant dans les couloirs de leur maison... Pourtant elle ne pouvait se résoudre à les envoyer au PC pendant un jour et demi, ou peut-être plus. Athéna se rongea un ongle, et arrivée à la peau, elle décida de prendre les Pokéballs avec elle. Quitte à ne pas sortir ses protégés devant ses géniteurs.

Tremblante d'impatience, la jeune blonde prit de nouveau le bus sans se préoccuper de la foule. Elle se fichait des autres voyageurs, toute occupée qu'elle était à imaginer la soirée à venir.
Cela faisait un an qu'elle n'avait pas revu ses parents, ni la maison de son enfance. Pourtant ils n'habitaient qu'à une heure et demie de chez elle, mais comme ils n'étaient quasiment jamais présents, elle ne pouvait pas simplement débarquer un dimanche en espérant les trouver à table, prêts à ajouter un couvert pour elle.

Elle descendit du bus pour entrer dans une supérette et remonta ensuite dans une navette, pour s'enfoncer dans les banlieues chics de la périphérie de Megapagopolis. Les grandes maisons toutes identiques et bien alignées se succédaient, avec leurs haies bien taillées et leur pelouse tondues avec une précision tendant à l’obsession. A sa naissance, ses parents vivaient dans une maison modeste mais élégante. Avec leur succès professionnel à tout les deux, ils avaient repeint les murs, changé la toiture, abattu des cloisons, ajouté un garage... et finalement acheté le terrain voisin pour agrandir la maison et le jardin. C'était avec fierté qu'ils pouvaient proclamer avoir la plus belle et la plus grosse maison du quartier.
Cela laissait Athéna complétement froide. Mais elle avait appris à respecter les passions de ses parents, et les laisser volontiers débiter pendant des heures la liste des travaux et autres aménagements qu'ils avaient fait faire dans le courant du mois... en essayant de ne pas bailler trop souvent.

En sortant de la navette, son Vokit lui appris qu'il était dix-neuf heures et quarante minutes. Athéna esquissa un sourire. Sa mère ne tolérait pas le moindre retard, et pour l'instant elle avait réussi à être en avance. Peut-être que sa mère le remarquerait.

Les mains chargées de sacs de courses, le jeune femme traversa quelques rues encore éclairées par le soleil d'automne. Elle croisa de rares voisins qu'elle ne reconnut pas, et qui regardèrent son jeans et son t-shirt bleu en haussant un sourcil hautain. Athéna songea qu'elle avait bien fait de ne pas mettre ses Badges d'arène au col de sa veste, sinon le voisinage en question aurait surement eu la bêtise de changer de trottoir en la voyant.

Enfin, la demeure de ses parents se dressait dans tout son clinquant devant elle. Elle posa les sacs par terre et toqua à la porte, sans trop d'espoir néanmoins : aucune lumière ne filtrait par les carreaux de la bâtisse.

En effet personne ne vint lui ouvrir. Ses parents n'étaient pas encore là. Cela lui laissait un peu de temps pour préparer leur arrivée!

Contente d'avoir une occasion de leur faire plaisir, Athéna s'empressa d'ouvrir la porte et de ranger les courses. Elle trouva les couverts et les assiettes au même endroit que d'habitude, et arrangea une jolie table dans le salon, avec des serviettes pliées comme au restaurant et du pain coupé en tranches d'épaisseur parfaitement égale. Elle n'osa pas faire la cuisine. Elle savait qu'elle n'arrivait pas à la cheville de sa mère comme cuisinière, et mieux valait laisser cette dernière faire un vrai plat au four plutôt que de se lancer dans une recette que la jeune blonde louperait surement.

Vingt heures sonnèrent à la pendule du salon (un héritage de famille qu'Athéna trouvait vieillotte et bruyante), et ses parents ne s'étaient pas encore manifestés. La jeune Dresseuse occupa son esprit et ses mains à retoucher la disposition des couverts et à lisser son t-shirt pour la dixième fois. Elle s'assit à table, puis sur le canapé, fit le tour du salon, hésita à monter à l'étage pour voir sa chambre mais renonça en pensant qu'elle devait être près de la porte au moment où ses parents arriveraient.

Une demie heure s'égraina encore dans le plus profond silence. Dans sa nervosité grandissante, Athéna avait sortit son trousseau de clefs et jouait avec les anneaux métalliques. Le bruit des clefs s'entrechoquant occupait au moins le vide de la maison.
Elle venait de se décider à allumer la télévision quand son Vokit vibra. Un message texte s'afficha.


De 'Père', à 20h33 :
'La conférence est terminée mais le Directeur nous a invité à un cocktail. Cela va finir tard, et ta mère ne veut pas prendre la route de nuit. Henri nous propose de dormir chez lui. Nous rentrerons demain. Pense à mettre les courses au frais, et ne dérange pas trop la maison.'

Athéna referma son Vokit en se mordant les lèvres. Elle pensa que cela n'aurait pas dû la surprendre... après tout, ses parents l'avaient habitué à n'être jamais là, à toujours s'en aller au dernier moment pour des conférences et des invitations mondaines... C'était la norme, avec eux.

Mais cela faisait tout de même mal.

Un an. Une année sans se voir, sans se parler plus de trois minutes au Vokit... et ils la laissaient tomber pour un cocktail? N'avaient-ils donc aucune hâte de la voir, de prendre enfin de vraies nouvelles?

Elle se leva et débarrassa la table. Inutile de la laisser pour elle-même, elle venait de perdre l'appétit. Elle grignota une tranche de pain et rangea le reste. Quand tout fut à sa place, Athéna pensa à sortir, à quitter cette maison creuse et lugubre pour la soirée. Mais la nuit était tombée, et il n'y avait rien dans ce quartier de résidences cossues à part des salons de coiffure et des boulangeries.

Pas question pour autant de rester à pleurer sur le canapé. Il lui restait sa chambre, dans laquelle elle trouverait sans doute quelque réconfort à relire ses vieux magazines sur la Ligue ou à câliner des peluches Pokémon décolorées.

Les marches de l'escalier en bois craquèrent sous ses pieds, et la porte de sa chambre grinça. Pour des gens qui aimaient entretenir leur maison, ses parents ne pensaient pas à huiler les gonds...

D'une main habituée, elle trouva l'interrupteur du plafonnier. Quand la lumière lui révéla l'intérieur de la pièce, elle crut d'abord s'être trompée de porte. A la place de son bureau, de sa commode et de son lit, de hautes étagères et d'immenses placards débordants de dossiers, de costumes et de tailleurs lui faisaient face.
Athéna se retourna et ouvrit toutes les portes de l'étage, persuadée d'avoir simplement eu une absence... mais aucune ne s'ouvrit sur sa chambre d'adolescente. Dépitée, la jeune femme en conclut que ses parents avaient réhabilité son espace en dépôt sans lui en parler. Oh, bien sûr, c'était leur droit! C'était leur maison, et elle n'y habitait plus. Mais elle aurait au moins voulu savoir ce qu'ils avaient fait de ses meubles et des affaires qu'elle avait laissé derrière elle...
Revenant sur ses pas, elle fouilla ce qui avait été un jour son terrain de jeu d'enfant, son sanctuaire de jeune fille. Elle ne trouva aucune trace de son passé, à part quelques boites à chaussures remplies de photos de famille. Cela ne devait pas avoir beaucoup de valeur aux yeux de sa mère, qui n'avait pas pris la peine de fermer toute les boites pour protéger les photos de la poussière, ou même de classer les clichés. N'ayant rien à faire d'autre, Athéna prit toutes les boites dans ses bras et redescendit au salon pour s'installer dans le canapé et regarder les photos, en attendant que le sommeil lui rende visite.

Elle se blottit dans le sofa moelleux qui sentait le neuf, et ouvrit la première boite. C'était une maigre consolation que d'observer ses parents sur du papier glacé en attendant de les voir pour de bon... mais c'était tout de même mieux que de tourner en rond comme un Némélios en cage dans cette maison vide.

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MessageSujet: Re: Un long retour au bercail... [Terminé]   Mar 22 Oct 2013 - 19:22

Mes pas martelaient le sol au rythme effrénée d'une course interminable. Sous mon masque d'argent et d'améthyste, un souffle rauque et grave trahissait mon épuisement et ma douleur. Si j'avais pu me passer la main sur le front à cet instant précis, je n'y aurais trouvé qu'une épaisse couche de sueur. Cette soirée avait été une sale soirée. Et elle n'était pas prête de se terminer pour moi.

J'avais de la chance dans mon malheur. C'était l'automne. La nuit tombait tôt, et j'avais tout mis en place pour que mes allées et venues soient le moins remarquées possible. La base diurne où je me reposais dès l'aube en rentrant de mes excursions n'avait pas été encore découverte, et pour le moment ne risquait pas de l'être. Pour finir, le chaos qui s'abattait sur moi à cet instant précis me tombait dessus en début de nuit. S'il avait été cinq ou six heures du matins, rentrer au bercail aurait été beaucoup plus difficile.

Mais ça ne changeait rien à ma navrante situation. J'étais parti pour le Sud de Megapagopolis, alias les banlieues verdoyantes au delà desquelles on commençait à arriver sur les plages de Maïlys. Une zone riche et fort bien équipée. Telle avait été mon erreur. Enfermé pendant des années dans un asile de fous, coupé du monde et des nouvelles technologies, jamais je n'aurais pu m'imaginer que la demeure que je cherchais à cambrioler serait aussi bien protégée. Les gens qui vivaient là avaient réussi un exploit aussi génial que terrifiant: brancher des Magneti et des Terhal au système d'alarme de la villa et en faire des caméras de surveillance. Ce mécanisme simple et peu onéreux était brillant.

D'ailleurs la famille que je cherchais à dévaliser n'était pas une famille ordinaire. J'avais fait mes recherches quelques jours plus tôt. Les Baujarts, riche couple d'entrepreneurs qui avaient fait leur beurre en vendant des Pokémon sous des arguments et des drapés avantageux, mais dont les agissements avaient depuis longtemps suscité la haine de la population dont le QI dépassait 25. Malheureusement ils étaient intouchables. Trop innocents pour être attaquables, trop riches pour être compromis.

Ma fibre justicière n'a jamais été ma plus grande force. A dire vrai je me considère comme le roi des escrocs. Je suis fidèle à mes principes et à ma mission, mais l'honnêteté vis à vis des mortels est une notion qui me parait aussi saugrenue qu'inutile. Malgré tout, j'ai souvent tendance à penser que, quitte à s'amuser au détriment de quelqu'un, autant que ce soit quelqu'un qui le mérite. Principalement parce que si quelqu'un est coupable de quoique ce soit, il aura moins tendance à aller chouiner dans les jupes des forces de l'ordre que s'il n'a rien à se reprocher.

Bref.

Le couple en question avait récemment fait l'acquisition de quelque chose qui avait attiré mon attention. Une portée de Polichombr. Portée qu'ils avaient l'intention de "dresser" de force pour en faire des poupées sans personnalité, vouées à sourire en permanence et à être incapables de se défendre. L'intérêt? Des jouets pour les gosses qui ne connaitraient aucune attaque offensive et dont l'absence d'influence sur le monde matériel était un soulagement pour les parents. Oui. Moi aussi je peinais à comprendre comment le monde pouvait désirer et cautionner des projets si désespérément vains.

Inutile donc indispensable. Les sponsors avaient adorés, et en quelques jours le couple avait reçu les œufs et les avait fait éclore avant de les enfermer dans des cages pour commencer leur "éducation". C'était là que j'entrais en scène. Je devais m'infiltrer, sélectionner minutieusement un des Pokémon pour en faire mon nouveau collègue, et au passage libérer les autres de leurs chaînes avant qu'ils soient si atteint que la notion même de fuite leur soit étrangère.

C'avait marché. Jusqu'au moment où le Magneti de la pièce se mit à libérer un Strido-Son si insupportable que, dans ma surprise, je fus incapable de m'enfuir rapidement. Ankou avait alors surgi et, d'une simple Ombre Portée, avait réduit le bout de métal au silence. Il était néanmoins trop tard. La police était sur le coup, et le temps que je reprenne mes esprits, j'entendais déjà les sirènes au loin. Je m'enfuyais aussitôt. En vain. Les Démolosses et les Ponchiens usaient de leurs attaques Flair pour me pister et de leurs vélocité naturelle pour m'empêcher de prendre de la distance.

Je courrais depuis une demi-heure sans m'arrêter. L'équipement sur mon dos était lourd et me tenais chaud. Beaucoup trop chaud. Je devais rapidement penser à une tenue secondaire pour ces moments là. En plus de cela, mon corps était encore trop faible pour atteindre de réels pics de vitesse. Des années sans faire de sport, ca vous atteignait grandement. En gagnant les hauteurs j'avais pris de la distance mais j'avais perdu du temps. Les flics étaient sur mes talons. Et le Pokémon nouvellement acquis, accroché à ma ceinture, n'était qu'une piètre consolation à ma situation.

Bien vite je n'en puis plus. Je m'arrêtais, posais un genou au sol (enfin, sur la tuile du toit qui me portait), et décochais mes trois pokéball. Je ne connaissais pas encore assez le Polichombr. Je ne pouvais pas me permettre d'en attendre trop de lui. Autour de moi, Izanami, Ankou et Mot apparurent dans des flash de lumière et me regardèrent de leur habituel air moqueur et satisfait, peinant toutefois à dissimuler leur surprise de me voir ainsi affaibli.

"Je vais avoir besoin de vous pour gagner du temps..."

Murmurais-je péniblement en entendant les aboiements infernaux de mes poursuivants atteindre la maison voisine.
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Athéna



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MessageSujet: Re: Un long retour au bercail... [Terminé]   Mar 22 Oct 2013 - 22:34


Athéna resta immobile sur le canapé si longtemps qu'elle vint à bout de tout le confort qu'il avait a offrir. Plongée dans les photographies jaunies et poussiéreuses, elle regardait ses parents sourire à l'objectif et tenir leur fillette par la main... une époque révolue.

La jeune femme passa le reste de sa soirée à se rappeler les bons moments passés en famille. Elle se souvenait clairement d'un temps où sa mère et son père s'occupaient d'elle, se souciaient de son bien-être et de son épanouissement. Mais cela avait changé... Dès qu'elle avait pu se débrouiller seule, ils avaient disparus, privilégiant le travail à leur fille unique.
Qu'avait-elle fait pour qu'ils se désintéressent si vite et si facilement d'elle? Pourquoi tant de mépris pour ses premières questions, ses premiers avis? Ne supportaient-ils pas qu'elle ne pense pas toujours comme eux?

Était-elle devenue quelqu'un qu'ils ne pouvaient pas aimer?

Athéna se leva, le dos raide et les jambes engourdies. La pendule sonna. Il devait être vingt et une heures. D'un pas lent, la jeune femme se rendit dans la cuisine pour se servir un verre d'eau. Elle allait le poser sur la table quand elle pensa à ce que lui dirait sa mère si elle la voyait faire, et s'empressa alors de le nettoyer, de le sécher, et de le remettre à sa place, dans le placard.

Revenant dans le salon, elle jeta un regard circulaire à la pièce plongée dans une demi-pénombre, et se demanda où elle allait bien pouvoir dormir à part... dans le canapé. Cela ne la réjouissait guère. Elle se sentait de plus en plus comme une intruse dans cette maison.

Athéna remonta à l'étage en quête de draps propres à mettre sur le canapé. Elle trouva des draps, une couverture, et même un oreiller. Un fois son lit de secours fait, elle rangea les photos. Mieux valait que sa mère ne se rende pas compte qu'elle avait fouillé dans le bureau.

En remontant les boites à l'étage, Athéna ne put s'empêcher d'en examiner le contenu une dernière fois. Elle tenait entre ses mains la preuve qu'ils avaient été une famille heureuse et soudée... comment se séparer d'une chose si précieuse?

La jeune femme tira une photo du tas qui s'offrait  à elle et décida de la cacher dans son sac. Ses parents ne s’apercevraient jamais qu'il manquait un cliché.
Elle aimait particulièrement cette image : prise quand Athéna apprenait encore à marcher, on pouvait voir son père, plus jeune et plus brun, tenir dans sa grosse main les petits doigts potelés de sa fille qui avançait d'un pas mal assuré vers sa mère, l'air radieux, ses cheveux mi-longs et blonds soulevés par une légère brise. Son père souriait tendrement en gardant sa main libre dans le dos d'Athéna pour parer à toute chute, et sa mère, accroupie, attendait, les mains tendues vers son enfant et la bouche entrouverte pour l'encourager à avancer.

Athéna poussa un long soupir en cachant la photo dans une poche de son sac. Clairement, ses parents étaient de bons parents. Elle les avait éloignés pour prendre son indépendance et devenir Dresseuse, contre leur avis, et se faisant elle les avait blessés. Bien sûr, elle n'allait pas changer de voie pour autant, être Dresseuse n'était pas une lubie, c'était sa passion, c'était Elle, et rien ne changerait ce qu'elle était profondément. Mais elle s'en voulait de les avoir repoussé avec autant de force et de hargne.

Il était peut-être encore temps de réparer ses erreurs, de demander pardon...? Peut-être que maintenant, avec tout ce temps passé, ses parents comprendraient son choix et l'accepteraient? Peut-être que tout ce qu'il leur fallait, c'était des excuses?

Forte de ses déductions, et certaine qu'elle pourrait enfin établir un dialogue avec ses parents le lendemain, Athéna fouilla son sac à la recherche d'une brosse à dents et d'un pyjama.
Et alors que la jeune femme, courbée en deux, se demandait dans quelle poche elle avait perdu sa brosse à dents, la porte d'entrée s'ouvrit sur deux silhouettes blotties dans des manteaux longs. La blonde sursauta.


"Ah, Athéna, tu es là! Bien, bien, sois gentille et aide ton père à porter ma valise."

Athéna resta un instant inerte, les yeux écarquillés et fixés sur ses parents qui venaient de passer la porte tout naturellement, sans s’inquiéter de la surprise de leur fille. Puis, reprenant ses esprits et sentant le regard insistant de sa mère, elle se faufila comme une Lamperoie entre la porte et ses parents et fonça à la voiture, dont le coffre était ouvert sur une énorme valise grise. Elle réussit à la soulever à la troisième tentative et l'amena au salon au prix d'une sévère douleur dans son épaule fragile. Ce qu'elle se garda bien de dire à ses parents.

Son père enleva son manteau et prit celui de sa femme, évitant donc d'avoir à aider sa fille. Athéna ne s'en rendit pas compte. Elle était trop étonnée par leur simple présence.


"Bonsoir." dit-elle avec un sourire timide. Elle ne savait pas comment entamer la conversation.
"Vous avez changé d'avis pour cette nuit? Je ne vous attendais que demain..."

"Si tu veux vraiment savoir, Henri a eu le mauvais gout d'inviter pour la même nuit Rosaline Humfret. Il était hors de question que nous dormions sous le même toit que cette femme. Imagine un peu les retombées sur notre réputation!" s'exclama sa mère en prenant un air outré.

Athéna leva un sourcil mais freina l'envie de faire un commentaire. Les ambitions et les angoisses sociales de ses parents lui avaient toujours été incompréhensibles et étranges. S'ils préféraient faire de la route de nuit, sur de petits chemins terreux, et rentrer tard, plutôt que d'être vu avec Unetelle... pourquoi pas. Cela ne la regardait pas. Et elle était bien contente qu'ils soient là plus tôt que prévu!


"Tu as fais des courses, n'est-ce pas?" demanda son père depuis la cuisine et sans se retourner.

"Oui, Père. Tout est rangé. Je peux remettre le couvert, si vous voulez...?" dit-elle en regardant ses parents l'un après l'autre.

"Non. Nous avons profité du buffet pendant le cocktail. Et puis il est tard."

Athéna fit appel à tout son sang-froid pour ne pas faire remarquer que sa mère avait demandé à ce qu'elle fasse des courses pour le repas du soir, et que cela paraissait soudainement bien futile s'ils avaient prévu depuis le début de se goinfrer au cocktail!
Mais peut-être n'avaient-ils rien prévu du tout, et puis c'était l'intention de faire un repas à trois qui comptait... Elle n'avait pas de raison de leur en vouloir. Ils étaient fatigués après une longue journée. Elle aussi, d'ailleurs.

Sa mère ôta ses chaussures à talons et rejoint son mari dans la cuisine. Avant de passer l'encadrement de la porte, elle jeta un coup d’œil derrière Athéna.


"Oh, tu as trouvé de quoi faire le canapé. Parfait. Puisque tu n'as pas besoin de moi pour te dire où sont les choses, je vais me préparer et aller me coucher. Nous parlerons demain."

Elle attrapa le verre d'eau que lui tendait son conjoint et se mit à vérifier que la nourriture récemment achetée avait bien été rangée correctement. Le père prit la corbeille à pain et souleva le tissu posé dessus. Voyant les tranches de pain déjà découpées, il se tourna vers Athéna qui attendait, penaude, devant la porte, et fronça les sourcils.

"Maintenant qu'il est coupé, il sera sec dans quelques heures."

"Je l'avais préparé avant de savoir que vous dormiez chez Henri... Je voulais préparer le repas et--"

"Tant pis. Ce qui est fait est fait." coupa-t-il, avant de sortir deux tranches de pain et du foie gras.

Athéna se mordit la langue. Il ne lui laissait même pas une chance de s'excuser! Et n'avait-il pas dit qu'il n'avait pas faim, cinq minutes auparavant??

Dépitée, la jeune femme chercha une façon se retirer qui n'irrite pas encore plus ses parents.


"A demain...?" bredouilla-t-elle presque comme une question, à laquelle sa mère répliqua par un "Bonne nuit" à peine audible, et son père hocha la tête, évitant d'avoir à répondre grâce à sa bouche pleine à cet instant bien commode.

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Dernière édition par Athéna le Ven 22 Nov 2013 - 13:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un long retour au bercail... [Terminé]   Mer 23 Oct 2013 - 13:03

En l'espace de trois bonds, un des Démolosses et un des Ponchiens m'avaient rejoins sur le toit. Et je savais qu'il n'était qu'une question de minutes avant que d'autres ne les rejoignent. D'ailleurs, ces deux Pokémon étaient très probablement plus puissants que les miens à l'heure actuel. J'avais temporairement l'avantage du nombre, mais ça s'arrêtait là. Puisqu'à peu de choses près, ils avaient l'avantage du type.

Au diable le sang froid et la théâtralité. J'étais en mauvaise posture et je le savais. Mon bras jaillit des pans de ma cape et mon poing se serra dans les airs tandis que je hurlais mes ordres. Mon Spiritomb s'interposa entre moi et le Démolosse, tandis que mon Funecire se plaça en face du Ponchien. En retrait, Izanami assurerait leur soutien à coups d'Ondes Folie et autres Dépits. Les attaques fusèrent à l'unisson. D'un côté comme de l'autre des éclats de flammes bleues, noires et rouges illuminèrent les toits un bref instant avant de causer une petite explosion qui ne manqua pas de me propulser en arrière.

Quelle plaie que d'être aussi faible. Faire le singe sur les toits était devenu envisageable en quelques jours. Devenir l'athlète que j'étais jadis me demanderait des mois voire des années. Je n'avais d'autres options que de m'en remettre à mes Pokémon. En relevant la tête vers la scène des affrontements, je pus constater avec satisfaction que tout ne se passait pas si mal. Malgré leur puissance, le peu de soutien que pouvait offrir ma Feuforêve était suffisant pour mettre un peu de chaos dans leurs assauts au départ parfaitement maîtrisés. Les Feintes et les Morsures de mes adversaires claquaient dans le vide ou dans les tuiles, pendant que mes Ombres Portées et mes Flammèches faisaient mouche à chaque coup. Après un Reflet qui lui permit d'esquiver un assaut bien placé, Mot parvint à brûler le Ponchien dont l'énergie allait en s’amenuisant, en plus de voir ses forces physiques amoindries par la brûlure. En retrait, Izanami continuait les chants de Dépit pour épuiser mes adversaire. Épuisement d'autant plus rapide que mon Spiritomb exerçait sa Pression depuis le début du combat.

Je souriais et, en serrant les dents, je me relevais. Des spasmes de douleurs s'élançaient dans mes cuisses. Les veines de mes mollets palpitaient à m'en déformer la peau. Mon masque était lourd et encombrant, mais je ne pouvais pas le laisser tomber ici. Il était vraiment temps que je trouve un modèle moins encombrant.


"Ca suffit! Achevez les! Ankou, Feinte sur le Démolosse! Mot et Izanami: Vague Psy et Flammèche sur le Ponchien!"

Mes Pokémon m'obéirent et portèrent leurs assauts avec maestria. Mes deux poursuivants furent propulsés au bas de la maison, et leur confusion couplé aux dégâts qu'ils avaient reçus leur empêchèrent de pouvoir me rattraper à nouveau. C'était le moment où jamais de reprendre ma course. Je fis volte-face et tentais de courir. En vain. Mon corps ne me supportait plus. Je poussais un juron et frappais le toit de mon poing exaspéré. La police allait me rattraper, les deux sales cabots d'en bas trahissaient ma position, et pour couronner le tout l'explosion qui avait eu lieu quelques minutes plus tôt risquait fort d'avoir alerter le voisinage. Si je ne disparaissais pas rapidement, j'étais fait.

Un miracle se produisit alors. Un miracle ou la grâce divine de ma Déesse protectrice qui se déposa sur moi comme un voile réconfortant. La main osseuse de la Mort m'envoya un signe. Signe qui prit la forme de mes trois Pokémon se réunissant autour de moi pour me porter et m'aider à me mouvoir.

Izanami utilisa une Vague Psy pour propulser le rocher d'Ankou sur l'immeuble voisin. Mot se fondit dans mon dos et s'étendit pour me relever, comme si j'étais une voiture dont le pneu devait être changé. Profitant de cette position, mon Spiritomb étendit son corps mauve et vert en un long tentacule qui s'enroula autour de moi et qui le porta jusqu'à lui. Ce petit manège fut répété à quatre reprises. Je sentais que j'avais envie de vomir et qu'à ce rythme je n'irais pas bien loin, mais il était désormais difficile pour mes adversaires de me repérer précisément.

Il était vingt-deux heures quand, fatigué de ce cycle éprouvant, mon Pokémon lâcha malencontreusement prise et me laissa aller m'effondrer dans une véranda dont j'explosais le plafond vitré. La chute avait été bruyante et douloureuse. Nul doute que les habitants seraient réveillés par une apparition si tonitruante. Mais le point positif fut que je parvins tant bien que mal à me relever. Les quelques minutes de repos que m'avaient offert mes Pokémon avaient été suffisantes pour que mon cerveau reprenne la maîtrise de mon enveloppe charnelle.

Je voulus disparaître avant de me faire repérer, mais c'était peine perdu. Le temps que je reprenne totalement le contrôle de moi-même, mes Pokémon m'avaient rejoins, et mes "hôtes" m'avaient repérés...
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Athéna



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MessageSujet: Re: Un long retour au bercail... [Terminé]   Ven 22 Nov 2013 - 15:59


Athéna tomba sur le canapé en réprimant un soupir. Quoiqu'elle fasse, quoiqu'elle dise, elle contrariait sa mère et son père. La jeune femme se passa une main sur le visage et respira profondément. Elle ne devait pas désespérer si vite. Une bonne nuit de sommeil allait leur faire du bien à tous les trois, et demain elle tenterait de nouveau d'établir un semblant de dialogue.

Bien que son inquiétude l'empêcherait certainement de dormir, Athéna voulait se coucher au plus vite et profiter du silence de la maison pour réfléchir. Elle prit de nouveau sa brosse à dent et un pyjama et monta les escaliers qui menaient aux chambres et à la salle de bains. En entrant dans la pièce, elle haussa un sourcil en découvrant que tout les robinets étaient désormais dorés, plutôt que du gris métallique habituel. Elle leva les yeux au ciel. Encore une déco clinquante dans le seul but de faire "riche".

Tandis qu'Athéna se brossait mollement les dents en étudiant ses cernes dans le miroir, la porte de la salle de bains s'ouvrit soudainement et sa mère apparut, la main sur la poignée et l'air étonné de tomber nez-à-nez avec sa fille. Athéna cligna des yeux. Sa mère aussi.
Puis sans échanger une parole, sa mère la contourna, attrapa un tube de crème qu'Athéna reconnut immédiatement, et commença à s'enduire les mains et les avants-bras. Une odeur de tarte aux pommes s'éleva aussitôt dans l'air. Athéna eut un imperceptible sourire autour de sa brosse à dent.

Une minute de complet silence s'écoula. Athéna se rinça la bouche, presque peinée d'arriver à la fin de son prétexte pour rester dans la salle de bains. Sa mère se brossait les cheveux en regardant discrètement sa fille, son visage ne trahissant aucune émotion. Athéna se sécha consciencieusement les mains, gagnant quelques secondes de réflexion pour trouver quoi dire en pareilles circonstances.

"Tu as maigri, non?" demanda si soudainement sa mère qu'Athéna sursauta.

"Euh... Non? Peut-être... Je ne sais pas..." bredouilla-t-elle, prise au dépourvu par une question aussi... personnelle?

"C'est surement parce que tu ne cuisines jamais rien de bon pour ta santé. Tu te nourris toujours de ces trucs réchauffés au micro-ondes, c'est ça?"

Athéna pinça les lèvres et se promit de rester calme. Elle qui pensait que sa mère prenait des nouvelles... Ah! Une seule phrase, une seule et unique petite question, et la voilà qui lui faisait de nouveau des reproches. Il s'en fallu de peu qu'Athéna ne réponde "A qui la faute? Tu n'as jamais pris le temps de m'apprendre à cuisiner!", mais elle avala une grande goulée d'air, colla un sourire forcé sur sa face et répliqua :

"Je me suis améliorée. Mais bon, ce n'est pas très encourageant de ne cuisiner que pour soi-même..." A cet instant Athéna eut l'idée de créer une ouverture et de tenter de flatter un peu l'égo de cuisinière de sa mère.
"Peut-être que si je connaissais quelques recettes de plus, je--"

"Donc tu es toujours célibataire?" coupa sa génitrice en posant avec un peu trop de vigueur sa brosse à cheveux.

Athéna déglutit. Cette conversation lui échappait complétement! Sa vie sentimentale était LE sujet à éviter à tout prix avec ses parents. Comment se sortir d'un tel pétrin? Athéna ouvrit la bouche, hésita, prit une inspiration, hésita de nouveau. Sa mère haussa tellement les sourcils qu'ils allaient bientôt se confondre avec ses cheveux.


"Je crois comprendre que non. Je le connais?" demanda de nouveau sa mère.

Athéna se maudit. Elle aurait dû répondre immédiatement, mais impossible de mentir face à sa propre mère, la toisant comme une Vautitrice en colère.


*Arceus, pourquoi tant de haine?* pensa Athéna en se recroquevillant sous le regard inquisiteur de sa mère. Que devait-elle dire? La vérité? Surement pas! Un demi mensonge? Si elle ne la croyait pas? Pire, si elle devinait le mensonge? Encore pire, si sa mère demandait à rencontrer "l'heureux élu"?!

"Non, non..."

"Alors dis-moi, qui est-ce? Qu'est-ce qu'il fait dans la vie, mh?... Oh, j'espère que ce n'est pas un Dresseur, Athéna. Je sais bien que ce n'est qu'une passade, mais tout de même, si vous avez tout les deux ce hobby grotesque trop longtemps, vous n'allez pas trouver de bon travail avant d'avoir trente ans!"

Athéna aurait voulu que le sol s'ouvre sous ses pieds, l'engloutisse et l'amène tout droit dans les bras de Lyndia. Bien sûr, l'univers ne lui accorda pas ce plaisir, et la jeune femme resta bras ballants, bouche entrouverte, incapable de répondre quelque chose de cohérent à sa mère.

Devant l'air abasourdi de sa fille, la mère tira ses propres conclusions, et lâcha un long soupir déçu.

"Bien. Je vois. C'est dommage, Athéna. C'est vraiment dommage. Ton père sera terriblement désappointé par cette nouvelle."

Athéna écarquilla les yeux. Elle n'allait quand même pas faire ça? Est-ce que c'était une sorte de menace? 'Jette ton petit copain Dresseur ou j'en parle à ton père avec qui tu essaies de te rabibocher depuis des lustres'?... Elle n'oserait pas...?

"Parfois je me demande si tu le fais exprès."

Athéna se frotta les yeux avant que les larmes ne montent.
Si, elle osait.

Toutes les bonnes résolutions de la jeune blonde s’effritaient et elle pouvait les sentir s'envoler une à une, allégeant ce poids sur ses épaules et cette lourdeur dans son estomac. Quoiqu'elle fasse, quoiqu'elle dise, ce ne serait jamais assez bien pour eux. Ils se diraient toujours 'déçus', 'contrariés', 'insatisfaits'. Finalement, pouvait-elle leur plaire sans devenir l'opposé de ce qu'elle était réellement? Sa mère semblait décidée à lui prouver ce soir que c'était impossible.

Après un long soupir, Athéna détendit ses épaules nouées et fixa sa mère droit dans les yeux.


"Pourquoi es-tu persuadée que je cherche à vous faire du mal, à Père et à toi? Je vis selon mes passions, c'est tout. Vous êtes bien les seuls à penser que votre "réputation" pourrait en prendre un coup... comment vos amis seraient au courant puisque vous faites comme si je n'existais pas?!"

Athéna sentit des larmes brouiller sa vue, qu'elle essuya avec rage d'un revers de main. Sa mère, bouche-bée, resta paralysée face à elle, ce qui ne fit que nourrir la colère de la jeune Dresseuse.

"Tu sais quoi, puisque vous n'êtes jamais contents, une "mauvaise" nouvelle de plus ou de moins ne changera rien. Je vais te dire la vérité, Mère."

Athéna s'avança près de sa mère, qui lui paraissait soudain bien petite, et se mit à lui sourire comme une démente. La femme sembla reprendre ses esprits et éleva la voix pour couvrir sa fille, qui hurlait presque.

"Ça suffit, Athéna! Tu n'as pas le droit de me parler sur ce ton!"

"Tais-toi donc, harpie!" hurla Athéna en frappant son poing contre la porcelaine du lavabo, qui trembla sous le choc. "Tais-toi et écoute-moi, pour une fois!"
Athéna avança encore d'un pas, forçant sa mère à reculer jusqu'au mur, contre lequel elle se plaqua, les yeux écarquillés de peur.

"Oui, j'ai rencontré quelqu'un. Oui, cette personne dresse des Pokémon, comme moi. Mais ce n'est pas tout! Je vais répondre à toutes tes attentes cette fois, puisque tu es certaine que je ne cherche qu'à vous causer du tort, et tu pourras le dire à Père, en détails si tu veux!"

Athéna pencha la tête sur le côté et croisa les bras sur sa poitrine avec arrogance. Elle soignait son effet.

"Cette personne est, comme mon ex d'ailleurs, bref, comme toutes les personnes avec qui je sors ces dernières années, une f--"

Un bruit de verre brisé suivit d'un tremblement au rez-de-chaussée coupa Athéna en pleine tirade. Le bruit résonna comme une petite explosion dans toute la maison. La jeune blonde tourna la tête vers la source de ce tapage, inquiète. Sa mère l'imita. Puis, après une seconde de silence, le bruit des pas précipités de son père qui descend les escaliers. Athéna fit volte-face et croisa le regard de sa mère, effrayé et suppliant. Pendant un instant, les traits de la Dresseuse se détendirent et laissèrent voir de la compassion et des regrets. Mais bien vite elle se ressaisit et se rua au rez-de-chaussée, laissa sa mère seule.

En bas, elle vit son père, figé devant l'entrée de la véranda. La porte était fermée, mais des morceaux de verres avaient glissé par en dessous, signe du désastre intérieur. Apparemment son géniteur n'avait pas encore trouvé le courage de bouger. Athéna retint un rictus de mépris, saisit sa ceinture de Pokéballs dans son sac, et ouvrit la porte avec assez de force pour assommer un Hippodocus.

Et elle se figea à son tour.

Face à elle, une créature à silhouette humaine, enveloppée dans un long costume noir et une cape de la même couleur, qui la regardait à travers un masque énorme de Tutankafer noir et violet. Le masque brillait sous les rayons de la lune comme s'il était certi de pierres précieuses. Athéna s’aperçut en réprimant un tremblement que l'homme était bien plus grand qu'elle.
Autour d'eux, des milliers de morceaux de verres tranchants scintillaient comme des lucioles. Le toit de la véranda n'existait plus, et un air froid et sec tourbillonnait autour de l'intrus spectral comme pour lui souhaiter la bienvenue.




C'est alors qu'Athéna distingua trois Pokémon dans la pénombre, au fond de la véranda : un Spiritomb, un Feuforêve, et un Funécire. Trois fantômes accompagnants l'homme aux allures de croque-morts. Athéna venait de trouver matière pour ses cauchemars.

Malgré les frissons lui parcourant l'échine, la jeune blonde saisit deux Pokéball et fit apparaitre Arktos et Alcyon. Le grand ours brun fit trembler le sol sous ses pattes et grogna férocement, tandis que l'aiglon se posait sur le bras tendu de sa Dresseuse, l'air fier et le regard vif malgré sa cicatrice récemment acquise.

L'homme au masque n'avait pas encore bougé. Athéna le fixa avec précaution.


"Qui êtes-vous, et que voulez-vous?" demanda-t-elle simplement, bien qu'elle doutait fortement qu'une personne dissimulée sous un masque et une capeline lui dévoile son identité.

Si l'individu tardait à lui répondre, elle attaquerait surement. Ses parents étaient dans la pièce à côté, et il était hors de question que cet énergumène les mette en danger. Elle les détestait peut-être pour le moment, mais pas au point de les laisser se faire rosser et détrousser par ce cambrioleur étrange.


"Alors?" dit-elle avec une impatience feinte pour donner l'impression qu'elle maitrisait ses émotions.

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Dernière édition par Athéna le Ven 22 Nov 2013 - 22:18, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Un long retour au bercail... [Terminé]   Ven 22 Nov 2013 - 16:57

Une dresseuse. Il avait fallu que je tombe sur une dresseuse. Dans toute cette banlieue de retraités pète-sec et de fashion victim attardées, il avait fallu que je tombe sur la seule et unique maison qui abritait une dresseuse. Qu'est-ce que c'était que ça, Dame la Mort? Une blague? Une épreuve? Un rejet? Peu importait. La mission divine que l'on m'avait confiée ne permettait pas que je me relâche ou que je fasse preuve de découragement. Et si mes Pokémon étaient épuisés par la course poursuite dont nous venions de faire l'objet, ils étaient encore assez réactifs pour pouvoir réagir efficacement à mes ordres.

Je la regardais, le visage baissé, mes yeux plongés dans l'ombre ne luisant que d'un intense reflet de colère. Elle se tenait là, entre moi et ma liberté, et elle avait l'air de vouloir se battre. Ce que j'étais? Qui j'étais? Je n'étais pas en mesure de lui répondre. Et quand bien même l'aurais-je été, que j'aurais préféré mourir que d'adresser la parole à une tronche de première de la classe comme elle. Je ne connaissais que trop bien ce profil, j'en avais vu toute mon enfance. C'était ce genre d'exaspération qui avait menés à mes dérapages. Et c'étaient ces dérapages qui avaient conduits à mon enfermement. Pas étonnant que je garde une foutue rancœur contre cette espèce.

Le seul ennui réel était le niveau de cette dresseuse. L'Ursaring et le Furaiglon, à les voir, étaient bien plus puissants que ma propre équipe, et l'affaire serait réglée en deux ou trois attaques. Mon type spectre semblait d'ailleurs un avantage autant qu'un inconvénient dans cette situation. Bon, il me fallait combler cette différence de niveau au plus vite. Pour l'instant, je n'avais que la force du plus grand nombre. Mais dès que cette blondinette aurait décidé d'appeler les autres bestioles que je discernais à sa ceinture, ce ne serait plus du tout la même chose. Elle avait l'air d'attendre ma réponse avant d'attaquer. Tant mieux. Ca me donnait l'initiative. D'un coup je me redressais et criais mes ordres, de cette voix rauque, sombre et épuisée qui n'avait que depuis peu retrouvé l'usage de ses cordes vocales.

"Puredpois! Feinte! Onde Folie!"

Le résultat fut immédiat. Mot, mon Funecire, s'élargit pour s'applatir de nouveau aussi sec, libérant de sous les pans de son petit corps spectral un immense nuage violet et puant qui nous enveloppa tous. Je montais ma cape au niveau de mon visage pour diminuer les effets des vapeurs toxiques qui nous dissimuleraient et nous protégeraient des assauts adverses pendant quelques secondes au moins. Ankou, mon Spiritomb, jaillit du nuage de fumée pour attaquer à coup sûr le Furaiglon. C'était du 50-50, mais en comprenant mon intention, il évitait que cette petite peste utilise aussitôt une attaque vol pour se débarrasser de la Puredpois. Maintenant, le plus gros soucis était l'Ursaring. Je ne connaissais pas bien ces Pokémon, mais je me souvenais que les types Normaux étaient du genre à apprendre tout et n'importe quoi. Et je ne voulais pas que cela se retourne contre moi. Là aussi, Izanami, ma Feuforêve, eut le bon réflexe, et ce fut vers ce gros lourdaud que l'Onde Folie fut décochée, jaillissant du nuage infect pour rendre sa proie confuse.

Je reculais progressivement, tâtant le sol et bras tendu en arrière. Sous mes pas le verre se brisait de plus en plus et il ne serait pas difficile de me repérer à défaut de repérer mes Pokémon. Je cherchais à m'enfuir. Je n'avais pas le temps pour un combat. D'ici quelques minutes la police nous aurait rattrapés, et je serais dès lors totalement perdu.

A moins que, comme avec l'illustre inconnu de Port Lieucca, un autre dresseur blond, la Mort ne fasse preuve de clémence et ne m'envoie un nouveau miracle?

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MessageSujet: Re: Un long retour au bercail... [Terminé]   Ven 22 Nov 2013 - 22:11


*Espèce de sale--!!* pensa Athéna en reculant d'un pas, une main sur la bouche. L'odeur dégagée par le Funécire était infecte et irritante. Immédiatement elle eut envie de se frotter les yeux, mais retint son geste et tenta de rester concentrée sur sa cible.

A tâtons, elle trouva le chambranle de la porte et s'y accrocha fermement. L'homme ne passerait pas par ici avant de l'avoir assommé! S'il devait s'enfuir, il ne lui restait... que le toit défoncé de la véranda.

Se sachant déjà dépassée par les attaques de son adversaire, Athéna ne chercha pas à les éviter. Ces deux Pokémon en auraient été incapables, même sans la Purédpois. Néanmoins, en attaquant, deux des Pokémon adverses venaient de signaler leur position.

Arktos succomba à l'Onde Folie et secoua la tête un instant avoir de se souvenir pourquoi il était là. Alcyon, qui s'était envolé juste avant l'attaque de son adversaire, fit un petit roulé-boulé aérien sous le choc, mais se rétablit aussitôt. Son ennemi manquait clairement de force physique, et le coup ne lui fit pas grand mal. Mais il lui fit perdre du temps.

Puisque son équipe était figée pour le moment, Athéna mit à profit ce temps 'perdu' pour attraper une PokéBall et la jeter le plus fort possible au dessus de sa tête. Malgré l'épaisse fumée violette, elle orienta son tir correctement : elle avait vécu dans cette maison, tout de même. La Ball passa à travers le trou dans le toit en verre et tomba dans l'herbe humide du jardin. A l'impact, la sphère libéra Orthros qui ouvrit son immense gueule pleine de petites flammèches et de grands crocs blancs. Au même instant, une deuxième Pokéball s’illumina aux pieds de la Dresseuse, et un petit reptile vert poussa un rugissement féroce. Ladon venait de rejoindre le combat.

Athéna esquissa un sourire malgré une quinte de toux. Le voleur allait avoir du mal à s'enfuir maintenant qu'un chien de deux mètres lui barrait la route, de l'autre côté du mur encore debout de la véranda. Elle ôta la main qui lui couvrait le visage et ordonna le plus vite possible :


"Arktos, Feinte! Alcyon, dégage cette fumée! Ladon, Dracogriffe! Orthros, attrape tout ce qui sort d'ici!"

Même si ce n'était pas l'envie qui manquait, Athéna ne voulait pas trop amocher ses adversaires. Elle préférait simplement mettre K.O. les Pokémon et ligoter l'individu louche, en attendant que la Police arrive. Ce n'était surement qu'un apprenti Zodiac ou un voleur pas très doué, pas de raison de le transformer en torche humaine. Elle allait lui coller une bonne raclée, et lui donner le temps de se repentir en prison.

Du moins, c'est ce qu'elle comptait faire, tant que l'inconnu ne ferait rien d'idiot, comme attaquer ses parents, par exemple...

Arktos n'avait pas l'air très sûr de lui, mais il attaqua tout de même avec succès le Feuforêve. L'Onde Folie lui avait néanmoins brouillé les neurones, et cette chance risquait de tourner à la prochaine attaque.

Alcyon aurait préféré défoncer la tête de ce fichu Spiritomb, mais il obéit et chassa grâce à de puissants coups d'ailes l'épaisse purée de pois qui fila par le toit et la porte ouverte.

Ladon plongea avec enthousiasme dans la bataille dès que la disparition de la fumée lui permit d’apercevoir le petit Funécire dont la flamme violette brillait faiblement au milieu de la pièce. Il sortit les griffes, prêt à couper le corps de cire de son adversaire en rondelles.

Orthros se dressa et hérissa son pelage tigré. De larges langues de feu s'enroulèrent soudainement autour de lui, interdisant le passage à quiconque tenterait de fuir par le toit ou de briser le mur de verre. Par la même occasion, le feu de l'Arcanin éclaira la scène d'une lumière chaude et vive, dessinant avec précision le contour des silhouettes de l'homme et de ses Pokémon.

Quelqu'un toussa, et ce n'était ni Athéna ni l'inconnu. La jeune Dresseuse failli tourner la tête, mais se rappela qu'elle devait garder ses yeux rougis fixés sur le dangereux individu. Ses parents se tenaient tout près de la porte, un téléphone surement rivé à l'oreille. Athéna se sentit soulagée. Ils allaient bien, et la Police ne tarderait pas. Leur voleur était fait comme un Rattata.

H-RP :
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MessageSujet: Re: Un long retour au bercail... [Terminé]   Sam 23 Nov 2013 - 11:20

HJ:
 

Bim! Slash! Alors que je venais de trouver la fenêtre et que je m'apprêtais à la défoncer pour sortir, j'entendis les attaques Feinte et Dracogriffe de mon adversaire frapper mes Pokémon, les expulsant en arrière et les projetant eux-même contre la baie vitrée qui éclata en morceaux sous l'impact. Au final, le Feuforêve et le Funecire, en dépit de l'augmentation de leur esquive, venaient de prendre un sacré choc, et étaient à deux doigts de tomber KO. Ils avaient passés la soirée à affronter des adversaires plus puissants qu'eux. J'avoue ne pas comprendre comment ils faisaient pour ne pas être encore KO.

Bref, la voie était libre désormais. Je pouvais quitter cet enfer et rappeler mes Pokémon. Ou pas. En sortant à mon tour de la véranda, je tombais nez à nez avec un immense Arcanin au regard mauvais et à l'air franchement énervé. Une seule et unique pensée me traversa l'esprit : "Merde". La dresseuse avait du, elle aussi, profiter de l'écran de fumée de ma Puredpois pour le lancer via l'ouverture que ma chute avait créée sans que je ne m'en rende compte, c'était bien ma veine. Je n'avais pas trente-six solutions. Izanami et Mot étaient trop affectés pour se battre efficacement. Ankou, s'il était encore à l'intérieur, à faire face à trois adversaires bien plus puissants que lui, était encore protégé par le brouillard, et pourrait encaisser une attaque Feinte de l'Ursaring sans "trop" broncher. Ou du moins je l'espérais. Il était actuellement mon meilleur pari.


"Ankou! Onde-Portée par ici!"

Cette technique que j'avais tout récemment appris à mon Spiritomb était simple: elle consistait en un déplacement très vif via Ombre Portée, suivi, en lieu et place de la fin de l'attaque, par le crachat d'une Onde Folie. Si tout se passait bien l'Arcanin n'aurait pas le temps d'esquiver, et je me retrouverais face à deux Pokémon confus qui passeraient plus de temps à se frapper la tête contre les murs ou à s'attaquer les uns les autres, plutôt que de me poursuivre.

A peine l'ordre avait-il été hurlé que j'envisageais de quitter la scène et de m'enfuir via la route principale, mon Funecire et mon Feuforêve à ma suite. Ankou me suivrait une fois le combo porté. Si son état ne lui permettait pas de me rattraper, il serait alors toujours temps de le rappeler dans sa pokéball.

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MessageSujet: Re: Un long retour au bercail... [Terminé]   Lun 16 Déc 2013 - 20:06

Hors RP  :
 

La frustration d'Athéna était si intense que tout son visage se froissa dans un rictus de colère. Sous des sourcils froncés, deux yeux verts perforèrent la silhouette de l'inconnu qui tentait de passer entre les pattes d'un Arcanin soudainement désorienté. Le combo du Spiritomb avait fonctionné.
Pour un Sbire Zodiac de bas niveau, ce type était plus intelligent que la majorité de ses collègues.

D'un geste sec et exaspéré, Athéna décocha une ultime Ball de sa ceinture et la lança droit devant elle, de toutes ses forces.

Avec un
"BING!" métallique, la ScubaBall rebondit sur le masque du voleur.

Et devant l'homme en cape se dressa le large corps sombre surmonté d'un trident d'or d'Achéloos, son Pingoléon. L'immense Pokémon Eau n'eut qu'à lever une aile en travers du chemin du voleur qui courrait vers lui, et ce dernier alla se cogner le masque dans le plat de l'aile d'Achéloos. Il tomba sur son derrière et fut immédiatement toisé par l'Empereur des glaces, qui claqua du bec comme pour lui ordonner de rester assis.

Athéna lâcha l'encadrement de la porte et croisa les bras sous sa poitrine. Certes, elle ne voulait pas blesser ce voleur inutilement... mais il commençait à sérieusement lui courir sur le haricot, là. Finit de rire.


"Arktos, Feinte. Alcyon, Aéropique. Ladon, Double Baffe. Orthros, apporte-moi ce rejeté de Comic-Con."

Arktos acquiesça et... se gratta une oreille. Merci la Confusion.

L'aiglon transperça le Spiritomb avec son attaque, se rétablit aussitôt dans les airs et chargea de nouveau, décidé à frapper jusqu'à ce que son adversaire s'effondre.

Ladon sauta sur le Funécire qui rampait au sol en tentant de fuir avec son maître, et lui asséna deux baffes chargées d'énergie dans son petit corps malléable. Le Dragon aimait tellement cela qu'il bavait de joie en poussant des cris de guerre à chaque coup porté.

Le grand Arcanin hésita un instant, pas certain d'avoir compris ce qu'on lui demandait. Il renifla l'air ambiant (qui lui piquait toujours les narines), cligna deux fois des yeux, puis croisa le regard courroucé de sa Dresseuse qui pointait l'index sur l'homme assis par terre.
Avec un couinement d'excuse, Orthros s'approcha du voleur et attrapa sa cape dans son immense gueule. En bavant abondamment dans le tissu, le chien tigré apporta son trophée à sa maîtresse. Trophée qui, quand il eut fini de se masser les fesses, tenta vainement de se débattre, mais Orthros se contenta de souffler quelques flammèches par les narines pour lui rappeler qu'il pouvait le carboniser d'un simple éternuement.

Titubant mais debout, Orthros déposa son paquet aux pieds d'Athéna, qui tenait dans sa main une corde (trouvée dans le fouillis des affaires éparpillées dans la véranda). Derrière le chien, le combat continuait, et les Pokémon du voleur se faisaient tabasser sans merci. Son naturel doux lui avait fait faire assez d'erreurs pour la soirée, et Athéna n'allait plus se laisser marcher sur les pieds. Orthros la regarda se pencher sur le voleur en se léchant les babines. Est-ce qu'ils allaient garder ce nouveau jouet?

Au même moment, Achéloos traversa le champ de bataille (en cognant un ou deux adversaires au passage, pour aider les copains), et se posta près du canidé.

Athéna déplia la corde et planta son regard dans les deux trous sombres qui servaient d'yeux au voleur.


"Bouge, et mon Pingoléon te tranche un bras. C'est clair?"

Pour appuyer son propos, Achéloos leva une aile dont les bords effilés brillèrent sous la Lune, et se plaça au dessus des épaules de l'inconnu.

Athéna bougea lentement, les yeux rivés sur l'homme. Elle lui saisit les poignets d'une main, s'étonna de leurs finesse, et commença à nouer fermement la corde autour des mains du voleur masqué. Était-ce la présence d'un Arcanin et d'un Pingoléon à côté de lui, ou de la résignation face à une situation désespérée, Athéna ne pouvait le savoir, mais dans tout les cas, le voleur cessa de se débattre. La jeune blonde serra les liens et recula.

La Dresseuse profita de ce moment de répit pour mieux observer l'intrus. Si elle était maintenant certaine que c'était un homme, elle ne savait pas grand chose d'autre. Son accoutrement cachait parfaitement tout signe distinctif, et même sa voix était déformée par le masque. Qui n'était d'ailleurs pas l'habituel masque de nacre de la Zodiac. Athéna tendit la main vers la fausse tête de Tutankafer (Chromatique, bien sûr, le bougre aimait les choses rares) et posa le bout de ses doigts sous le menton de métal. Lentement, elle commença à enlever le masque.

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MessageSujet: Re: Un long retour au bercail... [Terminé]   Mar 17 Déc 2013 - 10:06

Spoiler:
 

La colossale masse sombre qui s'imposa à moi au moment de ma fuite me fit un mal de chien. Mon état était encore trop incertain pour pouvoir freiner correctement, et je me retrouvai à me prendre une aile de Pingoléon en plein masque avant de pouvoir me baisser ou dévier ma trajectoire. J'eus mal, plus mal que je ne voulais bien me l'admettre sur le moment. Je pense même avoir senti une goutte de sang perler de ma narine à ma levre. La migraine qui s'en suivit fut également des plus désagréable, et me laissa dans un état second qui permit à cette foutue dresseue de me mettre la main dessus via son sale cabot.

Bientôt, je compris que me débattre était vain. Même si j'avais été en pleine possession de mes moyens, l'immense mâchoire crépitante d'un Arcanin plantant ses crocs dans ma cape ne m'aurait laissé que peu d'options. En retrait, mes Pokémon essuyaient toujours plus d'assaut. Malgré sa résistance, Ankou ne survécu pas à une secone Aéropique et j'entendis son cri caverneux résonner derrière moi au moment où son gaz affaibli retourna dans sa stèle qui tomba sur le côté. A mes côtés, mon Funecire et ma Feuforêve n'eurent guère plus de chance et succombèrent promptement aux assauts de leurs adversaires, et ce malgré les précieuses secondes gagnées via la confusion. Pour parfaire le tableau de cette défaite des plus totales, l'insolente décida alors de me ligoter et d'attendre que la police ne fasse sagement son travail pour m'emmener au poste. Je riais sous mon masque. J'étais curieux de voir sa tête quand ce qui devrait arriver arriverait.

Je sentis un contact froid sur mon menton. En rouvrant mes yeux fatigués par le combat, je constatais que la dresseuse était sur le point de m'ôter mon masque. Non ! Hors de question ! Je ne serais pas vaincu et repéré aussi vite ! Il était trop tôt ! Beaucoup beaucoup trop tôt pour que je ne sois repéré par quiconque !

"Va au diable !"

A peine eus-je prononcé cette phrase, avec dans la voix toute la haine et toute la rancune dont j'étais capable, qu'une terrifiante onde d'énergie éclata de mon corps, frappa la jeune fille en plein ventre et la projeta loin en arrière, lui faisant lâcher toute prise avec mon masque. Je ne pouvais plus bouger, je ne pouvais plus me relever, j'étais bien trop fatigué, mais je sentis dès lors mon corps se soulever de lui-même, et je vis une aura mauve et rose en émaner. Nerveusement je me mis à rire. Un nouveau miracle, comme celui rencontré plusieurs semaines auparavant, avec le dresseur inconnu dans cette demeurre de Lieucca. J'étais protégé par la Mort, et ces pauvres fous n'en n'avaient aucune conscience. Mon rire se fit progressivement plus fort, plus tonitruant. Dans mon dos, les cordages qui retenaient mes mains brulèrent d'eux même et disparurent dans l'air, me laissant à nouveau libre de mes mouvements. Mes bras retombèrent le long de mon corps, inertes, mais détachés.

Ainsi envolé, j'avais l'air d'une marionette tenue par un cable accroché à mon col, mon visage se balançait au rythme des mouvements, et suivait la danse macabre décrite par ma cape, me rendant aussi aérien et invisible que la nuit pouvait me le permettre, tout en reflétant les lumières alentours juste assez pour rester impressionnant. Mes bras et ma cape s'écartèrent sans que je ne leur ordonne, et mes pokéball quittèrent une à une ma ceinture avant de s'élever autour de moi également et de s'ouvrir, rappelant à elles mes compagnons tombés au combat. Il était grand temps que ma sauveuse divine ne me rattrape, à une seconde près j'étais fini.

Au loin, j'entendis les sirènes de police et les aboiements des chiens se rapprocher. Je jetais un dernier regard à mon assaillante et à ses Pokémon, qu'une force mystérieuse empêchait toujours d'approcher.

"Désolé beauté, je n'ai pas de temps à perdre à jouer avec toi. Mais sois sûr que si l'on se revoit, je te ferai payer ton insolence."

L'aura rose qui m'enveloppait me guida aussitôt hors de la scène, diffusant soudain une lumière aveuglante qui illumina toute la rue pendant une seconde, comme un éclair tombant du ciel, mais sans un bruit. Aussitôt, j'avais disparu.

Je retombais lourdement sur le sol dur et froid de cette base improvisée où je trainais depuis trop longtemps déjà. Il faudrait que je m'en choisisse une nouvelle d'ici peu. Plus confortable, plus polyvalente, plus appropriée. Je n'avais hélas pas encore les moyens. Pour le moment, je ne sentais plus mon corps, et le simple fait de respirer représentait un effort surhumain. Je voulais dormir. Dormir longtemps. Je fermai mes yeux et me laissai bercer par les bras de Morphée. Avec la soirée que j'avais passé, probablement ne me réveillerai-je pas avant deux jours.

Il était temps pour moi de devenir plus fort. Et je me fis la promesse que dès que j'en aurais l'occasion, je partirais à la conquête du premier badge de Maïlys.

Mais d'abord... dormir...

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Athéna



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MessageSujet: Re: Un long retour au bercail... [Terminé]   Dim 12 Jan 2014 - 21:12


Bien avant d'avoir pu comprendre ce qui venait de se passer, le douleur submergea Athéna, la laissant recroquevillée et tremblante sur le sol de la véranda. Le coup reçu au ventre avait expulsé tout l'air contenu dans ses poumons, si bien qu'elle n'avait même pas pu crier à l'instant où son dos s'était écrasé contre un mur.
Elle plaqua ses deux mains contre son abdomen meurtri et serra les dents, les paupières fermement jointes contre quelques larmes qui menaçaient de s'échapper. Le peu d'oxygène qu'elle inspira par le nez lui brûla les côtés comme du métal en fusion. La bouffée d'air suivante provoqua une toux sanguinolente.

Après ce qui lui sembla une éternité de souffrance, Athéna ouvrit les yeux. Ses Pokémon, figés comme des statues, la regardaient de leurs yeux inquiets et implorants, incapables de lui venir en aide.
Au dessus d'elle, le voleur riait, entouré d'une aura protectrice que la jeune femme n'avait jamais vu auparavant. Après avoir juré de se venger, il disparut dans une explosion de lumière. Athéna serra les poings contre son ventre et marmonna un chapelet de jurons qui ne soulagea ni sa peine, ni sa colère.

Quand l’inconnu disparu, son emprise sur les Pokémon d'Athéna fit de même. Arktos fut le premier à s'agenouiller près de son amie, une patte griffue caressant délicatement l'épaule tendue et frissonnante d'Athéna.

A cet instant, la jeune femme ouvrit la bouche, un nom au bord des lèvres.

Mewtwo.

Depuis qu'elle s'était souvenu de la promesse du Clone de Mew, elle n'avait pas eu meilleure occasion de l'appeler qu'en cet instant. Le plus puissant des Pokémon pouvait apparaitre devant elle, retrouver ce Zodiac et le réduit à l'état de cendres d'une simple pensée.

Mais malgré la furie qui coulait dans ses veines, Athéna eut la lucidité de ne pas employer cette unique carte maitresse pour un dessein si pitoyable. Elle n'était pas en danger de mort, et l'inconnu ne pouvait plus lui faire de mal, maintenant qu'il avait pris la fuite. Elle devait reprendre ses esprits, se calmer, et s'assurer que ses parents n'étaient pas blessés.

Elle se vengerait plus tard.

Au prix de pics de douleur qui lui arrachèrent des gémissements plaintifs, Athéna se redressa, une main toujours plaquée contre ses côtes, l'autre appuyée sur la patte d'Arktos. Une part de son esprit nota avec tristesse que son épaule faible lui faisait de nouveau mal, que son dos ne tarderait pas à n'être qu'un immense hématome, et qu'une, peut-être deux côtes devaient être fêlées. L'autre part de son esprit était focalisé sur la tâche à accomplir : marcher jusqu'au salon sans s'évanouir, et trouver sa mère et son père.

Mais elle ne fit rien de tout cela.

A peine levée, Athéna entendit enfin les aboiements que le bruit des palpitations à ses tempes avaient jusque-là étouffé. Arktos croisa le regard de sa Dresseuse. Athéna lui fit un sourire. Ils n'avaient rien à craindre des Pokémon pisteurs de la Police.

Toutefois quand deux Démolosse, un Ponchien et Elecsprint déboulèrent devant eux, les babines retroussées et grognant comme des bêtes sauvages, Athéna eut un doute.

Doute confirmé une seconde plus tard, quand le Ponchien leva la truffe en l'air, et abaissa soudainement ses yeux enragés sur elle. La jeune femme fixa le Pokémon, incrédule. La petite créature fixait ses mains en grognant, les pattes pliées comme des ressorts et prêt à lui bondir dessus. C'est alors qu'elle comprit, et eut envie de hurler de frustration.

Elle portait l'odeur du voleur sur ses mains! Elle l'avait touché! Et elle n'avait aucun moyen d'expliquer à une meute de Pokémon excités par la chasse qu'elle n'était pas complice de ce bouffon en cape noire.

Pour son plus grand malheur, les maitres Dresseurs de ces Pokémon devaient être loin derrière leurs fidèles compagnons, surement en train de courir les rues à leur recherche.

Athéna ferma brièvement les yeux. Quand elle les rouvrit, un masque froid et imperturbable avait remplacé son expression d'intense fatigue et de douleur. On lui avait assez cogné dessus pour la soirée. Maintenant, elle menait la danse. C'était à son tour de dominer, de plier ses adversaires à sa seule volonté.

L'Elecsprint chargea le premier avec une attaque Étincelle destinée à Orthros, le Pokémon le plus proche de lui. L'Arcanin réagit, mais pas assez vite face à un Pokémon aussi rapide. La charge électrique de son adversaire le percuta et les deux chiens roulèrent au sol. Mais le poids et la force d'Orthros surprirent à leur tour l'Elecsprint, qui se retrouva écrasé par cent cinquante kilos de muscles et de griffes. Orthros bloqua le chien jaune et bleu sous lui et déclencha une Roue de Feu dont les flammes ardentes enrobèrent bientôt son corps tigré, léchant au passage le pelage du Pokémon Électrique qui se mit à couiner de peur.

Un Démolosse vint à la rescousse de son camarade, mais fut immédiatement stoppé par Alcyon qui le frappa depuis les airs avec une Aéropique. Son bec s'enfonça dans le dos du Pokémon Ténèbres qui poussa un cri perçant avant de lever la tête et de tenter d'attraper l'aiglon dans sa grande gueule enflammée. Découvrant que sa proie était trop petite et trop vive pour lui, il lui cracha une Flammèche au visage.

Le second Démolosse tenta de se frayer un chemin jusqu'à Athéna. Mais il rencontra sur sa route Ladon, qui malgré sa petite taille n'hésita pas à se poster devant le grand chien maigre et à lui souffler une Draco-Rage entre les deux yeux. Le Démolosse recula, et un grondement rauque s'éleva du fond de sa gorge juste avant que celui-ci n'attrape la patte de Ladon et lui brûle les écailles avec Crocs Feu. Le Dragon lui fit un immense sourire plein de petites dents aiguisées et luisantes. Il ne craignant nullement les flammes. Il déplia son poing prisonnier dans la gueule du Démolosse et lui griffa la langue avec Dracogriffe. Le chien lâcha prise et hurla.

Il ne restait que le Ponchien, qui même s'il n'était pas le plus impressionnant du lot semblait être le plus malin. Et face à lui, Achéloos et Arktos.
L'ours n'avait pas l'intention de se battre. Il supportait sa Dresseuse, lourdement appuyée sur sa patte, et dont le souffle haletant et le regard vide ne présageaient rien de bon. Quant à Achéloos, il rêvait déjà de noyer tout ce petit monde et de pouvoir retourner auprès d'Athéna.
Tandis que les deux compagnons de la jeune femme hésitaient à faire quoi que ce soit, le Ponchien se Rengorgea. Il n'était pas aussi idiot que ses camarades, lui. Il ne fonçait pas tête baissée. Ou du moins, pas inutilement.
Et dès qu'Achéloos hasarda un coup d’œil en arrière pour surveiller Athéna, le Ponchien le percuta avec son meilleur Bélier.

C'en était trop pour Athéna.

"Attaquez. Attaquez! ATTAQUEZ!" hurla-t-elle comme une démente, les yeux exorbités, une écume tâchée de sang aux coins des lèvres.

Arktos ne bougea pas. Ce qu'il redoutait le plus était en train de se produire. Il devait absolument rester auprès d'Athéna, et prier Arceus pour que cette nuit ne dégénère pas d'avantage.

Achéloos obéit, bien forcé de se défendre. Il attaqua avec des Bulles d'O suivit par Saumure, espérant mettre son adversaire à terre avant que celui-ci ne se Rengorge d'avantage.

Alcyon bataillait vaillamment contre un Démolosse mais son adversaire prenait lentement l'avantage en maintenant l'aiglon à distance avec des Flammèches. Contraint d'attaquer au corps-à-corps, Alcyon n'arrivait plus à porter de coups au Pokémon Ténèbres. Très vite le combat tourna en sa défaveur et le jeune oiseau tomba inconscient après avoir essuyé de nombreuses attaques Feu.

Orthros se débrouillait bien mieux. Son ennemi ne faisait tout simplement pas le poids, à tout point de vue. Mais la Confusion infligée par les Pokémon du voleur était toujours là, et décida de s'activer dans le pire des moments : alors qu'Orthros s’apprêtait à porter une attaque dévastatrice, son corps le trahit et il tomba au sol, les pattes inexplicablement emmêlées. Son adversaire profita de l'occasion pour appeler un Démolosse à se joindre à lui et tout deux percèrent la peau de l'Arcanin de leurs crocs et de leurs griffes avant que celui-ci ne puisse se relever. En un instant, Alcyon puis Orthros étaient K.O., et les deux chiens triomphants se ruèrent sur Achéloos pour l'empêcher d'assommer le Ponchien.

Seul Ladon, petite forme verte au milieu du champ de bataille, se tenait fièrement au dessus de son adversaire qui couinait lamentablement sous ses pattes. Le Dragon toisa le Démolosse de ses grands yeux rouges et lui infligea une Double-Baffe dans les babines pour le faire taire. Le chien perdit aussitôt connaissance. Si ses compagnons n'avaient pas été en danger, Ladon aurait pris le temps de briser chaque croc de son ennemi pour l'humilier d'avantage, mais il préféra remettre ce plaisir à plus tard et porter secours à Achéloos et Arktos.
Le petit reptile bondit au milieu de la mêlée et décocha des Double-Baffes et des Dracogriffes à droite et à gauche, peu soucieux des cris de douleur de ses adversaires. S'il n'était ni aussi grand ni aussi large que les autres Pokémon présents, ses attaques étaient proportionnellement monstrueuses. A chaque coup porté, une aura violette se dégageait de ses griffes et bombardait ses adversaires avec la force d'un Tauros lancé à pleine vitesse. Le Ponchien reçu l'un de ces coups dans la tempe et s'affaissa comme un pantin aux fils soudainement coupés.

Achéloos quant à lui faisait pleuvoir un déluge d'eau et d'écume sur les deux Démolosse, qui cessèrent bien vite leurs assauts sur l'Empereur des glaces. Malgré tout, l'un deux tenta une ultime attaque, et, chance ou lucidité, il choisit de faire Croc-Éclair. Il mordit l'aile d'Achéloos avant que ce dernier ne puisse esquiver, et le grand pingouin se contorsionna brusquement avant de tomber à la renverse, inerte.

Alcyon, Orthros, et Achéloos ne se relèveraient pas pour terminer ce combat.

Et les deux Démolosse et le Ponchien ne bougeaient plus.

Il ne restait qu'Arktos, qui n'avait pas quitté sa Dresseuse, et Ladon, se tenant fièrement face à l'Elecsprint.


"Arktos, laisse-moi! Bats-toi!"

L'ours brun planta son regard sombre dans celui assoiffé de violence et débordant de rage de sa Dresseuse. Athéna agrippa sa patte de toutes ses forces et tira sur l'épaisse fourrure de l'ursidé.

"Bats-toi!" lui ordonna-t-elle, mais Arktos ne cilla pas, malgré les touffes de poils qu'elle s'apprêtait à lui arracher.

Avec un grognement de frustration Athéna tourna la tête vers Ladon et aboya ses ordres sans prendre garde au filets de sang s'échappant de sa bouche.


"Ladon! Massacre-le!"

Et Ladon sourit de toutes ses dents, juste avant de souffler une Draco-Rage sur l'Elecsprint.

Mais le Pokémon Électrique était bien plus rapide que le Dragon. Il bondit sur le côté pour éviter le jet de flammes violettes, et répliqua aussitôt avec une Morsure. Avant que Ladon ne puisse le piéger comme il avait piégé le Démolosse, l'Elecsprint lâcha prise et frappa le crâne du Dragon avec une Vive-Attaque.

Ladon recula sous le choc mais resta debout. Il était fou de rage. Ce sale bâtard jaune se foutait de sa gueule! Pour qui se prenait-il?! Ce n'était qu'un clebs obéissant, un pauvre suiveur! Pas comme lui, pas comme Ladon, un vrai Dragon, qui avait survécu à l'Enfer et aux pires tortures!

Les yeux du Coupenotte brillèrent d'une lueur rouge sombre, comme une aube menaçante. Tout son corps vibra soudain d'une énergie lugubre qui l'enveloppa comme une seconde peau. Soudain, une lumière blanche et aveuglante couvrit le Dragon et disparut aussitôt, fendue par les griffes acérées du reptile, laissant derrière elle une silhouette plus haute, plus large, plus forte. L'Incisache poussa un cri de victoire féroce et leva la patte sur son ennemi pétrifié de peur.

"ESPÈCE," hurla Ladon en frappant la face du Elecsprint avec une Dracogriffe qui laissa d'horribles ravins bouillonnants d'énergie violacée dans la peau du chien.

"DE," une autre Dracogriffe renversa la tête du Pokémon Électrique en arrière, révélant sa gorge tendre et sans défense où palpitait follement des jugulaires grossies par la panique.

"MINABLE!" acheva le Dragon avec une ultime attaque qui trancha le cou du Elecspring et emporta avec elle fourrure, chair, tendons et veines.
Un gargouillis immonde s’éleva de la gorge déchiquetée du chien, rapidement suivit par une cascade de sang épais et sombre qui coula le long de ses poils bleus. En moins de trois secondes, le Pokémon se vida de son sang et tomba par terre, mort avant d'avoir touché le sol.

Ladon haletait, les yeux rivés sur le trou béant dans la gorge du chien. Mais il n'y avait ni dégout, ni remords dans ses iris rouges. Seulement le plaisir intense de la victoire.

Arktos déglutit plusieurs fois pour repousser la bile qui lui montait à la bouche. Il n'aurait jamais cru que Ladon irait aussi loin. Son évolution semblait avoir décuplé sa rage, et l'ours se demanda avec angoisse si le Dragon allait pouvoir se calmer de lui-même.

A ses côtés, Athéna s'était figée. Son visage ne trahissait aucune émotion. Elle portait le masque impassible que l'ours avait entraperçu pour la première fois quand elle avait fait face à Mewtwo, puis une deuxième fois, contre Solem, juste avant que l'attaque d'un Géolithe ne lui broie la jambe. Sa respiration semblait aussi discontinue que celle de Ladon, mais Arktos ne savait pas si c'était à cause de ses côtes blessées ou de l'excitation qu'elle partageait peut-être avec le Dragon.

Soudain, la jeune femme cligna des yeux. Arktos garda un silence tendu. Athéna rappela Achéloos, Orthros et Alcyon dans leurs Balls, sans trahir le moindre sentiment. Ladon se tourna vers elle, tremblant encore d'énergie. La Dresseuse regarda longtemps son Pokémon, qui l'observa en retour. Quelque chose passa entre eux, un message silencieux qu'Arktos ne saisit pas, mais même sans comprendre il sut, à cet instant, qu'Athéna venait de franchir une limite qu'elle n'aurait jamais dû approcher. L'ours gémit faiblement, surpris par une soudaine envie de pleurer pour cette petite chose qu'Athéna venait d'étouffer en elle, et dont il était le seul témoin de la mort prématurée.

Soudain Athéna fit volte-face, lâchant la patte d'Arktos. L'ours poussa un nouveau gémissement plaintif en sentant son seul contact encore tangible avec sa Dresseuse lui échapper, mais Athéna ne lui prêta aucune attention. Au loin, des cris d'hommes et des bruits de pas précipités retentirent.

Athéna traversa les ruines qu'était devenue la véranda. Elle passa la porte qui menait au salon et trouva ses parents se hâtant de sortir de derrière le canapé, où ils s'étaient clairement réfugiés pendant les combats.

"Athéna! Que s'est-il passé? Qui nous a attaqué?" demanda aussitôt son père en jetant des coups d’œil inquiets vers la véranda.
"Ils sont partis, maintenant?" surenchérit sa mère, sa voix nettement plus haute et plus fluette qu'à son habitude.

Athéna ne laissa pas ses pensées s'afficher sur son visage, mais elle nota tout de même avec chagrin que ses parents ne lui demandaient pas si elle était blessée, elle. Non, bien sûr! Ils voulaient d'abord savoir s'ils étaient en sécurité!
Son chagrin se mua en peine, mais elle respira aussi profondément que ses côtes fêlées le lui permettaient et étouffa en vitesse toute émotion. Ses émotions étaient dangereuses, elles pouvaient la trahir et la rendre faible. Sa compassion avait aidé le voleur, sa gentillesse lui avait permis de prendre la fuite. Elle devait apprendre à se contrôler.


"La Police arrive." déclara-t-elle d'une voix monotone pour cesser ce déluge de questions. "Un Zodiac était là. Je l'ai combattu. Il a prit la fuite. Des Pokémon policiers devaient déjà être à ses trousses, et ont suivis sa trace jusqu'ici."

Sa mère ouvrit de nouveau la bouche mais Athéna lui coupa brusquement la parole.

"J'expliquerai tout aux Policiers. Allez boire quelque chose et calmez-vous. Je m'occupe de barricader la porte de la véranda, pour éviter une nouvelle visite surprise cette nuit." ajouta-t-elle avec une pointe de sarcasme.

Avant que ses parents n'aient pu la retenir, Athéna tourna les talons et passa les minutes suivantes à bloquer la porte avec des meubles. Ladon la suivait de près, son regard rouge foudroyant tout être vivant à proximité. Arktos se trainait derrière eux, défait, les épaules voutées et les yeux brillants de larmes.

Il fallut une heure pour que les Policiers, furieux de trouver un cadavre parmi leurs Pokémon, acceptent le récit d'Athéna, et deux de plus pour que ses parents arrivent à les convaincre de ne pas l'emmener au poste. Elle fut néanmoins convoquée pour le lendemain, à l'aube, ce qui signifiait qu'elle ne dormirait presque pas : la seule vengeance que les Policiers purent s'accorder sur le moment. Elle ne put empêcher que ses parents soient eux aussi convoqués, comme témoins. Ce qui attisa l'ire de sa mère.

"Je n'arrive pas à croire que nous allons être trainés dans la boue de la sorte..." déclara-t-elle quand les Policiers furent enfin repartis, des heures plus tard.

Athéna, qui n'avait pas émis le moindre son depuis le départ des Policiers, haussa un sourcil fatigué. Elle avait mal partout, et commençait à ne plus pouvoir masquer la douleur de ses côtes. Bien entendu ses parents n'avaient rien remarqué, ou ne voulaient rien remarquer.


"Dis-le, Mère. Tu penses que c'est de ma faute."

Sa mère sembla prise au dépourvu pendant une seconde, mais se ressaisit aussitôt.

"Je pense que tu aurais pu nous éviter cette convocation. Si tu n'avais pas gardé cet air indifférent pendant tout leur interrogatoire, ils t'auraient peut-être trouvé moins... soupçonnable."

Athéna regarda par la fenêtre du salon. Le jour se lèverait bientôt. Elle pouvait marcher jusqu'à un hôpital qu'elle savait proche, se faire traiter rapidement, et être presque fraiche et dispo pour son sympathique rendez-vous avec la Police locale.
La jeune femme eut un sourire dénué de joie. Arktos, à sa droite, qui déstabilisait ses parents par sa seule présence, fronça les sourcils, comme s'il pouvait lire les pensées de sa Dresseuse.

"Je vois." dit-elle platement en toisant ses parents.

Elle se leva et ramassa ses affaires éparpillées sur le canapé, qu'elle fourra négligemment dans son sac. Elle croisa son reflet dans la vitre de l'énorme horloge antique du salon, et constata qu'elle avait du sang au coin de la bouche. Elle ne l'essuya pas.
Son sac sur le dos, elle fit signe à Ladon et Arktos de la suivre (le Dragon souffla un air parsemés de flammèches violettes dans la direction des deux géniteurs, pour le simple plaisir de les voir trembler de peur devant lui), et se dirigea vers la porte d'entrée.


"Si un jour vous avez envie d'avoir de mes nouvelles, de savoir comment je vais, bref, ce genre de futilités," dit-elle avec un rire jaune, "vous avez mon numéro de Vokit."

Et sur ces paroles acerbes, elle claqua la porte derrière elle, sans se retourner une seule fois.

///

Une vingtaine de minutes plus tard, Athéna avait déjà parcouru la moitié du chemin qui la séparait de l’hôpital. Elle n'arrêta sa marche quasi militaire que quand son Vokit vibra dans son sac.

Une petite part de sa personnalité s'éveilla dans une explosion d'espoir et de bonheur anticipé qui s'éteignit dès qu'elle comprit que ce n'était pas le numéro de ses parents.
Mais le petit sourire qui venait de naitre sur ses lèvres ne mourut pas instantanément : c'était le numéro de Lyndia.

Pour la première fois de la journée et de la nuit, Athéna poussa un soupir heureux et prometteur. Arktos l'imita, soulagé de voir sa Dresseuse redevenir elle-même.

La jeune blonde ouvrit son Vokit et se mit à lire le message de son amante -tout en pensant avec une pointe d'amusement que Lyndia ne faisait décidément jamais attention à l'heure avant d'envoyer ses messages-.

Une minute plus tard, le visage d'Athéna se crispa. En quelques instants le masque de pure froideur était revenu. Sans rien dire, elle reprit sa marche, avec pour seul signe de sa détresse le grincement de ses dents dans l'air humide de la nuit.

Sebastian était réveillé.

~~~~~~



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