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 The Rains of Megapagopolis [Terminé]

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Lyndia
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MessageSujet: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Lun 2 Juin 2014 - 19:55


La porte s'ouvrit violemment dans l'appartement d'Athéna, libérant le couple féroce qui s'était impliqué depuis de longues minutes déjà dans une séance d'embrassades à en faire rougir un Magmar. Les lèvres déjà ne suffisaient plus, et on en venait aux dents. Les mains découvraient de plus en plus de peau, les langues se liaient et se déliaient au rythme de leurs respirations, et les sourires béats cédaient parfois la place à une expression de faim féroce et totale de l'autre.

Sur le dos de Nyx, la proximité physique et les effets de l’alcool de la soirée aidant, la tension était montée. La tendresse s'était faite sensualité, et il ne fallut pas longtemps pour que la sensualité en réclame d'avantage.

Bref, les deux jeunes femmes n'avaient pas fait trois pas dans l'appartement que déjà celui-ci débordait de phéromones.

Quelques heures plus tard, le vacarme qui s'était installé successivement dans le salon et dans la chambre d'Athéna s'était transformé en un silence presque religieux. Dans tout l'appartement on trouvait des traces de l'évolution de cette soirée. Le trousseau de clés avait été laissés sur la porte et les manteaux jetés n'importe comment au sol. Un peu plus loin, un fauteuil avait subi l'assaut d'un pull à col roulé et tenait la conversation à un tabouret haut recouvert d'un chemisier dont les boutons n'avaient même pas été tous défaits. Des T-shirt s'enlaçaient sans aucune pudeur sur le tapis, une table décalée avait été le soutien de quelque activité physique intense et supportait désormais péniblement une ceinture de pokéballs langoureusement allongée sur son "dos". En arrivant à la chambre, on avait respecté les traditions et laissé les chaussures à l'entrée, sans pour autant prendre le temps de correctement les ranger. D'ailleurs, on ne s'était pas soucier de fermer la porte derrière soi. Enfin il fallait attendre d'arriver au lit pour trouver les pantalons et sous-vêtements, répartis presque à chaque coin de la salle et encadrant la dernière scène des ébats comme des spectateurs vicieux.

Lyndia regardait Athéna qui s'était déjà endormie. Elle était elle-même épuisée, mais voulut garder son oeil ouvert le plus longtemps possible pour continuer à l'admirer. Bientôt, elle rejoignit les bras de Morphée, sans pour autant quitter ceux de sa chère et tendre.

Autant dire que la nuit allait être courte. Très courte.

~~~~~~





Dernière édition par Lyndia le Ven 11 Juil 2014 - 13:28, édité 1 fois
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Athéna

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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Lun 2 Juin 2014 - 22:13


En arrivant dans son appartement, Athéna avait perdu une grande partie de ses capacités cognitives. Son seul moment de lucidité fut de fermer la porte à clef. Elle oublia tout de même le trousseau sur la-dite porte l'instant d'après.
Pour sa défense, il était sacrément difficile de réfléchir alors que son amante lui mordait la lèvre en gémissant de plaisir. Il s'en fallut de peu que les deux femmes ne finissent leurs affaires à même le sol, mais Athéna n'avait pas envie de se réveiller avec un torticolis le lendemain matin.


A défaut d'un torticolis, elle allait certainement se réveiller avec des bleus : entre le choc contre le fauteuil, celui contre la table et le dernier placage contre la porte de la chambre, il y avait de quoi couvrir tout son corps d'ecchymoses. Elle ne manquerait pas d'en rire en prenant une douche au petit matin.

Mais en attendant l'aube, Athéna avait savouré sa nuit avec un appétit féroce et une endurance presque surhumaine, égalée dans sa faim et son énergie par Lyndia qui ne lui laissa aucun répit.


Quand enfin les deux femmes furent rassasiées, Athéna s’endormit avec un sourire béat, blottie sous les draps, la tête sur l'épaule de son amante. La nuit était bien entamée, mais peu importait : aucune des deux jeunes femmes n'avait à se lever le lendemain.

Quelques heures plus tard, Athéna se mit à rêver. Et comme toutes les nuits depuis des semaines, ses rêves devinrent des cauchemars.


////////////////////////////////////////////////////

Dans un quartier chic éclairé par des lampadaires oranges et la faible lueur de la Lune, une très jeune Athéna déambulait, seule et dépitée. Elle ne retrouvait plus sa maison, ni ses parents. Alors elle se mit à toquer à la porte de chaque maison du quartier. Et à chaque maison, la porte s'ouvrait sur un couple en pyjama de soie à l'air courroucé.

"Va t'en Athéna! On ne veut pas d'enfant comme toi chez nous." lui dit la première mère de famille sur le palier de la première maison.

"Ma maman et mon papa n'ont pas besoin de toi. Ils m'ont moi, et je suis beaucoup mieux que toi." lui dit le petit garçon de la deuxième maison avant de lui fermer la porte au nez.

"Athéna, il faut que tu comprennes, tu ne peux rien nous apporter." lui dit l'homme en robe de chambre de la troisième maison en protégeant discrètement sa femme derrière son dos.

"J'aurais bien voulu une sœur, mais mes parents m'ont dit que personne ne peut t'aimer. Il faut que je ferme la porte maintenant, pousse-toi." lui dit la fillette de la quatrième maison.

Alors la petite Athéna s'assit sur un bout de trottoir et se mit à pleurer. Elle appela ses parents, longtemps. Et puis elle appela quelqu'un, n'importe qui, qui voudrait bien venir s'occuper d'elle. Mais Athéna ne vivait pas dans un conte de fée, et même dans ses rêves, aucune Marraine la Fée ne vint à son secours.

///////////////////////////////////////////////

Athéna se retourna dans le lit et se mit à greloter.

//////////////////////////////////////////////

"Je suis désolée, mais on ne peut plus se voir. Mes parents pensent que tu as une mauvaise influence sur moi." expliqua sa première petite amie d'un ton monotone qui surprit Athéna.

"Tu n'as même pas l'air surprise. Est-ce que tu utilises tes parents comme excuse pour rompre?!" demanda-t-elle, incrédule.

"Athéna, il faut que tu comprennes, ils pensent que tu ne peux rien m'apporter de bon."

Athéna n'écouta pas la suite. Elle bondit hors du café et rentra chez elle, les larmes aux yeux.

////////////////////////////////////////////

Solem tendit une main décharnée vers elle et lui frôla la joue. Athéna se plaqua contre le mur qui l’empêchait de s'enfuir et essaya de ne pas vomir. Solem secoua la tête avec une moue déçue.

"Quoi, je ne suis pas assez bien pour toi, c'est ça? Tu préfères les rousses, j'ai compris. Mais ta rouquine à toi, tu penses qu'elle va rester longtemps pendue à ton cou? Allons, allons, Athéna. Tu te voiles la face. Tu lui coutes. Tu lui as surement couté son boulot, même si elle ne te l'avouera jamais. Et la bataille d'Esperantown, mh? T'as servi à rien! C'est le Conseil qui a dû tout réparer, t'as même pas pu être un témoin potable pour elle. Un poids mort. C'est ce que tu es pour elle. Tu la tires vers le bas. Elle veut toujours t'aider mais toi tu sais bien que personne ne peut rien pour toi. Tu vas l'anéantir, lentement, lentement, à petit feu. Comme toutes les autres filles. Comme tes parents. C'est de ta faute, tu sais, s'ils sont si inquiets pour leur réputation. Mauvaise Dresseuse! Pas fichue de trouver un vrai job! Et fille volage! Dévergondée!... Assassin!"

Solem hurlait, son visage livide tout proche de celui d'Athéna. La jeune blonde se recroquevilla aux pieds de son ennemie en baissant la tête.

"Arrête! Tais-toi!... Pitié... Arrête..." gémit la jeune blonde tandis que Solem se penchait sur elle.

"Aaah. J'aime quand tu me supplies." lui susurra la brune à l'oreille juste avant de passer une main sur sa gorge et de commencer à serrer.

///////////////////////////////////////////

Athéna se réveilla brusquement, la bouche ouverte dans un cri qui ne sortit jamais de sa gorge serrée. Elle se redressa vivement, puis se rappelant de la présence de Lyndia, cessa tout mouvement. Il lui fallut quelques minutes pour calmer sa respiration. Elle se passa une main sur le visage et s'aperçut qu'elle était trempée de sueur. Sans se soucier de sa nudité, elle se leva délicatement du lit et traversa en silence l'appartement pour rejoindre la salle de bains. D'une main tremblante, elle ouvrit le robinet d'eau froide et s'aspergea le visage et le cou.
Elle s’emballa dans un peignoir et se rendit à tâtons dans la cuisine pour se servir un grand verre d'eau. Avec un soupir, elle emmena son verre et sa fatigue dans le salon, et se laissa tomber dans le fauteuil qui l'attendait, habitué à être la destination finale de ses nuits depuis des semaines.


Le pire dans ses cauchemars était de s'en souvenir à chaque réveil. Athéna avala une gorgée d'eau et posa son verre sur la table basse du salon. Elle observa un instant la fine pluie qui tombait derrière les fenêtres. En général, après un cauchemar, elle se changeait les idées en lisant un livre, mais elle hésita cette fois-ci de peur que la lumière du salon ne passe sous la porte de sa chambre, qui était en face, et ne gêne Lyndia.

La jeune femme devait pourtant trouver quelque chose à faire rapidement. Elle savait, car elle l'avait appris à ses dépends, que l'inactivité lui laisserait le temps de ressasser ses cauchemars, et qu'elle finirait sa nuit (à ce stade, c'était plutôt sa matinée) en larmes, épuisée et déprimée.


Avec un nouveau soupir, Athéna mit sa tête entre ses mains et fixa le plancher de son salon. Elle ne put s’empêcher de penser à la Solem de son rêve, et aux paroles inquiétantes de Sebastian sur de potentiels alliés...

Une migraine induite par l'alcool, le manque de sommeil et ses pensées pessimistes pointait déjà le bout de son vilain nez, et Athéna songea avec tristesse qu'elle n'avait plus d'aspirine chez elle.

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Dernière édition par Athéna le Mar 3 Juin 2014 - 11:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Mar 3 Juin 2014 - 10:16

S'endormir nu a quelque chose de terriblement confortable. Mais soyons réalistes: à part en été, on se réveille une fois sur deux en grelottant. Ce qui était d'autant plus le cas de Lyndia qu'elle pouvait être considérée comme quelque peu frileuse. De ce fait au moment où Athéna quitta la chambre pour s'installer dans le salon, cela faisait un moment déjà que la Reine Noire essayait inconsciemment de s'enrouler dans les draps ou de se coller à sa compagne pour se réchauffer. L'absence de la dresseuse fut donc le coup de grâce infligé à son sommeil.

Il n'était pas spécialement étonnant que la jeune femme ressente le besoin de se lever pendant la nuit. Aussi la rousse se contenta-t-elle de grogner un coup en se retournant dans le lit avant d'essayer de se rendormir. Mais un détail la réveilla totalement. Un détail qu'elle n'avait pas remarqué jusqu'à présent, et qui réveilla au fin fond de son esprit logique assoupi une sonnette d'alarme qui lui signala que quelque chose n'allait pas : En se retournant dans le lit, Lyndia était arrivée du côté où Athéna dormait jusqu'à il y a peu. Et se retrouva en contact avec une immense trace de sueur qui s'étendait d'un bout à l'autre du lit.

Elle se savait frileuse, mais elle savait également qu'il n'était pas envisageable que la dresseuse ait réellement eu trop chaud dans son sommeil. Avait-elle fait un mauvais rêve? En se redressant sans dire un mot, la rousse sentit la présence de son amante dans une salle proche. Cela occultait les hypothèses de la salle de bain et de la cuisine. Alors quoi? Elle avait fait une crise d'insomnie? Avec tout le sommeil dont elle devait manquer, c'était peu probable.

Ne cherchant pas à s'interroger d'avantage, Lyndia se leva, récupéra le drap du lit d'Athéna et se l'enveloppa autour de la poitrine, le portant comme une robe à la traîne longue improvisée, autant par pudeur que pour se réchauffer, et se dirigea silencieusement vers le salon. Ses pieds nus glissaient presque sur le sol, ne déposant jamais totalement leurs talons et faisaient ainsi le moins de bruit possible jusqu'à arriver dans le dos de la jeune blonde qui ne la remarqua pas de suite. Avant même d'avoir vu l'expression qui devait défigurer le faciès de la dresseuse la posture de celle-ci trahissait tout de son malêtre intérieur. La Reine Noire s'avança une dernière fois, passant sur le côté du fauteuil de son amante et avança un bras qui n'osait pas la toucher. Sa voix était douce et basse, comme si elle ne voulait pas l'effrayer.


"Athéna?..."

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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Mar 3 Juin 2014 - 11:51


Athéna sursauta et porta la main à son cœur.

"Lyndia! Fichtre, tu m'as fait peur." dit-elle avec un sourire penaud à son amante.

La blonde se redressa dans son fauteuil et observa l'ex-Championne. Ses cheveux rouges sombres pointaient dans toutes les directions et elle avait les yeux encore gonflés de sommeil, mais le drap serré autour de sa poitrine et ses épaules nues suffirent à couper le souffle d'Athéna. La jeune Dresseuse songea un instant qu'elle était en présence de la plus belle femme du monde, et se mit à sourire avec béatitude.

Soudainement Athéna eut une seconde d'intelligence et fronça les sourcils.


"Pourquoi es-tu levée? Je t'ai réveillé? Tu veux un verre d'eau? Je vais te chercher ça."

Et sans laisser le temps à Lyndia de répondre, la jeune blonde se rua dans la cuisine, le front plissé par la culpabilité.
L'appartement était plongé dans le noir, hormis la lumière des lampadaires qui passait par les fenêtres du salon et celle de la cuisine. Athéna n'avait donc aucun mal à s'orienter dans son propre appartement, et n'avait aucune intention d'allumer une lumière qui aurait pu éclairer son visage, et laisser l'occasion à Lyndia de voir sa fatigue réelle. Car Athéna savait qu'à cet instant précis, débarrassée de son maquillage, réveillée en pleine nuit et venant d'éviter de peu de pleurer, elle devait faire peine à voir.

Elle attrapa un verre propre et le remplit d'eau, en espérant que Lyndia ne la suive pas. Cela lui donnait quelques secondes pour se calmer, et, peut-être, ne pas ruiner la nuit magnifique qu'elle venait de passer avec son amante.

Athéna fit demi-tour, verre à la main, sourire aux lèvres. Elle s'approcha de Lyndia et lui tendit le verre à deux mains. Avec un regard gourmand, elle parcouru le corps de son amante si peu couverte, et lui dit avec humour :


"Je peux te trouver une robe de chambre, si tu as froid, mais j'avoue que mon drap te va très bien comme ça."

Athéna se félicita intérieurement d'arriver à faire une blague dans un moment pareil. Avec un peu de chance Lyndia retournerait se coucher sans lui poser de questions, et la jeune blonde n'allait pas avoir à danser maladroitement autour de la vérité pour éviter d’inquiéter l'ex-Championne.
Éventuellement, elle y gagnerait peut-être une deuxième... euh, techniquement troisième... quatrième? Bref, une énième partie de jambes en l'air. Il n'y avait pas de meilleure distraction possible, après tout.

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Lyndia
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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Mar 3 Juin 2014 - 12:42

La vitesse à laquelle Athéna réagit et à laquelle elle essaya de se soustraire à l'emprise de Lyndia ne dupait nullement celle-ci. Certes, la Reine Noire n'avait jamais été d'un naturel réellement sociable, et n'avait ainsi qu'une expérience limitée des comportements humains (bien que ses dernières années à la tête de la ligue de Maïlys l'aient forcé à se former sur le sujet). Malgré tout elle était avant toute chose une spécialiste des Pokémon Ténèbres. Si elle aimait souvent renommer ce type le type "nocturne", aspect qui l'avait attirée dès le début chez ces pokémons, elle savait très bien que nombreux les appelaient les pokémon "fourbes". Coup-bas, Machination, Provoc, Feinte, Flatterie, Larcin, Sabotage ou Tricherie, tant de techniques dont ils disposaient et qui trahissaient, quoi qu'on en dise, un goût prononcé pour la malice et le mensonge.

Lyndia n'eut donc aucun mal à voir qu'Athéna lui cachait quelque chose, et quelque chose de gros. Et sa flatterie finale n'eut aucun effet sur la personne de la Reine Noire.

Celle-ci était restée immobile et avait attendue que la jeune dresseuse revienne, lui mette le verre dans les mains presque de force, sorte sa petite blague, le tout sans dire un mot jusqu'au dernier moment. Puis elle posa son verre sur la table la plus proche sans réagir aux propos de la blonde avant de lui passer délicatement un doigt dans les cheveux et de lui demander, toujours à voix basse:


"Qu'est-ce qui ne va pas?"

Elle savait que cette question ne ferait qu'éveiller les angoisses d'Athéna. Mais c'était ce qu'elle cherchait. Depuis la veille la dresseuse avait été tendue, par moments même distante. L'ambiance s'était relâchée quand elles avaient été enfin seules, mais la rousse se rappelait des piques lancées par sa compagne à l'attention de Sebastian durant le repas. Etait-ce là le seul problème? Il est vrai que le Roi Blanc avait des raisons de perturber Athéna mais si tel était le cas, pourquoi ne rien lui dire, à elle, elle qui pouvait tout entendre et tout comprendre de sa part? La jeune femme ouvrit la bouche pour répondre. Le délai de réponse était bien trop court pour être naturel en pareille circonstance. Lyndia la coupa donc tout net:

"Sans me mentir..."
lança-t-elle en fermant les yeux une seconde avant de plonger derechef son regard émeraude dans celui de son amante "...s'il te plait."


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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Mar 3 Juin 2014 - 13:20


A la question de Lyndia, Athéna écarquilla les yeux comme un Laporeille pris dans les phares d'une voiture. Grillée. Prise en flagrant délit d'esquive de conversation sérieuse. Et comme une débutante, avec ça. Athéna déglutit et essaya aussitôt de changer la conversation. Lyndia ne la laissa pas faire.

Athéna n'avait jamais eu l'intention de mentir. Pas à Lyndia. Elle essayait de son mieux de construire une relation sincère et saine avec l'ex-Championne, malgré les circonstances, donc lui mentir aussi ouvertement était inenvisageable. Éviter certains sujets ou donner des moitiés de vérité, en revanche... ce n'était pas mentir. Et c'était pour éviter de surcharger les épaules déjà lourdes de son amante! C'était pour la bonne cause.

La main de la rousse dans ses cheveux lui caressa délicatement le crâne. Athéna hésita. Mais une question, dont la jeune Dresseuse craignait de connaitre la réponse, l’empêchait de parler : combien de temps Lyndia supporterait-elle d'avoir pour petite amie une pleurnicharde comme Athéna? Par Arceus, sans Lyndia, elle n'aurait même pas survécu à Solem! Elle ne pouvait pas se défendre. Elle n'avait pas le niveau. Qu'est-ce qu'une ex-Membre du Conseil des Quatre pouvait lui trouver, à part le gout de la nouveauté?

Athéna déglutit une seconde fois, et ouvrit la bouche pour déclarer d'une voix rauque :

"J'ai... du mal à dormir. En ce moment."

Lyndia l'encouragea du regard à continuer. Mais la jeune Dresseuse sentait ses émotions bouillonner en elle et s'imagina soudainement se confier à Lyndia, là, au milieu de son salon, à une heure atrocement matinale. Elle s'imagina parler de Solem, et repensa à la main crispée de Lyndia, au restaurant, juste à côté de son couteau de table. Elle pensa à ses parents, et fut horrifiée à l'idée de passer pour une pauvre petite fille de riches qui fait sa crise d'ado avec six ou sept ans de retard. Elle songea à son enfance, à Esperantown, à l'incident avec Ladon, et resta pétrifiée, son esprit figé sur le souvenir de la gorge déchiquetée de l'Elecsprint que son Pokémon avait tout bonnement massacré sous ses yeux... Sans qu'elle n'intervienne.

Athéna ferma les yeux pendant une seconde et prit une grande inspiration, avant de reculer pour se libérer de l'emprise de Lyndia. Elle lui fit un sourire pour la rassurer, et jeta un coup d’œil à la cuisine.

"Ça te tente un chocolat chaud? Et un pyjama, au point où on en est?" dit-elle en resserrant les pans de son peignoir. Maintenant que la sueur avait refroidi sur son corps, Athéna sentait des frissons lui parcourir le dos. Si Lyndia voulait la harceler, qu'elle le fasse sans que l'une d'elle n'attrape le rhume, au moins!

La blonde fit mine de contourner Lyndia pour entrer dans sa chambre à la recherche de pyjamas et de robes de chambre, mais planta son regard dans celui de son amante pour lui laisser le temps d'approuver ou non.

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Lyndia
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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Mar 3 Juin 2014 - 14:02

Ce n'était pas parfait, mais c'était un bon début. Cette voix étouffée, ce son étranglé qui sonnait comme un râle de douleur plus que comme une réponse prouvait mieux que toute autre forme de discours qu'Athéna avait fait de son mieux pour amorcer la conversation. Avec le temps, Lyndia avait appris comment récompenser les efforts de son amante. Cette dernière voulait au moins être à l'aise pour discuter? Soit. Elle lui devait bien ça. Aussi acquiesça-t-elle avec un sourire quand la jeune dresseuse lui posa sa dernière question.

Les deux jeunes femmes, après avoir fait chauffer leurs boissons et enfilées un pyjama de fortune, retournèrent s'asseoir dans leur lit. Lyndia laissa à son amante le soin de s'adosser au mur tandis qu'elle s'installa en tailleurs face à elle.

Un profond silence s'installa. La Reine Noire n'osait pas relancer la conversation de peur de brusquer Athéna, ni même poser de question trop précise de peur de faire mouche trop facilement. Elle se demanda à quoi étaient dues spécifiquement les angoisses de la blonde. La piste Solem était la plus évidente, et compte tenu qu'elle avait assisté aux événements, elle pensa pouvoir au moins l'interroger sur ce problème. Après tout elles s'étaient déjà confrontés sur le sujet. S'il restait un lièvre à soulever, peut-être était-ce la meilleure chose à faire.


"Est-ce lié à Solem?..."

Demanda-t-elle enfin, brisant en éclats le mutisme religieux qui s'était instauré entre elles. Athéna ne répondit pas. Son visage trahit dix ou quinze émotions différentes avant que Lyndia ne comprenne ce qu'il se passait.

Elle ne lui faisait pas confiance.

Pas qu'elle ne la croit pas digne de l'aider. Pas qu'elle ne la pense pas assez aimante pour vouloir son bien. Mais au fond qui était-elle? Une illustre inconnue avec qui elle s'était amusée un jour sur la plage avant de se revoir à quelques reprises? Certes Lyndia avait fini par lui sauver la vie, mais comme elle s'en était déjà rendu compte et comme elle l'avait déjà statuée dans une précédente conversation, leur relation s'était construite à l'envers. La passion charnelle était arrivée avant de se connaître, et l'on s'était invité au restaurant avant de savoir ce à quoi l'autre était allergique.

Etait-ce cela qui faisait défaut? Etait-ce le manque de discussions? Le manque de révélations? Après tout, la dernière séance psychanalyse qui avait eu lieu entre elles ne s'étaient pas "bien" passée, et sans l'intervention de Elèraine, probablement auraient-elles été encore incapables de s'adresser la parole aujourd'hui.

Lyndia soupira, pinca les lèvres, but une gorgée de son chocolat chaud et posa la tasse sur la table de nuit d'Athéna.


"Je vais te montrer quelque chose que je n'ai jamais montré à personne..."
annonça-t-elle gravement. Du bout du bras elle alluma la petite veilleuse installée sur cette même table, s'autorisant au passage à découvrir le visage profondément marqué et cerné de la jeune dresseuse, et se redressa.

La lumière était douce, subtile, et n'éclairait qu'à peine l'ensemble de la chambre, mais était amplement suffisante pour englober les visages des deux amantes. Lyndia porta le bras à l'arrière son crâne, décrocha son cache-oeil, et couvrit la partie gauche de son visage avec sa main.


"Cette blessure me rappelle mes erreurs passées. Mes torts, mes angoisses, même mes succès. Mais également mes hontes..." Lentement mais sûrement, elle éloigna sa main et son cache-oeil de son visage, dévoilant celui-ci totalement nu aux yeux de la dresseuse pour la première fois depuis qu'elles se connaissaient.

Le sourcil était partiellement brulé, et plus fin que son voisin. L'épaisse mèche de cheveux rouges qui le dissimulait d'ordinaire camouflait grandement cette inégalité. Mais plus maintenant. Autour de l’œil, la peau était parcourue sur quelques centimètres de profondes cicatrices se diffusant de parts et d'autres de son orbe comme une vaste toile d’araignée. Le globe oculaire n'était plus là, mais contrairement à ce qui aurait du se produire avec le temps, la paupière ne s'était pas totalement refermée, ne laissant transparaitre qu'un trou béant qui pouvait, si l'on était un tant soit peu sensible, donner un haut le cœur.

Non, Lyndia n'était pas la plus belle femme du monde. Sans le masque de Fujin et sans la mèche de Jessica Rabbit, elle n'aurait jamais eu guère plus de succès aux yeux du monde que n'importe quel autre monstre de foire.

C'était à son tour d'être gênée, timide. Son oeil valide fuyait tout en revenant à Athéna comme pour surveiller sa réaction. Serait-elle écoeurée? La repousserait-elle finalement en découvrant ce qu'elle était? Afin de clarifier son geste et d'apporter tout le soutien dont elle pouvait disposer à son amante, la Reine Noire prit une nouvelle inspiration et rajouta:


"Je..." Sa phrase commença presque aussi étouffée que celle d'Athéna. Dévoiler cette blessure était quelque chose d'important pour elle. D'intime. "...Je veux que tu saches que je suis là pour toi. Ta présence m'a aidée... Grandement... Tu m'as aidé à combattre mes peurs et... et tu m'as donné ce dont je manquais cruellement pour vaincre Solem... En vérité, tu me donnes ce dont je manque cruellement pour vivre la vie que je veux réellement vivre..."

Sa mâchoire se serra, elle déglutit, et en prenant de nouveau son courage à deux mains fixa de son unique oeil le regard d'Athéna. C'en était presque trop pour elle. Une larme lui monta à l'iris.

"...Laisse moi t'aider... s'il te plait?"



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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Mar 3 Juin 2014 - 16:30


Par chance, Athéna s'était elle aussi assise en tailleur, et avait posé sa tasse de chocolat chaud dans le creux formé par ses jambes, sur le couvre-lit rabattu. A l'instant où Lyndia porta la main à son cache-œil, Athéna haussa les sourcils et écarquilla les yeux. Si la tasse avait été en chemin vers ses lèvres, elle l'aurait sans doute fait tomber.

Depuis qu'elle connaissait Lyndia, depuis qu'elles étaient intimes, la jeune blonde avait eu envie de voir, en entier, le visage de son amante. Mais elle n'aurait jamais osé lui demander une chose pareille à voix haute. Elle avait toujours eu peur de vexer Lyndia, de la faire fuir, ou simplement de se montrer beaucoup trop entreprenante dans leur relation. Elle avait eu le privilège de savoir comment Lyndia avait perdu son œil, et elle s'en contentait, respectueuse de la gêne évidente de la rousse à ce sujet.

Mais voilà que soudain, Lyndia retirait son cache-œil. Athéna la regarda faire bouche-bée, figée comme une statue, les deux mains enroulées autour de sa tasse comme à une bouée de survie.

Hypnotisée, la jeune Dresseuse observa la main gauche de son amante quitter son visage. Sous les longs doigts de Lyndia apparut une ombre noire qui semblait aspirer toute la lumière de la pièce. Sans globe oculaire pour tenir les chairs, celles-ci s'étaient fripées et pendaient, paupières mi-closes et éternellement figées dans cette position, comme de vieux rideaux accrochés à un mur sans fenêtre.

Athéna déglutit bruyamment, et plissa les yeux comme si elle avait mal pour Lyndia, bien que la blessure soit depuis longtemps cicatrisée et indolore. Ses mains tremblèrent autour de sa tasse, qu'elle eut la présence d'esprit de déposer à son tour sur la table de nuit avant de se la renverser sur les cuisses. Cette action détourna un instant son regard de l'orbite vide qui la fixait sans la voir, mais à peine eut-elle perdu le contact avec son amante que celui-ci lui manqua. La jeune Dresseuse tourna vivement la tête vers la rousse et fixa de nouveau les cicatrices blanchâtres qui rongeaient le contour de l'orbite et le bas du sourcil. Son premier sursaut de surprise passé, Athéna observait la blessure sans le moindre dégout. Au contraire, son visage se mit à refléter une certaine fascination.

Lyndia fit preuve d'un courage immense en lui parlant sans remettre son cache-œil. Athéna sentait grandir son admiration pour l'ex-Championne. Elle lui sourit, mais l’œil valide de la rousse n'osait pas se poser sur Athéna, qui pourtant la fixait avec insistance. A la fin de la tirade de son amante, qui pleurait presque, Athéna mourrait d'envie de la toucher, de la rassurer en la prenant dans ses bras, mais sans son cache-œil, la réaction de Lyndia était imprévisible.

Alors lentement, délicatement, Athéna leva une main vers le visage de Lyndia. Elle eut besoin de se pencher pour cela, et posa sa main gauche sur le lit, l'autre tendue, le bout des doigts en direction de la joue gauche de son amante. Elle prit son temps, s'appuya doucement sur le lit, comme craignant de faire fuir Lyndia. Quand ses doigts furent si proche de la joue de la rousse qu'elle pouvait sentir la chaleur de sa peau, elle s'arrêta, et plongea son regard plein de tendresse dans l’œil triste de sa compagne. Elle attendit un geste, une parole de l'ex-Championne prouvant qu'elle ne voulait pas être touchée, et en effet Lyndia se crispa complétement, tout son corps se contracta violemment pendant une seconde... puis elle sembla accepter qu'Athéna s'approche et ne bougea plus.

Le bout de l'index et du majeur d'Athéna touchèrent la joue de Lyndia. Puis le reste de sa main glissa calmement jusqu'à la pommette. La jeune blonde se pencha un peu plus en avant. Vu de près, l'absence d’œil dans l'orbite gauche était encore plus impressionnante. La moitié du visage de Lyndia semblait enfoncé, comme si elle avait reçu un coup de marteau qui aurait écrasé les os et éclaté la peau. Pourtant Athéna n'eut aucun haut-le-cœur. A vrai dire, elle trouvait cela plus facile à regarder qu'un steak saignant, en ce moment. Ce vide sous le sourcil brûlé faisait partie de Lyndia, au même titre que son œil valide et lumineux qui pour l'instant reflétait une pointe de panique. Et Athéna acceptait entièrement Lyndia. C'était facile. Évident, même.

C'était beaucoup plus facile que de se livrer entièrement.

Avec délicatesse, Athéna s'approcha encore de Lyndia et resserra sa main sur la joue de son amante. Elle amena en douceur le visage de Lyndia vers le sien, et déposa un baiser si tendre qu'il parut presque chaste sur les lèvres entrouvertes de l'ex-Championne. Athéna ne ferma pas les yeux. Elle fixa sans ciller l’œil de Lyndia pendant ce court baiser, puis se recula lentement, avec un sourire attendri et affectueux.

Et pour remercier Lyndia de ce qu'elle venait de lui offrir, Athéna se força à dire ce qui pourtant lui arrachait, à son sens, le reste de sa dignité :


"D'accord. Je ne te cacherai rien."

Plus nues que quelques heures auparavant, les deux femmes laissèrent un silence agréable les envelopper un instant, le temps de reprendre le contrôle de leurs émotions.
Jusqu'à ce qu'Athéna fronce comiquement les sourcils.


"Qu'est-ce qui te manquait pour vaincre Solem?" demanda-t-elle en penchant la tête sur le côté comme le faisait souvent Orthros. Lyndia avait piqué sa curiosité, et Athéna raffolait des déclarations sentimentales de la rousse. Difficile de laisser passer une si belle occasion de faire parler Lyndia. Surtout si cette dernière inversait les rôles dans quelques minutes : Athéna voulait profiter d'encore un peu de répit.

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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Mar 3 Juin 2014 - 16:53


Lyndia ne sut pas comment réagir aux avances, aux regards et aux propos d'Athéna. Elle n'avait jamais eu à se révéler autant à quiconque auparavant, elle n'avait aucune idée de ce qu'elle était sensée dire, faire, ressentir dans pareille situation. De nouveau elle perdait le contrôle, de nouveau elle commençait à paniquer. La marque d'affection que lui signifia la dresseuse ne la calma qu'à peine, les méandres paranoïaques de son esprit se convainquant d'un acte charitable plus que d'un acte de compassion de la part de son amante. Le sourire d'Athéna et sa décision d'accepter de se confier à elle furent, toutefois, bien plus efficace. Avec un sourire peu assuré, la Reine Noire hocha la tête en pinçant les lèvres.

Mais Athéna avait besoin de plus. Lyndia fit une moue faussement vexée, dissimulant par celle-ci la gêne qui l'envahissait désormais totalement, et s'empressa de remettre son cache-oeil en place, estimant que sa difformité avait été assez exposé au grand jour pour les dix années à venir. Non sans montrer quelques signes de réticence, elle lui répondit:


"Solem était mon amie. Et je me suis sentie coupable de ce qui était arrivé à Sebastian depuis des années. Avec Elèraine, on parvenait à l'arrêter, à la ralentir, mais jamais à la condamner. Pas qu'elle était trop forte pour nous, loin de là, mais... nous n'osions pas. Jamais nous ne la livrions aux forces de polices locales quand nous en avions l'occasion..."
Elle releva le visage vers Athéna, de nouveau équipée de son cache-oeil noir et laissant sa mèche rouge retomber devant son front, "...tu m'as donné ce dont j'avais besoin pour trouver la force d'agir: quelque chose à quoi je tiens. Si je n'avais pas été amoureuse de toi, je ne suis pas sûre que j'aurais laissée Solem plonger dans le monde des Cauchemars."

Un silence. Lyndia prit une inspiration et lança aussitôt, d'une traite:

"Sans toi je n'aurais pas voulu vivre ma vie égoïstement et je serais resté au Conseil des 4, un poste qui ne me convenait pas et ce depuis le début. Je n'aurais pas cherché à trouver un appartement paisible à Lieucca pour venir m'y reposer à tes côtés, loin des angoisses et du vacarme de la capitale. Je n'aurais pas eu la force de libérer les vingt pokémon ténèbres auxquels j'étais profondément attachée, mais qui moisissaient au fin fond de mon PC depuis que j'avais fini de les étudier. Bref : tu m'as donné la force d'envisager ce que serait ma vie en n'étant pas seule, et tu m'as aidé à faire ce qu'il fallait que je fasse pour avancer, pour être heureuse."

La rousse marqua un temps et reprit une profonde inspiration. Elle avait dit ce qu'elle avait à dire, mais cette soirée n'était pas sensée être sa thérapie. Si Athéna voulait se montrer sincère et exprimer la même honnêteté à son égard que celle dont La Reine Noire venait de faire preuve, il était temps pour elle de lui répondre.


"Je t'aime Athéna. Et s'il faut que je te le dise pour que tu t'en rendes compte : oui, j'ai besoin de toi. Maintenant s'il te plait, dis-moi ce qui ne va pas?"

Après la panique et le reproche, son regard était désormais passé à l'inquiétude. Elle n'avait pas oublié qu'elle avait trouvé, il n'y a même pas dix minutes, la jeune dresseuse en sueur seule dans le salon. Et elle avait encore moins de chances d'oublier la tête d'enterrement que celle-ci arborait encore, cette fois plus exposée que jamais par la veilleuse allumée qu'aucune d'elles n'avait encore osé éteindre.

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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Lun 9 Juin 2014 - 17:59


Une partie des paroles de Lyndia fit sourire Athéna, d'un sourire apaisé, aimant, et ému. La belle déclaration d'amour de la rousse fit s'emballer le cœur de la jeune Dresseuse, et les larmes lui montèrent aux yeux. Athéna respira profondément, son sourire tremblotant mais heureux toujours aux lèvres.
L'amour de Lyndia était inespéré, comme une promesse de paix au milieu du champ de bataille sanglant qu'était devenue la vie de la jeune blonde. Sans Lyndia, Athéna n'aurait eu personne à qui parler. Personne à qui montrer ses Badges avec fierté, personne à admirer en retour, personne à attendre, le week-end venu, avec une boule d'excitation au ventre et le rouge aux joues.

L'autre partie des paroles de l'ex-Championne eut un effet parfaitement contraire. Athéna en cacha tout les signes de son mieux, mais entendre Lyndia admettre qu'elle n'avait jamais haï Solem plongea la jeune Dresseuse dans un dilemme douloureux. Athéna aurait peut-être tué Solem si elle en avait eu l'occasion et les moyens. Sans le moindre remord. Devait-elle prendre le risque de dire cela à Lyndia, qui venait de confesser que son amitié pour la brune n'avait vacillé qu'en face du meurtre éventuel d'Athéna elle-même? Pourquoi mettre une claque aux sentiments fraichement admis de Lyndia?

Devait-elle, en déclarant enfin l'envie de tuer Solem qui la taraudait encore, révéler par la même occasion que l'idée d'assassiner un autre être humain ne l'avait pas tellement dérangé, ni sur cette plage maudite ni dans ce foutu bar? Qu'allait penser Lyndia?

Et puisqu'elle venait de jurer de dire la vérité, sans rien cacher, fallait-il achever l'ex-Championne et lui dire que non, son œil crevé depuis dix ans ne pouvait pas la dégouter, puisqu'elle avait vu pire, et fait pire... et ce avec ses propres mains, ses petites mains aux paumes caleuses qui reposaient pour le moment sur ses cuisses couvertes d'un pyjama blanc...? Lyndia savait-elle seulement avec qui elle sortait?

Athéna essuya machinalement d'un revers de manche la seule larme que ses paupières n'avaient pas su retenir. Elle en profita pour détacher son regard de celui de son amante et fixa ses yeux humides sur ses mains. Elle pouvait sentir la moiteur de ses doigts à travers son pantalon de pyjama et les battements affolés de son cœur contre ses côtes. Pendant une longue minute, la jeune femme ne dit rien. Pendant une interminable minute, l'envie d'être sincère et altruiste tenta avec courage d'apprivoiser l'envie de mentir, d'être égoïste et ainsi de s'assurer l'amour de Lyndia.

Athéna releva la tête et croisa le regard inquiet de Lyndia.

Inquiète.
Inquiète pour une fille qu'elle ne connaissait pas si bien que cela, pour une pauvre idiote qui ne lui avait jamais rien offert, pour une femme au caractère difficile, pleurnicharde et éternelle angoissée ; inquiète pour une amante qui ne supportait pas l'un de ses amis d'enfance, et avait le culot de le faire remarquer en plein repas...
Et enfin inquiète pour cette jeune femme qui, après que Lyndia lui ait sauvé la vie, n'avait jamais, jamais dit à haute voix : "merci".

Alors Athéna fit son choix.

Elle décida de tout partager avec Lyndia. Et si la rousse devait prendre ses jambes à son cou et appeler la Police pour faire enfermer Athéna... et bien, il en serait ainsi. Mais cette fois-ci, Athéna ne se cacherait pas. Elle ne mentirait pas.

Elle lui devait bien ça.


"Je ne sais pas par où commencer..." admit-elle, honnête mais effrayée. Ses ongles courts se plantèrent dans ses cuisses. Son regard jusqu'alors fixé sur celui de Lyndia chercha un point d'ancrage moins terrifiant, et Athéna trouva soudainement ses propres mains fascinantes.

"J'ai fait un cauchemar." dit-elle sans élaborer. Lyndia devait déjà avoir deviné cela.
"Ça arrive souvent. Très souvent. Je... Je ne dors plus." bégaya-t-elle. "Enfin, peu. Ça fait des mois. Depuis..." Sa voix se brisa. Athéna déglutit tandis que les jointures de ses doigts viraient au blanc. "... Depuis Esperantown. Je n'ai pas eu de chance ce jour-là. Un tête-à-tête avec Mewtwo... Ah! Je n'avais même pas un seul Badge!" s'emporta-t-elle avec dans la voix une pointe d'hystérie. Puis, après avoir retrouvé son souffle :

"Mais je m'en suis remise. J'allais mieux. Tu devais partir, mais j'allais mieux, je pouvais tenir, je pouvais t'attendre. Et je l'ai fait. Jusqu'à Adweyrin, le Zodiac qui a failli tuer Alcyon. Jusqu'à ce type à Lieucca, qui aurait pu me battre dans une ruelle sombre sans que personne n'intervienne." Consciente qu'elle n'avait jamais raconté ces deux événements à Lyndia, Athéna poussa un soupir et fit un geste de la main pour signifier qu'elle lui en parlerait plus tard.

"Et puis... Solem. Par Arceus, je ne me suis jamais sentie aussi faible." déclara-t-elle dans un murmure, tête baissée, les yeux loin de la lumière de la pièce qui la mettait mal à l'aise.
"Je me suis assise dans un bar, j'ai échangé quelques mots avec une inconnue qui avait l'air aussi seule que moi, et elle m'a sauté à la gorge. Littéralement. Depuis, presque chaque nuit, quand je me couche, je revois son index pointé sur moi depuis la fenêtre du bar, le sang qui dégouline le long de son front, et ses mots : 'Tu seras le sacrifice. Profite bien de tes putains de derniers jours.' "

Athéna se tut, et serra les poings. Les larmes se remirent à couler.

"Tu me demandes ce qui ne va pas... et j'ai trop de réponses à te donner, Lyndia. J'ai peur que Sebastian ait raison, et que Solem ait laissé derrière elle quelqu'un qui me sautera à la gorge au détour d'une rue, et qui me brisera la nuque avant que j'ai pu prononcer un mot. J'en suis même venue à penser qu'elle pourrait revenir du Monde des Cauchemars, ou que quelqu'un l'en ferait sortir. Et alors là, Arceus seul sait ce qu'elle nous ferait subir. J'ai peur, Lyndia. J'ai peur tout le temps. Pour moi et pour toi."

Pensant que l'ex-Championne, à ce stade de la conversation, voudrait la rassurer, Athéna continua sa tirade avant que son courage ne prenne la fuite. Elle devait dire la vérité, et la suite n'éveillerait pas autant de sympathie chez Lyndia que ce que la jeune blonde venait de dire.

"J'ai peur, mais parfois, quand je pense à Solem, je me surprends à souhaiter son retour. Parfois, je ressens une telle colère à son égard que j'aimerais l'avoir en face de moi, en chair et en os, pour avoir enfin ma revanche. Je..." Athéna pinça la lèvres et se passa une main dans les cheveux. Inconsciemment, en changeant un peu la position de ses jambes qui commençaient à s'engourdir, elle se recula et mit de la distance entre elle et son amante.

"Je voudrais lui faire ressentir ce que j'ai ressenti. Et plus encore."

Athéna se recroquevilla sur elle-même et blottit ses poings serrés contre son ventre. Dans un murmure coupable mais clairement empli d'un espoir malsain, elle ajouta :

"J'adorerais l'étrangler de mes propres mains, et lui sourire pendant qu'elle suffoque, en lui disant à quel point cela me fait plaisir de pouvoir enfin lui rendre la monnaie de sa pièce." acheva-t-elle en parlant, pour son plus grand malheur, de l'ancienne meilleure amie de Lyndia.

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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Lun 9 Juin 2014 - 19:25

Athéna commença enfin à se livrer. Et la nuée d'infos qu'elle déversa au visage de Lyndia firent sourciller la Reine Noire à de multiples reprises. Tantôt elle s'inquiétait, tantôt elle s'étonnait. Mais toujours une question majeure subsidiait dans son esprit : "Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé plus tôt?". Bien sûr, l'ex-Championne savait très bien pourquoi. Elle avait appris à connaître son amante un minimum et elle savait qu'elles partageaient ce défaut en commun : celui de ne jamais vouloir inquiéter l'autre, au risque pour cela de se mettre dans des états qui finiraient de toutes façons par s'en charger. Oui, à ce niveau là, elles étaient idiotes. Mais elles étaient deux. Dans tout ce qu'Athéna avait vécu et qu'elle était en train de lui raconter, elle avait été seule.

La rencontre avec Mewtwo n'avait été que survolée lorsque les deux amantes s'étaient retrouvées après Esperantown. Et déjà à l'époque Lyndia avait considéré que la rencontre avait dû être traumatisante et que si Athéna ne voulait pas en parler, il n'était pas de son droit d'insister pour cela. Mais tout le reste... Une rencontre avec un Zodiac, un fou furieux qui aurait voulu la tuer? Jusqu'aux détails de sa rencontre avec Solem, Lyndia découvrait littéralement des aspects de la vie de sa compagne qu'elle n'aurait pu soupçonner jusqu'à présent.

Pendant la première partie de ce récit, une seule émotion traversa le cœur de Lyndia : la culpabilité. Pendant ces mois et ces mois, durant toute cette période où elles commençaient tout juste à se fréquenter, la Reine Noire n'avait eu qu'une idée en tête. Cette idée, c'était la Team Zodiac. Qu'il s'agisse de l'attentat de Megapagopolis auquel elle avait fait face aux côtés de Leane, que ce soit son départ pour capturer Artikodin, ou encore la création de la milice spécialisée de la Ligue, elle s'était noyée du mieux qu'elle avait pu dans ses responsabilités et avait donné toute sa personne à ce combat. Regrettait-elle ce choix? Non, bien sûr. Au final, elle savait qu'à chacune de ses actions, la Ligue en était sortie grandie. Mais au vu des circonstances, tout ce qu'elle voyait c'était que son professionnalisme l'avait éloignée d'Athéna dans les moments où elle avait le plus besoin d'elle. Et rien que pour cela, ce soir là, la Ligue, elle n'en n'avait plus rien à foutre.

Puis vint l'opus Solem. Et à cela, Lyndia aurait eu beaucoup à dire.

Lyndia n'avait été qu'à demi honnête chez Sebastian. Quand le Roi Blanc lui avait demandé si Solem n'avait personne pour continuer son combat ou quoi que ce soit de ce genre, elle avait été sincère en lui disant que non. Toutefois elle connaissait des gens dont elle ne doutait pas une seule seconde qu'ils s'activaient dès à présent à la libération du Soleil Noir. Gens avec qui elle avait encore contact. En parler ne lui avait pas paru judicieux. Ni la veille, ni cette nuit-là. Et ce pour la simple et bonne raison que sur les 5 ou 10 personnes qui voulaient le retour du Soleil Noir, la majorité la voulait morte au même titre qu'Athéna.

Cette dernière marqua d'ailleurs un temps d'arrêt. La rousse pinca les lèvres et acquiesça silencieusement avant de poser délicatement sa main sur le dessus de celle de son amante.

Athéna faisait une grosse erreur dans son jugement. Lyndia n'avait pas laissé Solem s'en tiré parce qu'elle l'aimait. Lyndia n'avait pas, par le passé, cherché à la protéger parce que c'était son amie, non. Juste parce qu'elle s'en voulait plus à elle même qu'elle n'en voulait à la brune.

Mais après des années de lutte puérile et vaine, après des années de cruauté, de combat et de douleur, le Soleil Noir avait fait céder les liens qui représentaient la patience de la Reine Noire. Et de cet éclat était sorti rancune, colère et mépris. Non, définitivement, Lyndia n'aimait pas Solem. Ce qu'il restait de leur amitié était mort depuis longtemps.


"Je sais..." commença-t-elle calmement, "...j'ai le beau rôle, encore une fois. C'est moi qui ai eu la satisfaction de laisser Solem courir à sa perte dans le monde des Cauchemars. Mais crois-moi, Athéna, si je pouvais t'offrir cette vengeance, sois sûre que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour cela."

Si la jeune dresseuse idéalisait la spécialiste des Pokémon Ténèbres à ce niveau là, elle risquait de tomber de haut. Elle semblait l'oublier, mais elle parlait à une jeune femme qui avait, par le passé, trouvé très attirante l'idée de capturer Darkrai et Giratina pour forger le monde à son image. Et si elle l'ignorait, elle parlait aussi à une femme qui avait proposé et validé, lors d'une réunion du Conseil des 4, l'idée de faire du brainwashing de Zodiac et de s'infiltrer dans les cerveaux de la ligue pour vérifier leur fidélité. Une femme qui avait fait exploser, à l'aide de toute son équipe, une base de l'armée d'Ophiuchus encore remplie de ses soldats, faisant s'effondrer sur leur tête des tonnes d'acier et de béton, juste pour sauver quelques Pokémon, et juste pour avoir la satisfaction de trucider du Zodiac.

Non, Lyndia n'était pas "que" vertueuse. Lyndia savait très bien que le monde était crade et que pour le nettoyer il fallait souvent mettre les mains dans la merde, avec ou sans gants. Mais cela, Athéna ne l'avait pas encore réalisé.


"Continue..." murmura-t-elle presque en caressant du bout du doigt la main de la jeune blonde.

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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Lun 9 Juin 2014 - 21:51


Athéna ne leva pas le visage. Elle observa, sourcils froncés, la main de Lyndia se poser sur la sienne, frôlant par la même occasion son ventre à travers son pyjama informe.

Lyndia prenait les choses posément, et semblait accepter la violence des propos de son amante sans difficulté. Mais tout comme Lyndia n'avait pas pu s’empêcher de prendre la tendresse et l'affection d'Athéna pour de la pitié quelques dizaines de minutes auparavant, Athéna ne put s’empêcher de penser que si l'ex-Championne ne la rejetait pas, c'était simplement parce qu'elle n'avait pas encore compris l'étendue de la barbarie de la jeune Dresseuse.

Suspicieuse, nerveuse, et sans doute trop épuisée pour avoir les idées claires, Athéna écarta la main que caressait Lyndia de son ventre, et recula jusqu'à être coincée par le mur derrière elle. Elle laissa sa main, toujours fermée, posée sur ses jambes en tailleur et accessible, mais ne rendit pas sa caresse à Lyndia. Sa main libre essuya la sueur de son front. Le t-shirt blanc et trop grand qu'elle portait en guise de pyjama lui collait aux épaules et au dos, pourtant elle avait froid. Quand elle poussa un profond soupir, Athéna se demanda pourquoi son souffle était brûlant et irrégulier.

C'est quand elle voulu parler qu'elle comprit : sa gorge était si serrée qu'elle poussa un grognement incompréhensible, avant de déglutir plusieurs fois, honteuse. Son chocolat chaud, désormais à peine tiède, procura un remède de fortune et une petite consolation. Quand elle reposa sa tasse vide sur la table de nuit, le bruit de la céramique sur le bois rompit le silence comme un coup de fouet. Athéna trembla.

"Je ne suis pas sûre que tu comprennes... Ce que j'ai dit pour Solem, ce ne sont pas des images. Ce ne sont pas que des mots. Je n'aurais aucun scrupule à la rendre méconnaissable et à jeter son cadavre dans l'océan." déclara-t-elle en jetant un coup d’œil à Lyndia.

Avant que la rousse ne réponde, Athéna poursuivit en reprenant son observation du couvre-lit.


"Peu importe. Je ne te parle que de mes souvenirs de Solem, ou de ce que je voudrais lui faire. C'est abstrait pour toi. Même avec une bonne imagination, tu ne seras pas aussi choquée par tout ça que si tu me voyais le faire, ce soir, sous ton nez. Je n'ai jamais rien fait d'inavouable devant toi. Je parie que quand tu m'as vu pour la première fois, tu as pensé que j'avais l'air innocent, que je n'étais qu'une gamine en quête de gloire, qui a toujours vécu une vie de château et qui se décompose au moindre obstacle sur sa route..."

Athéna serra les dents et poussa un autre soupir.

"Je n'étais pas cette fille innocente ce jour-là. Et je ne suis pas la femme que tu penses que je suis, maintenant."

Athéna arrêta du bout de ses doigts tremblants une goutte de sueur qui coulait le long de sa tempe.

"Bien sûr, dans mes cauchemars, il y a Solem et Lugia et Mewtwo. Mais il y a aussi tout ce que j'ai fait de mal. Tout ce pour quoi je n'ai aucune excuse. Pire, tout ce pour quoi je n'ai pas de remord, alors que je devrais en avoir. Quand on s'est rencontrées, tu m'as dit 'On est con quand on a dix-sept ans'."

Athéna leva les yeux.

"Moi, à dix-sept ans, j'étais cruelle."

Elle baissa de nouveau la tête et se mit à gratter frénétiquement son mollet gauche découvert.

"L'année de mes dix-sept ans, j'étais occupée à sortir avec le plus de filles possibles, à les laisser tomber amoureuses de moi, puis à les larguer de la façon la plus douloureuse que je pouvais trouver sur le moment. Je les ai toutes poussé au désespoir. J'aimais le contrôle. J'aimais la manipulation, et je voulais savoir jusqu'où je pouvais aller. Et j'ai commis l'irréparable : je suis allée assez loin pour que deux d'entre elles se suicident. L'une d'elle a manqué son coup : elle est paraplégique."

Athéna cessa de parler. Sa main retomba mollement sur le lit. La peau de son mollet était à vif.

"Et j'étais tellement lâche à l'époque, que dès que j'ai eu dix-huit ans, dans les mois qui ont suivis, j'ai déménagé, et j'ai changé de nom de famille. Le nom que je t'ai donné est faux."

Ses yeux verts profondément cernés regardaient sans le voir un accroc dans son couvre-lit. La jeune Dresseuse se mit à se mordre les joues, et frotta du plat de la main sa griffure au mollet. Elle leva un visage triste vers Lyndia, et porta le coup qu'elle savait fatal à leur relation :

"La jeune fille timide et inexpérimentée tu as rencontré n'existe pas."

Ses yeux verts s'embuèrent de larmes et, alors qu'elle était celle avec les armes en main face à une Lyndia sans défense, ce fut Athéna qui regarda l'ex-Championne avec les yeux du vaincu.

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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Mar 10 Juin 2014 - 9:15


Beaucoup de choses auraient pu, et auraient du, traverser l'esprit de Lyndia à ce moment là. Son regard se voila d'une relative incompréhension lorsqu'Athéna manifesta son désir réel de faire du mal à Solem. Une incompréhension vite chassée par l'ampleur de ce que ce genre de violence signifiait de la part de la blonde. Mais la suite fut trop.

Pas que Lyndia ne puisse entendre ce discours. Après tout, elle avait survécu à Solem et à un assaut du monde des Cauchemars, elle avait survécu à un Trioxhydre enragé dans ses jeunes années, et à une meute de Scalproies affamés quelques mois plus tard. Donc non. La violence, elle connaissait, et ce n'était pas une envie de meurtre de la part de la blonde qui allait la traumatiser. Toutefois il y avait dans ce discours bien plus qu'une simple implication violente. Bien plus qu'un simple désir de vengeance. Il semblait naître dans le coeur de la jeune dresseuse une noirceur, un parasite qui s'étendait dans son corps et dans son âme, prêt à dévorer chaque aspect de sa personne et à en faire sa marionnette. Pendant une fraction de seconde, l'esprit de Lyndia prit peur, et se détacha totalement de la conversation.

Et ce fut probablement ce réflexe reptilien qui permit à la Reine Noire de penser ce qu'elle pensa alors.

De par cet éloignement émotionnel incontrôlé, de par cette peur qui la saisissait à la gorge quand elle s'y attendait le moins, naquit dans l'esprit de la rousse une analyse anormalement lucide de la situation et des propos d'Athéna. Une vision objective, détachée, presque mécanique. Et alors que la dresseuse continuait la liste de ses méfaits et de ses déjections mentales, Lyndia ne put penser qu'à deux choses.

La première, c'était que le discours d'Athéna était plein d'incohérences. Si elle était si monstrueuse, pourquoi aurait-elle ainsi risqué sa vie pour ses Pokémon à de si nombreuses reprises? Pourquoi se serait-elle elle-même mise en situation de vulnérabilité vis à vis de Lyndia si elle avait voulu lui faire du mal, et si elle avait peur que la rousse ne lui en fasse en retour? Pourquoi n'avait-elle jamais profité de l'absence de l'ex Championne pour interroger, par des moyens plus ou moins violents d'ailleurs, Sebastian au sujet de Solem? Toute cette rage, toutes ces années de souffrance et de trauma accumulées semblaient lui avoir donné la certitude qu'elle était une personne mauvaise.

Mais Lyndia se rendait très bien compte que ce n'était pas le cas.

La seconde chose qui lui passa par l'esprit fut ceci:


  • -"Le second enfant est né. Bien loin de s'en réjouir, le père sait ce que cela implique de sa part. Pendant une semaine il se détourne de sa progéniture. Si elle ne peut survivre par ses propres moyens, alors elle n'est bonne à rien pour le clan. Cette première épreuve tisse immédiatement une relation ambigüe, presque malsaine entre l'enfant et son parent. Son esprit immature n'est pas encore capable de comprendre cet abandon, et le ressent immédiatement comme une forme de trahison.

    La semaine passée, on lui présente son frère ainé. Pour la première fois depuis qu'il est sorti de l’œuf le jeune Pokémon a accès à un semblant de famille et sa joie est presque palpable. Mais dès lors leur père les oppose. Ils doivent se battre jusqu'à la mort. L'incompréhension du nouveau-né est plus grande que jamais, mais son instinct s'éveille enfin lorsque son frère lui saute à la gorge sans la moindre hésitation. Le combat fait rage, les deux entités s'affrontent férocement jusqu'à ce que l'un d'eux mette le premier le genou au sol. Evidemment, le plus jeune échoue. Comment aurait pu-t-il gagner? Son frère se bat et est au service du clan depuis un mois déjà. Il le regarde, presque suppliant. L'aîné lève son bras armé, ferme les yeux comme s'il était conscient du mal qu'il doit faire, et abat sa lame dans un coup fatal qui coûtera la vie de l'enfant.

    Tous les Scalpions ne vivent pas cet épisode maudit de leur existence. Lorsque deux Scalpions atteignent l'âge adulte et donnent naissance à un nouveau membre au sein de leur clan, l'enfant doit certes apprendre à se débrouiller par ses propres moyens, mais est immédiatement respecté et apprécié pour ses talents.

    Hélas tout n'est pas si simple quand on est le fils du leader. Quand on est l'enfant d'un Scalproie, dont le seul et unique but est de faire survivre sa horde dans un environnement hostile. Votre but, votre mission, votre destin est dès lors de prendre le flambeau. Si un nouveau venu naît et se montre supérieur à vous, alors vous êtes remplacé, sans autre forme de procès.

    Quand j'ai découvert et captrué Athos, je me souviens m'être longtemps interrogée sur la nature de ce rituel barbare. Le jeune Scalpion tue son frère sans hésiter. Le père regarde son dernier né tomber inerte sur un champ boueux et dénué de toute forme de gloire sans la moindre once de pitié dans le regard. Est-ce de la cruauté? Les Scalproies appartiendraient-ils à une race particulièrement cruelle? Combineraient-ils à ce point l'austérité implacable des Pokémons Acier à la fourberie et à la méchanceté légendaire des Pokémons Ténèbres?

    Non. Evidement, tout est bien plus compliqué que cela.

    Une étude plus poussée, plus risquée, plus approfondie de ces modes de vie m'en apprend d'avantage sur les coulisses de ce sacrifice immonde. Alors que mon Tenefix m'enveloppe dans un voile spectral sombre, je parviens à me faufiler dans la cave qui renferme le Leader et sa famille. Les autres Scalpions mangent, s'entrainent, se chamaillent. Le Scalproie et son fils ainé, eux, restent assis sans bouger. C'est le seul et unique moment de l'année où ils ne se joignent pas aux festivités quotidiennes du groupe. Le seul et unique moment où leurs yeux clos n'expriment aucune rancoeur, aucune haine, aucune férocité. Dans l'ombre, à l'abri des regards, ils pleurent le disparu. Ils le pleurent sans verser de larme.

    Tel est l'ordre des choses. Des siècles et des siècles de conditionnement a rendu ce rituel presque instinctif chez eux. Et peut-être même qu'au fond, dans un recoin de leur esprit, ils se souviennent de l'origine de ce geste immonde. Est-ce pour autant une marque de cruauté ? Pas de leur point de vue. Ils font ce qu'ils ont toujours fait, en sachant qu'ils vont le regretter. Ils ne sont pas en mesure de raisonner, ils ne sont pas en mesure de réfléchir plus loin que cela. Après tout, ils ne sont que des Pokémon sauvages. Mais même dans cette sauvagerie, même dans cette attitude archaïque et violente, existe dans le coeur des Pokémon assassin une parcelle d'humanité, une lueur d'amour et de pitié, que pour une raison encore inconnue aucun d'entre eux ne semble vouloir assumer."

            - Lyndia Dukos, "Etude des effets de la Lune sur les Pokémon Ténèbres" 6:3 - Les rites incompris.




Oui, dans un moment pareil, Athéna lui fait penser à un Scalpion. Un Scalpion qui aurait perdu sa meute après avoir malgré tout subi les affres et les épreuves que lui intiment son espèce. La violence est son monde. Il a toujours été mis à l'épreuve. Et le voilà seul, abandonné, livré à lui-même. Comment alors peut-il espérer trouver le repos, calmer ses ardeurs, à moins qu'il n'ait la chance de se faire capturer par un dresseur à peu près honorable?

Cette noirceur qui lui avait fait prendre peur et qui avait mis son esprit en pilote automatique, vu de haut, se révélait en vérité minime comparé au potentiel de bonté que représentait Athéna. Et Lyndia se dit alors qu'elle se doit d'être le dresseur qui la remettra sur le droit chemin, qui l'aidera à chasser ces ténèbres et à redevenir une personne noble et digne de porter le titre d'être humain.

Elle avait réussi avec Athos après tout.

Un long silence passe sans qu'aucune des jeunes femmes ne rajoute un mot. Puis, Lyndia se relève. Dans un murmure elle demande à Athéna de l'attendre une seconde avant de se diriger vers le salon. Là, elle ramasse deux de ses Pokéball et ouvre la plus grande fenêtre. Dans l'air, elle appelle Nyx, son Trioxhydre. Une seconde plus tard, Athos est invoqué sur le dos du Dragon. Elle lui murmure quelque chose à l'oreille. Le Pokémon acquiesce, Lyndia referme la fenêtre, le duo disparait dans le ciel noir de Megapagopolis. Ils ont une course à faire, et la Reine Noire sait qu'ils la mèneront à bien.

En rentrant lentement dans la chambre où l'attend Athéna, Lyndia ne se rassied pas tout de suite. Ainsi debout, elle commence alors à lui répondre:


"Je..."
Sa gorge serrée lui fait étouffer son premier mot. "J'ai une question à te poser Athéna." Un temps. "Tu ne m'as peut-être pas tout dit. Tu as peut-être encore beaucoup de choses à me révéler. Mais peu importe l'étendu de ce qu'il te reste à m'avouer, peu importe les crimes ou les horreurs que tu penses avoir à me dévoiler, j'ai besoin de savoir une chose."

Elle s'approcha enfin, s'asseyant sur le lit, les pieds toujours au sol. Son oeil d'émeraude parvient à accrocher le regard paniqué de la jeune dresseuse.

"M'aimes-tu assez pour accepter que je t'aide à changer?"

Le terme était très mal choisi, bien sûr. Changer Athéna aurait impliqué que la jeune femme ne plaisait pas à Lyndia. Il aurait été plus judicieux de parler de "l'aider à chasser cette noirceur qui l'habite". Mais le poids de la discussion, le trouble de l'instant, et le peu d'aisance naturelle de la Reine Noire dans ce genre de discussions avaient troublé ses propos. A ce moment, tout ce qu'elle pouvait espérer, c'était que son message soit correctement passé, peu importe ses mauvais choix de vocabulaire.

~~~~~~





Dernière édition par Lyndia le Ven 4 Juil 2014 - 7:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Jeu 3 Juil 2014 - 19:02

Lyndia se leva.
Athéna hocha la tête sans pleinement comprendre ce que lui disait la rousse, ses yeux toujours rivés sur le couvre-lit. Dans un silence étouffant, la jeune Dresseuse pleura, sans bruit, résignée à son sort. Ses épaules tremblèrent et les mèches rebelles de son front tombèrent sur ses yeux, mais pas un seul son ne sortit de sa bouche, comme si elle avait appris à pleurer en silence.
Et tandis que les larmes coulaient sans retenue le long de ses joues, Athéna se demanda ce qu'allait devenir sa vie sans Lyndia. Désormais, plus personne ne serait là pour l'aimer, et être aimé en retour.




{ Des années plus tôt... }

Athéna a quatorze ans, et chaque conversation avec sa mère devient un peu plus gênante et plus pénible à mesure que le temps passe. Son père feint d'être à l'aise avec sa fille adolescente, même si la jeune blonde sent bien que son géniteur s'éloigne d'elle lentement mais surement.

De plus en plus souvent, la jeune fille est prise de terribles envies d'énerver sa mère en faisant des choses qui vont à l'encontre de tout ce qu'elle tient pour sacré. Des envies hideuses et sombres qui lui nouent l'estomac et qu'Athéna ne comprend pas, mais qu'elle ne sait pas apaiser non plus. Parfois, sa colère est telle qu'elle voudrait faire du mal à tout ceux qu'elle croise.

Elle sait que c'est mal. La colère et la haine sont pour les méchants et les ignorants, pas pour les honnêtes gens. Mère le lui rappelle chaque jour. Mère dit qu'elle sera bientôt une femme, et qu'elle devra faire honneur à sa famille. Quand Athéna lui parle de devenir Dresseuse, sa mère rit. Puis crie.

Parce que ce n'est qu'un rêve idiot, parce qu'Athéna peut faire bien plus que cela, parce que Mère a promis d'en faire autre chose.

Et quand Mère dit cela, Athéna ne sait pas quoi penser. Elle a le sentiment que sa mère cache quelque chose, et que le monde tourne sans elle, pendant qu'elle regarde l'agitation des vivants comme une poupée de porcelaine, éternellement immobile en haut d'une étagère poussiéreuse.

Mais à son âge, c'est si difficile de rester spectatrice. Elle se surprend à se rebeller contre sa mère, à refuser de donner exactement la bonne réponse au bon moment. Elle commence à vouloir être quelqu'un (même si elle ne sait pas très bien qui, exactement), et elle veut montrer cette personne qu'elle pense être à sa mère.

Mais Mère se fiche de qui Athéna pense être : elle n'a d'yeux que pour la personne qu'Athéna doit être.

Alors oui, Athéna se bat, Athéna répond et boude et claque les portes et énerve sa mère pour qu'elle sache ce que ça fait, pour qu'elle la laisse enfin respirer un peu!

Mais aussitôt la jeune fille regrette, parce qu'elle a peur des punitions qui l'attendent, mais surtout parce qu'elle aimerait vraiment que sa mère soit fière d'elle.

Elle voudrait tellement être aimée...

Pas seulement parce qu'elle est polie, habillée et coiffée comme il le faut, parce qu'elle sourit aux voisins qu'elle n'aime pas ou parce qu'elle s'intéresse à des sujets jugés convenables qui, en vérité, l'ennuient profondément.

Elle voudrait être aimée parce qu'elle est sa fille, et parce que cela suffit.

Mais les années passent, et Athéna finit par admettre que cela ne suffira jamais.



{ Présent }

Lyndia se tenait debout à côté du lit, et Athéna serra les dents pour se préparer au coup de poing que ne manquerait pas de lui décocher son amante. Enfin, ex, maintenant.

Parce que si ce n'était pas pour la frapper, pourquoi Lyndia était-elle encore dans l'appartement de la blonde?

La rousse murmura son prénom, et Athéna ne comprit pas pourquoi elle n'entendait ni haine ni dégout dans la voix de Lyndia. Timidement, la jeune femme redressa la tête. Le poids de Lyndia affaissa le matelas et Athéna s'accrocha aux couvertures à deux mains, comme une naufragée dans la tempête. Un couinement apeuré lui échappa.

Aucun coup ne tomba. Mais l'ultime question de Lyndia frappa tout de même Athéna de plein fouet : elle écarquilla les yeux, et serra les poings jusqu'à ce que ses phalanges craquent bruyamment sous la pression et que ses ongles accrochent les couvertures et tirent les fils du couvre-lit ; ses dents grincèrent, et tout son visage se froissa et pâlit comme les draps sous ses paumes moites.

Un long gémissement de douleur, de tristesse, d'incrédulité et d'espoir mêlés s'éleva du fond de sa gorge et mourut aussitôt, rattrapé par un sanglot, puis un autre, puis une marée de larmes qu'Athéna cacha dans le creux de son épaule comme un oisillon effrayé cache son bec sous son aile.

Arceus se moquait-il d'elle une dernière fois, une dernière hallucination, le dernier espoir avant de sombrer complétement dans les abysses de la folie? Lyndia était-elle vraiment là? Voulait-elle réellement l'aider?

Athéna, roulée en boule contre la tête de lit, méconnaissable dans son rictus de peine, jeta un regard exorbité et fiévreux sur Lyndia. Elle était toujours là.

Toujours inquiète pour Athéna.

Qui était donc cette femme, cette déesse d'amour et de compassion qui voulait l'aider, elle, la créature repoussante et sans âme?

La jeune Dresseuse aurait voulu répondre de vive voix. Elle aurait voulu lui dire "Oui, je t'aime, plus que tout, plus que ma propre vie! Pitié, pardonne-moi!", elle aurait voulu la serrer dans ses bras et poser son front rougi par la honte sur ses genoux blancs, mais la culpabilité la cloua sur place. Lyndia lui offrait une lueur d'espoir, mais cela ne lui donnait pas le droit de la toucher avec sa sueur et ses larmes et sa crasse infecte de coupable.

Athéna hocha légèrement la tête de haut en bas, son regard furibond croisant à peine celui de l'ex-Championne. Petit à petit le mouvement de sa tête sembla entrainer tout son corps jusqu'alors tendu à l’extrême, et bientôt la frêle jeune femme oscilla d'avant en arrière en reniflant, les mains toujours agrippées au couvre-lit comme à une bouée de sauvetage.

Après une longue minute de cette confirmation silencieuse, Athéna se mit à murmurer une litanie presque inaudible entre deux sanglots, mais qui parvint tout de même aux oreilles de Lyndia :


"Pardon... pardon... pardon..."

~~~~~~



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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Jeu 3 Juil 2014 - 20:03


La vue d'une Athéna dévastée, s'effondrant littéralement sur ses propres fondations, fendit le cœur de Lyndia qui eut du mal à ne pas à son tour laisser échapper une larme. Mais face à ce malheureux spectacle, l'ex-Championne vit autre chose. Quelque chose qui l'emplit de joie.

Elle était là. Elle était là, comme elle le pensait, la preuve dont elle avait besoin pour aider Athéna. Le pilier de sa théorie quant au potentiel malaise de la dresseuse. Ces excuses, cette peur, cette panique, ces larmes... Si Athéna avait réellement été le monstre qu'elle prétendait être, pourquoi aurait-elle réagi ainsi ? Si sous cette carapace froide et cruelle ne se cachait pas une âme d'enfant qui ne demandait qu'à sortir, qu'à aimer, qu'à s'exprimer, comment aurait-elle pu fondre de la sorte face à la Reine Noire ? Hors de question de garder cette bonne nouvelle pour elle. Si la jeune femme prenait conscience de ce fait, si elle pouvait voir ce que voyait Lyndia, alors la muraille l'empêchant d'atteindre son salut s'effriterait de nouveau un peu plus.

La rousse s'approcha lentement, comme pour ne pas l'effrayer, et posa délicatement sa main sur celle de son amante avant d'approcher son visage du sien et de plonger son œil vert dans le regard affolé de la dresseuse.

"J'ai connu Sebastian. J'ai connu Solem. J'ai connu la Team Plasma et aujourd'hui la Team Zodiac. J'ai connu ces monstres, ces créatures que tu me décris. Je les sens, je les reconnais, je les repère. Et tu n'es pas l'un d'eux. Jamais un monstre ne se serait ouvert aussi sincèrement. Jamais un monstre ne serait capable d'aimer. Et je ne me serais jamais révélée à un monstre."

Elle voulut l'embrasser. Mais comme pour ne pas brusquer les choses, elle se contenta de déposer un doux baiser sur le front d'Athéna et de reprendre, un sourire aux lèvres :

"Tu vois ? Tu vas déjà mieux, et je n'ai fait que m'asseoir ici. N'est-ce pas la preuve que je peux  t'aider ?"

La plaisanterie était plus sincère qu'il n'y paraissait. Lyndia y croyait réellement. Il restait beaucoup à dire, bien sûr. Athéna n'avait pas achevé son récit et il de vastes zones d'ombre dans son discours obstruaient encore la parfaite compréhension de la Reine Noire sur une partie de son existence. Mais elle ne forcerait pas son amante à tout traverser ce soir là. C'était un pas de géant qu'elle lui demandait, un pas qu'il était fou d'essayer de franchir d'un seul coup.

"Tu en as déjà beaucoup fait. Si tu veux continuer de me parler, fais-le. Mais si tu veux te reposer, si tu veux attendre un peu pour reprendre cette conversation, je comprendrais."
La main posée sur celle de la dresseuse se resserra autour de ses doigts fins. "Quel que soit le moment, je serai là pour toi."

~~~~~~



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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Dim 6 Juil 2014 - 19:58


La main de Lyndia contre le poing serré d'Athéna était douce et froide. Et malgré tout ses efforts, la jeune Dresseuse ne comprenait pas ce qu'elle faisait encore là.

Par Arceus et tout les Légendaires, elle venait d'avouer un meurtre. Pourquoi Lyndia n'était-elle pas en train de fuir ou d'appeler la Police?

Athéna fixa cette main pâle et fraîche qui caressait la sienne. Lentement, la blonde desserra ses jointures engourdies et tourna la paume vers le ciel. Quatre entailles rouges en demi-lune barraient le creux de sa main, mais elle ne sentait même plus la douleur, tant elle était obnubilée par le contact physique et bien réel avec l'ex-Championne.

Suivant sa jumelle, l'autre main de la Dresseuse lâcha le couvre-lit qu'elle étouffait depuis une dizaine de minutes, et s'en alla gratter le mollet droit, celui qui n'avait pas encore était râpé jusqu'au sang. Machinalement, la blonde se mit à frotter la cicatrice de sa fracture du péroné. Fracture infligée par Solem quelques mois auparavant.

Athéna leva un menton tremblant vers Lyndia. Hésitante et flirtant dangereusement avec l'apoplexie, la blonde ouvrit la bouche plusieurs fois sans réussir à émettre un son. Après avoir déglutit, s'être raclé la gorge, puis avoir prononcé un vilain coassement en guise de verbe, elle renonça.

Incapable de parler, elle attrapa la main de Lyndia avec les maigres forces qu'il lui restait et la tira vers le lit, à côté d'elle, comme pour lui signifier que pour le moment, elle voulait simplement être près de son amante et oublier, l'espace d'un instant, sa terreur.

Lyndia se laissa faire et vint s'asseoir à droite d'Athéna, le torse tourné vers la jeune Dresseuse. Cette dernière resta résolument enroulée sur elle-même comme une bête blessée, mais ne lâcha pas la main de l'ex-Championne.


Le soleil se levait à l'horizon. Sous la lumière grise du matin, Athéna paraissait encore plus pâle et cernée. Ses longs cheveux tombaient en mèches humides de sueur le long de ses tempes, mais ne suffisaient pas à couvrir son visage ou ses yeux rougis par les larmes. La jeune femme, minuscule au milieu du grand lit, écouta un Pokémon oiseau briser le silence comme tout les matins, imperturbable dans sa routine, tandis qu'à quelques mètres de lui, derrière la fenêtre, Athéna venait de révéler son plus grand secret, mettant sans doute sa vie en jeu.

Alors que la panique menaçait de s'emparer encore du cœur de la jeune Dresseuse, celle-ci posa les yeux sur le visage souriant de Lyndia. La blonde retrouva son calme. Lyndia n'avait pas pris la fuite. Lyndia ne voulait pas la punir. Du moins pas pour l'instant. Car cela viendrait. Inévitablement.

Athéna épongea son visage d'un revers de main. Le simple fait de relever la tête pour observer l’œil inquiet de son amante lui coutait beaucoup de forces. Les raideurs dans sa nuque et dans son dos qu'elle avait ignoré jusqu'ici s'étaient décuplées, et avaient amené quelques connaissances. Soudainement les clignements d'yeux d'Athéna se firent long et lourds. La blonde se frotta l'arrête du nez et soupira.


"Est-ce que..."

Sa voix était rauque et faible. Elle se racla la gorge et baissa piteusement les yeux sur leurs mains entrelacées.

"Est-ce que je peux dormir un peu... avec toi?" demanda-t-elle dans un murmure.

Lyndia hocha positivement la tête avec un sourire tendre. Athéna lui répondit par un sourire épuisé, et s'approcha lentement de son amante, comme si elle s'attendait à ce que la rousse change brutalement d'avis et la jette hors du lit avec dégoût. Tout doucement, la Dresseuse s'allongea à côté de l'ex-Championne, et posa délicatement sa tête sur la cuisse de Lyndia. Elle hésita un instant avant de finalement poser sa main sur le genou de la rousse.

La dernière chose à laquelle Athéna pensa avant de s'endormir (ce qui ne prit que trois minutes), fut de s'imaginer combien d'heures il faudrait au cerveau de Lyndia pour enfin comprendre tout ce qu'avait dit le jeune blonde, et combien de secondes suffirait à l'ex-Championne pour que celle-ci se rhabille, passe la porte d'entrée de l'appartement et appelle la Police. Ou la Ligue.

Athéna s'endormit les sourcils froncés, la main crispée sur le genou de Lyndia. Si cela devait être ses derniers instants de répit avant d'être jugée pour ses crimes, alors la jeune Dresseuse s'estimait chanceuse de pouvoir les passer auprès de la femme qu'elle aimait.



/////////////////


Athéna se réveilla en sursaut, se redressant vivement dans son lit. Aussitôt elle porta la main à son cou douloureux. Elle avait dû s'endormir dans une mauvaise position. A la réflexion, tout son corps était engourdi... elle avait l'impression d'avoir les muscles en yaourt et un hérisson en colère à la place de la cervelle. Comme une mauvaise gueule de bois. Elle n'avait pourtant pas le souvenir d'avoir bu la veille... elle n'avait aucun souvenir de la veille, en y réfléchissant!

La blonde bascula sur le côté et posa les pieds au sol. Par la fenêtre, elle pouvait voir le ciel bleu sombre traversé par quelques nuages roses éclairés par le soleil couchant. Elle avait donc dormi toute la journée?

Elle passa une main sur son visage et inspira à fond. Quelle était la dernière chose dont elle se souvenait?...

Et tout à coup, cela lui revint. Athéna se plia en deux, frappée par l'horreur de ses souvenirs.


"Oh non... non, non, non..." gémit-elle en portant les mains à son visage. Les larmes qu'elle tenta de retenir glissèrent tout de même à travers ses doigts serrés. Au bout d'un moment, comme pour éteindre la microscopique lueur d'espoir au fond de son cœur qui continuait à la tirailler, elle serra les dents et observa sa chambre pour confirmer ce qu'elle savait déjà d'instinct : elle était seule.
Lyndia l'avait abandonné après sa confession, comme n'importe qui sain d'esprit l'aurait fait après avoir entendu les crimes d'Athéna. C'était un miracle que personne ne soit venu pour l'escorter jusqu'au commissariat le plus proche. Lyndia était naturellement si généreuse qu'elle lui laissait une chance de partir, et de changer une nouvelle fois d'identité.

Mais cette fois-ci, Athéna n'était pas certaine d'en avoir la force. A quoi bon avoir une nouvelle vie, si c'était pour la vivre sans Lyndia?

Vidée, la blonde poussa un long soupir, et se leva malgré les protestations de ses muscles ramollis. Ses muscles pouvaient râler autant qu'ils le voulaient, ils n'étaient pas aussi dérangeants que sa vessie pleine. Elle se traina jusqu'à la porte de sa chambre, et l'ouvrit sans conviction, les yeux baissés et les épaules voutées : une représentation en chair et en os de la défaite.

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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Dim 6 Juil 2014 - 20:34


A la seconde où Athéna ouvrit la porte de sa chambre, Lyndia apparut en face d'elle, se redressant vivement, un sourire rassuré aux lèvres. Elle portait un simple jean noir et des bottines à talons larges de la même couleur, ainsi que son habituel pull à col roulé sans manches violet sombre. De toute évidence, elle était jusqu'à présent restée assise sur le canapé de la dresseuse. Sur la table, une petite pile de feuilles de papier griffonnées et une série de stylos vides trahissaient l'activité littéraire dont s'était délectée la Reine Noire pendant la journée. La rousse s'élança vers son amante et la prit dans ses bras en poussant un soupir de soulagement. Puis elle se rappela des circonstances et s'éloigna d'un coup, comme pour la laisser respirer.

"Hem... Excuse-moi. Pardon." commença-t-elle vivement "Tu dois être un peu affamée. Je... Je ne savais pas à quelle heure tu te réveillerais donc je ne t'ai rien préparé mais tu veux du café ? Ou un chocolat chaud, quelque chose ? Je ne suis pas chez moi, certes, mais je peux prendre soin de toi tout de même, non ?"

Lyndia se griffait nerveusement le creux des mains en plissant les yeux, gênée par la situation. Elle craignait vraiment d'effrayer sa compagne qui risquait de ne pas comprendre grand chose à ce qu'il se passait. La façon de répondre d'Athéna confirma cette intuition. Face à cette attitude incrédule, la Reine noire se passa la main dans les cheveux, prit une profonde inspiration et se mit en tête de raconter à Athéna ce qu'il s'était passé pendant son sommeil.

Rien d'exceptionnel en soi. Elle était juste rentrée chez elle prendre de quoi écrire, elle avait un peu mangé et prit quelque douches.

Enfin, deux douches et six repas, quoi.


"Tu as dormi plus de quarante-huit heure, Athéna. Je t'avoue que je commençais à m'inquiéter."
Sentant qu'elle aurait besoin d'étayer son explication, elle ajouta : "Viens."

Saisissant alors la main de la dresseuse, Lyndia la ramena vers la chambre et lui pointa du doigt la table de nuit. Dessus était posée une immense plume rose teintée de reflets or et vert. Elle semblait légèrement briller dans l'obscurité de ce coin de la pièce. En tout points, elle était absolument magnifique.

"Tu m'as dit subir de nombreux cauchemars ces dernières semaines. J'ai pensé que tu en aurais plus besoin que moi. J'ai donc envoyé Athos et Nyx la chercher à mon appartement le soir où on a discuté. C'est une Lun'Aile."

Une Lun'Aile. Un artefact rare et terriblement onéreux, une relique de Cresselia, réputée pour assurer à son détenteur des nuits parfaites, vides de toute peur et de tout cauchemar. Un objet rendu d'autant plus inestimable qu'il représentait, dans la situation présente, le salut total de la santé mentale d'Athéna. Comment Lyndia avait-elle mis la main sur un tel trésor ? Au cours de ses nombreux voyages. On ne passe pas dix ans à étudier Darkrai et ses pouvoirs et à se baigner dans les dangers du type Ténèbres sans prendre quelques précautions. Cette merveille, une fois en sa possession, était restée au fond d'un coffre bien caché de ses différentes demeures. Même quand elle avait commencé à ne plus penser à Darkrai, elle savait presque instinctivement que cette plume lui serait utile un jour.

Jamais elle n'aurait pu penser qu'elle l'utiliserait de cette façon.

Fronçant les sourcils, elle posa délicatement une main sur l'épaule d'Athéna, qui semblait avoir encore du mal à réaliser ce qu'il se passait.


"Tu... Comment te sens-tu ? Tu as besoin de quelque chose ?"

Une voix dans un coin de la tête de Lyndia lui sommait de se taire, de laisser du temps à Athéna pour enregistrer ce qu'il se passait autour d'elle. La laisser respirer, lui donner du temps. Sa voix habituelle. Celle qui faisait d'elle une femme discrète, posée et réfléchie en toutes circonstances ou presque. Malgré tout, l'inquiétude presque viscérale que ressentait l'ex-Championne ne lui octroya pas pareille patience. En poussant un soupir elle resserra très légèrement l'étreinte de sa main fraîche sur l'épaule brûlante de la jeune dresseuse. Lyndia ne voyait pas le visage épuisé, les mèches effilées et rendues un peu sales par le temps passé sans shampoing. Elle ne voyait que les yeux verts de son amante, débarrassées de leurs cernes et ses joues et ses lèvres auxquelles on avait rendue leurs couleurs rosées.

Ce simple constat rassura juste assez la Reine Noire pour qu'elle parvienne à se taire quelques secondes sans recouvrir Athéna d'une question supplémentaire à laquelle elle n'aurait pas le temps de répondre.

Il était impossible de savoir ce qu'il se passait dans son esprit. Mais physiquement, la différence était flagrante : elle allait mieux.

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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Dim 6 Juil 2014 - 21:52


Dans la multitude de scénarios déprimants, catastrophiques et malsains que s'était imaginé Athéna, aucun d'eux ne contenait Lyndia. Il était absolument impossible que la rousse décide, en son âme et conscience, de rester chez Athéna.

La trouver assise dans son canapé fut donc un choc. Un choc assez titanesque pour rendre la jeune blonde muette, bras ballants, l'air complétement ahuri et la bouche ouverte. Si elle n'avait pas eu une journée entière de repos, elle se serait sans doute évanouie en sentant les bras de Lyndia lui entourer les épaules, concrétisant sa présence dans l'esprit brumeux d'Athéna.

Et puis Lyndia se mit à parler, beaucoup trop vite pour qu'Athéna la comprenne, d'ailleurs. La blonde se contenta de la fixer comme si son amante venait de se teindre les cheveux en rose à pois verts.

Athéna cligna des yeux plusieurs fois, et passa une main dans ses cheveux déjà complétement emmêlés. Elle remarqua une trace de drap sur son avant-bras. Et les petites entailles dans ses paumes étaient cicatrisées, ce qu'elle trouva étrange mais réconfortant.

Lyndia inspira bruyamment, et Athéna se décida à l'écouter pour de bon, au lieu de simplement la dévisager bêtement.

...

Quarante-huit heures? Deux jours et deux nuits?... Un mini coma en somme. Mh, ça expliquait la nuque un peu raide et la vessie pleine à craquer. Et la sensation de mollesse générale. Athéna écarquilla les yeux et suivit son amante comme un Caninos sous l'influence du canabis.

La Lun'Aile l'étonna. Elle haussa les sourcils, perplexe, incapable de trouver quoi dire devant la beauté de la plume qui brillait d'une faible lueur émeraude dans un coin de la pièce. Comment Lyndia avait pu obtenir quelque chose d'aussi rare la dépassait complétement, mais ne la surprenait pas de la part de l'ex-Championne. A bien des égards, Lyndia était une véritable héroïne, pleine de ressources et de courage, qu'elle l'admette ou non.

Si la Lun'Aile l'étonna, si sa présence l'impressionna, si le fait que Lyndia lui ait donné pour lui permettre de dormir sans cauchemarder la toucha, ce furent les paroles de la rousse qui lui mirent les larmes aux yeux : elle avait fait cherché la plume "le soir où elles avaient discuté"... autrement dit, quelques minutes après la confession d'Athéna, et avant que celle-ci n'accepte l'aide de Lyndia.

Athéna ferma les yeux avant que les larmes ne coulent, et sourit d'un sourire immense et radieux. Dans son dos, Lyndia lui posa la main sur l'épaule, le ton de sa voix trahissant son inquiétude. La jeune Dresseuse se tourna et lui sourit, avant de répondre avec embarras :


"Ça va. Je me sens... un peu déboussolée."
"Mais en meilleure forme!" ajouta-t-elle aussitôt pour rassurer son amante.

A vrai dire, la jeune blonde rêvait de se jeter dans les bras de Lyndia, mais maintenant qu'elle savait qu'elle portait le même pyjama depuis plus de quarante-huit heures, elle était terriblement mal à l'aise. Difficile de parler sérieusement avec l'ex-Championne quand elle ne pensait qu'à son haleine et aux couches de sueur séchées sur sa peau. Beurk.


"Je vais prendre une douche, si ça ne t'ennuie pas. Mais je reviens. Vite."
déclara-t-elle d'une manière saccadée et nerveuse.

Athéna décocha un sourire gêné à son amante, amorça un pas en direction de la salle de bain mais se retourna aussitôt.


"Tu... tu restes? Ici, je veux dire?"
Sa voix tremblota et elle plissa inconsciemment les yeux comme quelqu'un qui se prépare à recevoir un coup.

Lyndia hocha la tête, presque surprise par l'apparente absurdité de la question.

Athéna lui sourit de nouveau, et pivota sur ses talons. Elle se rua dans la salle de bain et tomba nez-à-nez avec son reflet dans le miroir au dessus du lavabo. Elle ne ressemblait plus à un cadavre fraichement déterré. Seulement à une jeune femme qui se serait laissé aller pendant un long week-end.
Elle prit une douche aussi rapide que possible compte tenu du gommage, des deux shampooings, de l'après-shampooing, et du séchage de cheveux que constituaient sa routine. Elle jeta son pyjama dans une corbeille à linge sale avec dédain, et s'enroula dans un peignoir.

En sortant de la salle de bain, elle croisa Lyndia, assise dans le canapé, un livre sur les genoux. La rousse leva les yeux, et Athéna lui fit un petit signe de la main avant de rentrer dans sa chambre en quête de vêtements propres. Des sous-vêtements, un jeans bleu sombre et un débardeur blanc trouvèrent grâce à ses yeux, et la blonde ressortit de sa chambre habillée, parfumée, coiffée, et reposée. Elle avait une mine radieuse et souriait assez niaisement.

Elle s'approcha de Lyndia, mais plutôt que de s'asseoir près d'elle, la jeune femme s'agenouilla aux pieds de l'ex-Championne et posa sa joue contre le genou de la rousse. Elle leva les yeux vers son amante et déposa une main sur l'assise du canapé, l'autre sur le tibia de Lyndia.


"Merci." dit-elle simplement avec un sourire plus sobre que les précédents.
"Pour tout. Pour la Lun'Aile, pour m'avoir veillé, pour être restée... Pour tout." ajouta-t-elle après réflexion, ressentant le besoin de clarifier sa pensée. Elle inclina humblement la tête et resserra son étreinte sur la jambe de Lyndia. Elle aurait pu dire bien des choses encore, mais l'émotion lui serrait la gorge. Elle attendit, atrocement consciente de sa vulnérabilité, que Lyndia prenne la parole...

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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Dim 6 Juil 2014 - 22:20

Les réponses d'Athéna étaient assez claires pour rassurer Lyndia, mais trop calmes pour ne pas éveiller chez elle une relative inquiétude. La Reine Noire n'y connaissait pas grand chose en comportements humains, mais elle se serait attendu à plus de surprise de la part de son amante. Puis elle se rappela de qui elle était, de comment la dresseuse, par le passé, avait géré sa colère, ses craintes, ses angoisses et même ses joies. Et cette pensée acheva de la calmer. Avec un sourire elle acquiesça à ce que lui disait la blonde et retourna s'asseoir dans le canapé du salon pour reprendre ses écrits en attendant qu'Athéna ne la rejoigne.

Ou du moins essayer. Le fait de savoir qu'Athéna était désormais éveillée la déconcentrait grandement. Lyndia était habituée à travailler seule, dans le calme, dans un fauteuil où personne ne la dérangerait, ou alors dans la nature, sur le terrain. Mais personne n'avait jusqu'à présent pu poser ses yeux sur ses ébauches, ses recherches et ses thèses. Aussi quand elle envisagea de reprendre son travail, elle réalisa rapidement que ce serait en vain. Qu'importe. La bibliothèque d'Athéna était assez fournie pour la satisfaire et elle avait, la veille, trouvé un petit livre pourtant réputé qui faisait partie de ses lacunes et l'avait commencé.

Alors qu'elle avait repris sa lecture, Athéna passa dans le salon, guillerette, clairement plus souriante et clairement plus rayonnante que quelques jours plus tôt. Un pan de peignoir dévoila, dans un mouvement, une jambe de la blonde. Ce qui ne manqua pas d’émoustiller l'imagination florissante de la Reine Noire qui se détendait totalement du fait de l'aisance remarquable dont jouissais désormais sa compagne. A son grand dam, la jeune femme disparut dans sa chambre pour aller s'habiller. Lyndia s'humecta les lèvres et replongea dans son livre avec un sourire béat.

La dresseuse revint cependant rapidement et s'installa à même le sol, aux genoux de la rousse qui haussa un sourcil face à cette entreprise inhabituelle de la part d'Athéna. Elle sourit en entendant les remerciements de cette dernière et se pencha en avant, approchant son visage du sien, avant de lui murmurer :
"Tu n'as pas à me remercier." et de l'embrasser tendrement, sur les lèvres cette fois, n'ayant désormais plus peur de l'effrayer.

"Je t'aime" susurra-t-elle enfin. Elle avait l'impression de ne lui avoir pas fait ce genre de déclaration, aussi claire, net, détendue et libérée de tout poids et de toute inquiétude, depuis une éternité.

Une pensée traversa l'esprit de Lyndia qui se redressa en souriant. En refermant le livre avant de le poser sur la table, elle commença :


"Je voulais te parler de quelque chose. Je sais que tu es un peu fatiguée et je pourrais comprendre que tu veuilles attendre un moment, donc dis-moi si cela te gêne. La Ligue m'a demandé d'aller inspecter quelque chose à l'arène d'Esperantown. Je me disais... ça te dirait de venir ? Ce serait peut-être l'occasion pour toi d'affronter le Champion de la ville pour ton prochain badge, qu'en dis-tu ?"


En élargissant son sourire la Reine Noire ajouta :

" Et je serais ravie d'assister à ce combat et de t’encourager depuis les gradins."

Du peu qu'elle avait vu son Pandespiègle (enfin, son Pandarbare maintenant) se battre, Lyndia se disait que si le reste de ses Pokémon en était à ce stade, il était temps pour son amante d'affronter la quatrième arène. En vérité, il y avait même une intention sous-jacente à cette proposition, mais elle n'avait pas l'intention de lui en parler. Ou du moins pas tout de suite.

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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Jeu 10 Juil 2014 - 20:33


Athéna haussa comiquement les sourcils quand Lyndia l'embrassa. Mais cela ne dura pas, car une fois la surprise passée, la blonde répondit avec enthousiasme au baiser de l'ex-Championne.

La jeune Dresseuse ne savait pas quoi penser des réactions de son amante. Elle s'était attendue au rejet, au dégoût, à la colère et même à la peur. Mais elle ne se serait jamais accordé une seule lueur d'espoir ; elle n'avait pas imaginé une seule seconde que Lyndia reste avec elle, et plus fou encore : qu'elle l'aide.

Elle était donc surprise par ce baiser, mais elle s'y accrochait goulument, comme si Lyndia pouvait changer d'avis à tout instant. Et malheureusement, Athéna savait que cela était encore possible... car elle n'avait pas tout dit à la rousse.

Mais pour le moment Athéna souriait, béate, en écoutant Lyndia lui déclarer son amour. La blonde soupira de contentement contre la cuisse de son amante et se cramponna derechef à son pantalon. L'espace d'un instant, Athéna ferma les yeux, la tête vide de ses habituelles pensées lugubres.

Jusqu'à ce que Lyndia se redresse. Athéna releva la tête en clignant des yeux, curieuse. Ayant déjà un peu mal aux genoux dans sa position, elle préféra s'asseoir dans le canapé, le dos contre l'accoudoir, face à Lyndia. Elle ramena ses jambes sous elle, en tailleur, en pencha inconsciemment la tête sur le côté.

A la simple évocation d'Esperantown, Athéna perdit son sourire. Au mot "Badge", sa paupière droite eut un sursaut nerveux. Et quand Lyndia lui proposa d'être présente pendant le combat, le cœur d'Athéna s'affola au point que la blonde se demanda si son amante n'allait pas l'entendre cogner contre ses côtes.

Athéna pensa d'abord qu'elle n'avait pas envie de revoir Esperantown. Se rendre au restaurant de Sebastian avait été épuisant psychiquement, et pourtant elle n'avait pas eu à traverser le centre-ville. Pour se rendre à l'Arène, ce serait inévitable, et la blonde redoutait ses propres réactions. Et si elle était prise d'une crise de panique? Et si elle était malade? Elle allait tout simplement se ridiculiser devant Lyndia et être incapable d'affronter le Champion dans cet état.

Si par miracle la jeune femme réussissait à atteindre l'Arène s'en avoir une hallucination de Mewtwo en chemin, elle allait devoir combattre. A l'exception de la capture récente de son Haydaim, Athéna n'avait pas combattu depuis que la maison de ses parents avait été attaquée par un Zodiac, et qu'elle s'était faite explosé deux côtes et la totalité de son égo contre un mur de béton. Elle n'avait pas combattu depuis que Ladon, évolué en Incisache, avait tranché la gorge d'un Elecsprint non pas par accident, mais bien par plaisir. Depuis, Athéna n'avait pas défié un seul Dresseur, et n'avait sorti Ladon de sa Ball que pour le nourrir.
La jeune femme n'était pas certaine d'avoir la force de livrer un combat en Arène. Malgré le format clos, officiel et encadré d'un combat de la Ligue, Athéna tremblait de peur à l'idée d'être la proie sans défense d'un autre fou, ou de laisser s'échapper Ladon, et d'être incapable de l'arrêter... ou pire, de ne pas vouloir l'arrêter.

A cet instant, Athéna ne se faisait pas confiance. Elle ne pouvait pas compter sur la part la plus douce de sa personnalité, qui pouvait s'évanouir pour peu de choses ou prendre ses jambes à son cou avant même d'avoir ouvert la porte de l'Arène. Mais elle ne pouvait pas non plus écouter la Créature qui vivait tapie dans l'ombre, à l'arrière de son crâne et dans les recoins de son cœur, et qui rirait aux éclats en envoyant Ladon faire un massacre dans l'Arène, et pourquoi pas dans les rues de la ville aussi...

Pétrifiée, Athéna bredouilla une réponse qui lui permit de ne pas mentir à Lyndia (elle avait juré!), mais qui ne l'obligeait pas à révéler ses derniers... "accidents de parcours".


"Et bien, euh, oui, c'est vrai qu'il faut que je pense au B--Badge... Mais je devrais peut-être m'entrainer avec mon n--nouveau Pokémon, avant de tenter l'Arène?" dit-elle avec un mince sourire et en se massant le mollet. La cicatrice sur sa jambe droite la démangeait souvent.

Puis, sentant qu'elle avait dévié la conversation, elle en profita pour changer complétement de sujet et poser une question à Lyndia. Certes, l'intérêt était d'attirer l'attention de l'ex-Championne sur autre chose, mais la blonde était aussi réellement curieuse à ce sujet.

"Comment se fait-il que la Ligue te demande encore de travailler pour eux? Et ta démission alors?" demanda-t-elle en haussant un sourcil. Elle en voulait presque aux autres membres du Conseil des Quatre d'embêter Lyndia alors que celle-ci avait quitté son poste. La rousse était sensée avoir du temps libre maintenant... et le passer avec Athéna, par exemple.

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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Jeu 10 Juil 2014 - 20:57


Athéna ne parvint pas à dissimuler son malaise face à la question de Lyndia. Ce qui suffit à mettre l'ex-Championne elle-même dans une position délicate. Mais avant que la rousse ne se trompe en formulant des excuses qui n'avaient pas lieu d'être, la jeune dresseuse parvint à bégayer quelques mots qui trahirent ses angoisses réelles. La Reine Noire sourit et attendit que sa compagne ait fini de paniquer (et au passage d'essayer de changer de sujet), puis quitta le canapé pour s'agenouiller devant elle. Après une profonde inspiration elle sentit qu'il était temps pour elle de s'élancer dans ce dans quoi elle était le plus malhabile : un discours d'encouragement adapté.

"Tu... Tu as le droit d'être fatiguée, de ne pas avoir envie de ça tout de suite. Je pourrais le comprendre et si tu veux attendre quelques jours je respecterai ton choix. Mais tu n'as rien à craindre. J'ai vu le Haydaim que tu as capturé. J'ai vu l'aisance que tu commences à avoir en combat. Tu n'es plus la jeune fille timide et craintive que tu étais quand nous nous sommes rencontrée. Déjà à l'époque tu étais brillante. Mais depuis, tu as acquis des... des réflexes, des... des attitudes de dresseur expérimenté. Tu es parfaitement capable de mener ce défi, crois moi. Au reste... "
elle déglutit. Elle sentit qu'elle commençait à se perdre et voulut faire de son mieux pour bien choisir ses mots. Son but n'était pas de braquer Athéna, bien au contraire.

"...même si nous n'étions pas ensemble ce jour là, j'ai vu ce qu'il s'est passé avec Lugia. Et tu m'as raconté pour Mewtwo. Je peux comprendre qu'aller à Esperantown ne t'enchante pas. Mais la ville a changé, vraiment. Tu ne t'en es pas rendue compte au Circus mais les travaux l'ont rendue méconnaissables depuis la dernière fois. Tu sais... je... comment dire... je ne veux pas être là pour te juger ou pour te mettre la pression. Je veux être là pour te soutenir. Pour t'encourager. Je veux être là pour t'aider à vaincre ce vieux démon que cet endroit t'a infligé."
Elle sourit en plissant les yeux, mimant presque une moue faussement boudeuse : " Ne t'ai-je pas promis de t'aider à aller mieux ?"

Elle ponctua son monologue par un sourire encourageant avant de saisir les mains de sa bien aimée et d'y déposer un baiser tendre.

"Nous irons quand tu seras prête. Si ma présence t'angoisse, je te laisserai y aller seule. Mais crois-moi. Tu es plus forte que tu ne le penses."


Consciente qu'elle ne devrait pas insister sur le sujet afin de ne pas braquer ou vexer la dresseuse, et ayant de toutes façons dit ce qu'elle avait à dire, la Reine Noire se releva, se rassit sur le canapé et envisagea de lui répondre sur le sujet épineux de la Ligue. Il est vrai que le Volcan était un peu en ébullition (haha) depuis son départ. Le sms de Gabrielle à base de « si je veux te tuer comment ça se passe ? » qu'elle avait reçu le lendemain de sa démission en disait long sur ce qu'il s'y passait.


"En ce qui concerne la Ligue, il semblerait qu'ils aient quelques difficultés techniques et quelques lacunes humaines. Ma démission n'a clairement pas dû arranger les choses. Du coup j'ai accepté de les aider sur quelques missions mineures. Remplacer un champion ici ou là, assurer une desserte de la milice à un endroit, ce genre de chose. Mais je suis toujours totalement libre de refuser leurs demandes. Ce que je n'ai pas hésité à faire pour veiller sur toi ces deux derniers jours."
acheva-t-elle avec un petit rire moqueur dont elle ne se rendit même pas compte.

Elle s'était souvent sentit exploitée comme une équipière de fast-food au volcan. Le simple fait qu'elle y soit engagée comme Championne et qu'elle finisse presque par tenir le rôle du Maître en disait long sur la tendance des entreprises actuelles à sur-qualifier leurs employés. C'était triste.


"Mais ne t'en fais pas. J'ai beaucoup plus de temps pour moi désormais. Tu l'as bien vu." dit-elle en pointant d'un geste de tête la pile de papiers éparpillés sur la table. "Je passe le plus clair de mon temps à écrire maintenant."

Elle ne réalisa pas que ce genre de remarque risquait de donner envie à Athéna de lire les brouillons en question. Shit.

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MessageSujet: Re: The Rains of Megapagopolis [Terminé]   Ven 11 Juil 2014 - 13:24


Clairement, Athéna avait besoin de travailler ses expressions de visage. Lyndia avait vu venir sa tentative désespérée de changer de sujet comme un camion trente-huit tonnes plein phares sur une route déserte. Pourtant la Dresseuse savait mentir. Elle savait jouer la comédie. On ne manipule pas ses conquêtes amoureuses jusqu'au suicide sans un brin de savoir-faire, tout de même.

Mais avec Lyndia, tout était différent. Athéna ne voulait pas faire semblant avec son amante, elle n'avait ni l'envie ni le pouvoir de lui mentir. Avec Lyndia, pour la première fois, ses sentiments étaient vrais et sincères.

Parfois, cela l'effrayait, cette idée qu'elle soit transparente devant Lyndia, que chacune de ses émotions et de ses pensées passent sur son visage sans son accord. Qu'adviendrait-il si par malheur la rousse voyait un jour le vice et la cruauté se refléter dans les yeux d'Athéna?


Lyndia imita la précédente position de la blonde au pied du canapé. Gênée, Athéna se cacha sous ses mèches rebelles pour échapper au regard scrutateur de l'ex-Championne. Les compliments de la rousse sur les qualités de Dresseuse d'Athéna lui arrachèrent un sourire timide. Lyndia faisait de son mieux pour l'encourager, et cela fonctionnait. Pour le reste de son discours, Lyndia se focalisa sur Esperantown, et Athéna n'eut pas le courage d'avouer que revoir la ville n'était pas le plus gros du problème. La simple idée de combattre était bien plus effrayante, mais la blonde se contenta de hocher positivement la tête derrière ses mèches et de forcer un sourire sur ses lèvres.

Une fois l'ex-Championne de nouveau installée confortablement à l'autre bout du canapé, Athéna retrouva un peu de son sang-froid, et redressa les épaules et la nuque, intriguée par ce que Lyndia avait à dire sur la Ligue. Ce sujet était toujours passionnant pour la jeune Dresseuse. Après tout, elle convoitait le titre de Maître. Du moins, c'était le but qu'elle s'était fixée un an auparavant. Mais parfois, dans des moments de doute…

Lyndia la tira de ses pensées en expliquant qu'elle rendait encore service à la Ligue, compte tenu du boxon qu'était l'actuel C4, bien que la rousse n'ose pas le formuler de la sorte. Athéna sourit tendrement à son amante qui, encore une fois, lui rappela qu'elle avait veillé sur son sommeil de deux jours sans sourciller. La blonde observa l'ex-Championne avec curiosité, se demandant pour la cent-dix-septième fois comment Lyndia pouvait être amoureuse d'elle.

Le signe de tête de son amante vers une pile, ou plutôt des piles de papiers amassés sur la table basse fit tourner le torse à Athéna, qui ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil aux gros titres. Un élan de fangirlisme la saisit soudain, et elle faillit pousser un cri aigu surexcité, clamant haut et fort que LYNDIA DUKOS était en train d'écrire son nouveau livre sur la table de SON salon. Retrouvant une once de dignité, Athéna se contenta de sourire à pleine dents en fixant les feuilles volantes avec gourmandise. Elle n'allait pas mettre Lyndia dans l'embarras ; l'ex-Championne devait avoir l'habitude de travailler seule, et la jeune Dresseuse tenait trop ses écrits en sainteté pour oser les lire à l'état de brouillon.

Il lui fallut tout de même quelques secondes pour décrocher son regard de la table basse et se souvenir que leur sujet de discussion originel n'avait rien de plaisant. Lyndia semblait prête à la supplier pour qu'Athéna aille à Esperantown, et la blonde n'avait pas de bonne raison de refuser. Il fallut donc qu'elle se satisfasse d'un simple délai :


"J'irai affronter le Champion la semaine prochaine. Le temps de tester un peu Haydaim, et d'acheter quelques CTs. Je vais avoir besoin de Laser Glace." dit-elle avec une conviction qu'elle ne ressentait pas.

"Et j'aimerais faire la route avec toi." ajouta-t-elle à voix haute, tout en pensant silencieusement, *Puisqu'il me faut quelqu'un pour m'empêcher de commettre des atrocités… Par Arceus, est-ce que je mérite seulement de garder mes Pokémon…?*

Par chance, un énorme gargouillement s'élevant de son estomac effaça la morosité qui commençait à se voir sur son visage. Athéna rougit et se massa le ventre. Après avoir demandé à Lyndia si elle avait déjà mangé, les deux femmes décidèrent de se préparer un repas et de choisir des sujets de conversations moins épineux pour le reste de la soirée. Elles parlèrent du temps et des Pokémon, de droits d'auteur et de qualité de stylos, d'Élèraine (en évitant soigneusement d'évoquer ses liens avec Solem), de la Ligue (mais pas de la Zodiac), et de ce restaurant à Lieucca qu'elles aimeraient essayer toutes les deux, ensemble.

Elles passèrent une soirée agréable, étonnement normale au vu des circonstances, et Athéna s'endormit dans les bras de l'ex-Championne, une main sur sa hanche et les lèvres délicatement posées sur le cou de la rousse.

Sans la Lun'Aile toujours posée sur sa table de nuit, Athéna aurait pu croire qu'elle avait rêvé sa confession, et qu'elle n'avait jamais révélé une partie de son passé à Lyndia. Pourtant la plume d'or et d'émeraude brillait toujours faiblement dans l'obscurité de la chambre, et Lyndia tenait toujours fermement la blonde contre sa poitrine, comme si la jeune Dresseuse n'avait pas avoué un meurtre deux jours auparavant.

Athéna pria, avant de s'endormir. Elle pria pour que son prochain match d'Arène se déroule sans accroc. Elle pria pour que rien ne donne jamais à Lyndia l'envie de l'abandonner.

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