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 Des brioches à la cannelle ! [Terminé]

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Berndt Joachim

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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Mer 23 Avr 2014 - 22:39



L'herboriste expliqua à Bruno comment l'abuta, d'apparence toxique, pouvait être transformée à des fins curatives. Elle utilisa son propre corps pour démontrer le caractère inoffensif de sa préparation. Bruno grommela quelque chose d'incompréhensible sans sa petite barbichette. Sans doute pestait-il sur le caractère pervers des humains qui ne pouvaient s'empêcher de détourner la nature pour qu'elle serve leurs intérêts.

Il ne put rouspéter longtemps, les mains de la demoiselle lui caressant le visage avec la mixture verte. Il se laissa faire mais ne comprit pas lui même pourquoi il l'autorisait à le médicamenter ainsi. Peut être était ce la surprise, où le non désamour pour l'infirmière improvisée. La sensation était très étrange. Il avait à la fois un peu mal à cause de l'irritation des blessures, chaud à cause du contact humain, soulagé par l'effet de l'abuta tout en se sentant sale à cause de la préparation. Il grogna à voix basse en se faisant masser. Si on ne connaissait pas le personnage, on aurait pu croire qu'il ronronnait.

Il voyait les oeufs et le Paras s'agiter. Est ce que ses pensées avaient été décryptées ? Il n'en savait rien. Son expérience lui indiquait qu'un Noeunoeuf de bas niveau ne pouvait pas s'introduire ainsi dans les pensées pour les lire à volonté. Néanmoins, une partie de lui espérait qu'il ait su le lire. Peut être qu'ainsi il pourrait prévenir sa dresseuse du danger qui guettait son ami... Il se ressaisit alors. Aux yeux du Blindépique, un humain n'empêcherait jamais son Pokemon d'évoluer, même si ça revenait à l'offrir en pâture à un champignon.

L'herboriste se rendit alors au pied de Bruno, afin d'appliquer sa préparation sur la cheville de la jambe qui avait causé sa chute. Encore une fois il endura le soin en se plaignant silencieusement. Il n'appréciait pas particulièrement devoir son salut à la demoiselle, mais il n'avait pas vraiment le choix. Joachim refusait de le retirer. Il y avait quelque chose de magique avec cet orbe, d'un seul coup il se sentait régénéré. C'était le seul bienfait qu'il voyait à sa capture.

La demoiselle demanda alors à Joachim ce qu'il faisait dans la vie. Ah oui. C'est vrai, elle avait parlé de sa propre occupation auparavant. L'homme avait presque oublié de lui en reparler avec Bruno qui faisait des siennes.

"J'étudie en histoire, j'espère décrocher mon doctorat. Mais c'est pas gagné. Et vous, je suppose que vous êtes herboriste ou quelque chose dans le genre ? A vrai dire, c'est la deuxième fois ce mois ci que j'en rencontre une. Vous connaissez peut être une certaine Marjolaine ? Apparemment elle publierait beaucoup..."
Peut être bien que ça leur faisait une connaissance en commun. Il était fort possible qu'elles se soient déjà rencontrées à une colloque - si Bahia avait réellement un diplôme en la matière. Si elle s'était contentée de la lire, il était probable que "Marjolaine" ne lui dise rien, ce n'était pas son nom de famille et les articles n'étaient surement pas signés avec le prénom.

Une fois que l'herboriste en eut fini avec sa cheville, le Blindépique tenta se de relever. C'était encore un peu douloureux, mais il s'était suffisamment reposé au sol tandis que l'onguent faisait effet. Lentement, mais doucement il remontait sur ses appuis, se dégageant de l'étreinte de son dresseur et le bousculant légèrement. C'était pour lui apprendre à profiter de sa faiblesse. C'était un bon début, quelques heures auparavant Joachim aurait fini à l'hôpital pour avoir osé le tenir ainsi. Il bénéficiait d'un répit offert par la fatigue ou éventuellement la reconnaissance pour le soin.

Cogneur s'avança vers lui. L'Epinarmure se mit aussitôt sur la défensive. Le sourire était de retour, ce sourire de bastonneur doux dingue fier de se battre. En voulait-il une nouvelle couche ? Mes ses paroles eurent de quoi surprendre le Pokemon. Il lui faisait un compliment et lui proposait une revanche amicale. Bruno était intérieurement sur les fesses. Comment le chromatique pouvait faire fi de ce qui venait de se passer ? N'avait-il été qu'un jeu à ses yeux ? Il haussa un sourcil avant de répondre.

"Bien sûr..."
Le ton était ironique. On sentait clairement le dédain. Bruno ne voulait pas de cette revanche où il serait à nouveau humilié. L'amertume de la défaite lui restait encore en travers de la gorge. S'il n'avait que perdu... Il devait son soin aux personnes qu'il méprisait le plus et étrangement il se sentait reconnaissant l'espace de quelques minutes. Il ne le regarda pas plus longtemps. Ses yeux se portaient à présent sur ses chevilles. Il vérifiait qu'il n'avait pas été empoisonné et qu'une réaction allergique n'ait pas lieu. Tout semblait normal, pour le moment.

"Je pense que ce serait pas mal si on allait au Centre Pokemon... Je n'ai pas envie de devoir gâcher mon samedi matin pour ça ! En plus, nos deux Pokemons en ont besoin." déclara le barbu.
Il sortit alors la Level Ball dans le but de rentrer Bruno. Le voyage serait bien plus aisé s'il n'avait pas le fauteur de trouble dans les pattes. Un moment d'hésitation se fit sentir. Malgré son agressivité, Bruno s'était montré correct depuis ses soins et l'enfermer ne ferait que nourrir sa rancoeur. D'un autre côté, Joachim avait peur des réactions lunatiques du Blindépique. Mais avec Cogneur à côté, ça devrait passer. Il rangea l'orbe à sa place avant de soupirer un bon coup. Il concentrait son courage et sa motivation.

"On y va alors ?"

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Bahia
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Jeu 24 Avr 2014 - 9:01

-‘ Je suis botaniste. L’herboristerie c’est… une sorte de passetemps. Vous êtes à quelle université ? ‘

Bahia n’avait aucune formation en herboristerie. Elle avait appris en fouillant dans les livres ou en faisant des expériences. Parfois cela avait donné des résultats… un peu étranges. La botaniste grimaça en pensant à la fois où elle avait halluciné pendant une heure : les objets changeaient de couleurs sans arrêt et tout était flou. Cogneur avait failli l’amener à l’hôpital parce qu’elle criait qu’elle entendait aussi des voix. Heureusement qu’il avait attendu un peu que cela se calme, la demoiselle aurait eu la honte de sa vie de se retrouver en clinique pour ces expériences ratées. Elle sortit de ses pensées et se repassa en boucle dans sa tête ce que le jeune homme avait dit. Il était étudiant ? Bahia sourit et pensa à ses propres années à l’université. Elle n’avait pas retenu grand-chose de ses cours d’histoire, malheureusement. Elle trouvait les cours fascinants, mais ce n’était pas sa tasse de thé. Tout ce qui sortait de sa passion passait rapidement sous la trappe. La botaniste en était toujours un peu gênée, elle s’était très bien débrouillée dans ses cours de botanique alors les professeurs s’attendaient à ce qu’elle fasse pareil ailleurs… malheureusement ce n’était pas le cas. Et puis elle était entrée à la fac sans diplôme, on s’attendait à ce qu’elle soit très intelligente. Elle l’était… en une matière. La dresseuse renvoya ses pensées au fond de son crâne et se concentra plutôt sur le prénom que Joachim lui avait donné. Marjolaine ? Ce nom lui disait quelque chose, mais elle était loin d’être certaine que cela est un quelconque rapport avec l’amie du barbu. Bahia se gratta la tête d’un air gêné. Elle lisait beaucoup les publications de ses collègues, mais elle ne se souvenait pas de leurs noms. Quant à savoir si elle avait déjà rencontré celle-ci dans des conférences ou autre… cela faisait presque un an qu’elle n’avait rien fait à propos de son métier. Alors peut-être qu’elle l’avait déjà rencontrée, mais encore une fois elle était incapable de se souvenir de sa dernière rencontre avec d’autres botanistes. Tant pis.

-‘ Eh bieeen… Non. Je lis beaucoup, mais je ne retiens jamais qui les écrit. Peut-être qu’un de ses textes m’a aidée dans mes mixtures. ‘

La demoiselle fit signe à son Démolosse. Le chien infernal se leva et bâilla. Elle entendit sa voix au fond de son crâne et lui caressa le museau. Le canidé avait hâte de partir. Faut dire qu’ils avaient beaucoup de chemin vers la forêt. Cette histoire de Blindépique l’avait mis un peu en retard, mais cela ne la dérangeait pas du tout. Bah, il ne devait même pas être neuf heures, quand même bien elle arrivait dans la forêt dense au petit matin… ça ne lui donnerait qu’une bonne raison de dormir au soleil et faire la grasse matinée. La botaniste sourit à cette pensée. Elle adorait s’étendre dans le gazon et regarder le temps passer. C’était quelque chose qu’elle n’avait pas fait depuis longtemps, mais maintenant qu’elle était en vacance, elle allait se faire un plaisir d’en profiter. Elle vit alors le regard de son Blindépique et comprit que quelque chose ne fonctionnait pas. Celui-ci avait tenté d’être gentil avec Bruno, mais il semblerait que celui-ci n’était pas intéressé. Cogneur dû se retenir de lui demander quel était le goût de la défaite, juste pour enfoncer le pieu un peu plus. Mais il ne voulait pas faire perdre à Joachim le petit bout de chemin qu’il avait gagné alors il resta silencieux et ignora Bruno. La demoiselle tapota gentiment sur le bras du chromatique et celui-ci détourna son regard noir de son homologue. La voix grave et profonde de Cogneur résonna dans sa tête, juste après celle de Torche.

* Tant pis pour lui, il a qu’à continuer à pleurnicher dans son coin comme un enfant. *

La demoiselle ne répondit rien et lui fit signe d’avancer. Cogneur fit un mouvement de tête vers Bruno, l’intimidant d’avancer. Joachim avait décidé de le laisser libre, mais le chromatique le surveillait de près. Ils se mirent donc en marche, Bahia laissant les deux Blindépiques devant. La demoiselle donna quelques directions à son ami et celui-ci hocha la tête. Il avait vécu quelques années ici avec elle et il saurait se repéré tout seul. La demoiselle marchait donc tranquillement, s’appuyant sur sa canne. Son chien des enfers marchait à ses côtés, surveillant les moindres recoins de la rue. Des gens marchaient sur le trottoir et regardaient d’un drôle d’air les colosses qui prenaient toute la place, Cogneur se mettant parfois devant Bruno pour laisser passer les humains. Bahia ne pouvait s’empêcher d’observer le Pokémon de Joachim. Avait-il déjà marché en liberté dans une ville ? Il y avait fort à parier que non. La botaniste sentit alors un petit éclair lui traverser la jambe. Elle s’arrêta quelques secondes, pour laisser la sensation disparaitre. Elle voulait suivre les autres et se forçait à avancer à un rythme raisonnable, ce que sa jambe n’était pas capable de faire longtemps. Bahia mettait trop de poids dessus, il fallait qu’elle ralentisse, sinon la douleur allait persister. Cogneur tourna la tête et observa la demoiselle. Le centre Pokémon se voyait au loin, avec sa grosse enseigne rouge.

-‘ Tu veux que je te porte ? ‘

-‘ Non. On y est presque. ‘

-‘ Mais tu… ‘

-‘ Non. Je suis capable toute seule. ‘

Le chromatique resta un instant hésitant, avant de finalement continuer son chemin. Bahia reprit sa marche, mais prit bien soin de ne pas marcher trop vite. La demoiselle n’aimait pas dépendre de quelqu’un, même si c’était son grand frère. Elle devait apprendre à vivre avec et ce n’était pas une marche comme celle-ci qui allait lui faire peur. Elle se laissait porter en forêt parce que c’était plus compliqué pour elle, mais sur un terrain aussi lisse et dur, elle n’avait aucune raison de rester sur ses épaules. La demoiselle restait silencieuse, trop concentrée sur sa jambe pour engager la conversation de nouveau. Elle eut un soupir de soulagement lorsqu’ils se retrouvèrent devant le centre Pokémon. Sa jambe la tiraillait un peu, mais pas plus que cela, ce qui était une bonne nouvelle. Cogneur ouvrit la porte et laissa tout le monde entrer, se glissant à l’intérieur en dernier. La demoiselle sourit en voyant l’infirmière Joëlle, toujours à son poste. Tous les centres Pokémons avaient au moins une Joëlle. C’était bizarre, mais… c’était comme ça. Elles se ressemblaient beaucoup dans la famille, la majorité des dresseurs savaient qui elles étaient. Néanmoins elle perdit son sourire en voyant le regard de celle-ci… elle semblait… fatiguée, épuisée. La dame s’approcha d’eux et regarda les deux Pokémons d’un air surpris.

-‘ Bienvenue au centre Pokémon. Vos Blindépiques et le Démolosse ont besoin de soin ? ‘

-‘ Non, juste les Blindépiques. Vous allez bien ? ‘

L’infirmière resta un instant sans rien dire, pensive. Bahia se rendit alors compte qu’il y avait beaucoup d’agitation derrière le comptoir, là où se trouvaient les pièces pour les blessures plus graves. La demoiselle pencha la tête un peu, mais ne vit rien, elle entendait juste des voix. La dame devant eux jeta aussi un coup d’œil derrière elle et soupira.

-‘ Nous venons de recevoir un groupe de blessés graves. Ils ont été attaqués par… des gens masqués. ‘

Elle n’avait pas besoin de dire qui, les gens qui vivaient sur Mailys depuis plusieurs mois savaient très bien à qui cela faisait allusion. La Zodiac, qui d’autre ? Depuis qu’ils commençaient à prendre de la puissance, les centres Pokémons recevaient plus de Pokémons. L’infirmière demanda alors les Pokéball des Blindépiques. Bahia hésita un peu, mais sortit sa Pokéball et rappela son ami. Elle déposa celle-ci dans la main tendue et la dame se tourna ensuite vers Joachim, attendant tranquillement que celui-ci lui donne à son tour la Pokéball de Bruno, avec lui dedans. Restait à voir si celui-ci allait rentrer dedans sans rechigner. Cogneur n’était plus là, mais Torche restait à côté, prêt à lui envoyer des flammèches s’il se montrait trop têtu. Bahia quant à elle s’était retourné vers Joachim.

-‘ J’imagine qu’on est chanceux de ne pas être tombé sur eux pendant qu’on était dans la ruelle. Au fait je pensais à ça tout à l’heure, vous n’êtes pas d’ici, non ? ‘

Bahia ne s’était pas vraiment concentrée sur sa voix au départ, mais maintenant qu’elle y repensait, elle avait l’impression qu’il avait un accent. La botaniste était incapable de deviner d’où il venait, les accents, elle n’y connaissait pas grand-chose. Elle se tut ensuite et attendit tranquillement, à la fois pour la réponse et pour les soins.
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Berndt Joachim

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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Sam 26 Avr 2014 - 22:31



Botaniste, herboriste ? Quelle était la différence ? Aux yeux du doctorant, il n'y en avait aucune de flagrante. Les deux étaient des scientifiques du végétal. Peut être que le botaniste cherchait uniquement à décrire la plante tandis que l'herboriste cherchait à l'utiliser. Ca devait être ça. Il haussa rapidement les sourcils alors qu'il était en pleine pondération intérieure sur le rôle de chacun d'eux. Il estimait que les deux fonctions devaient aller de paire, au moins partiellement. Un botaniste devait savoir utiliser les plantes tandis qu'un herboriste devrait pouvoir nommer des plantes qu'il n'utilisera jamais. Bahia et Marjolaine respectaient visiblement ce critère, sans doute que les autres le respectaient aussi. En parlant de la deuxième, il semblerait que la première ne la connaisse pas. C'était la faute à Joachim, il n'avait qu'à avoir précisé le nom de famille dont il ne se souvenait plus trop.

"Je suis à la seule faculté d'histoire de l'île, celle de l'université de Megapagopolis. Il faut dire qu'il y en a pas d'autres dans le coin et que si j'étais venu en colloque depuis une autre région je ne serais pas ici à cette heure !"
Il rit un petit peu sur la fin. Il était bel et bien venu d'une autre région, mais pas pour l'espace d'une semaine. Bien au contraire, il y restait au moins trois ans, dans l'espoir de décrocher son PhD. Et il espérait bien que dans ce laps de temps, il se passe des choses au niveau des Ruines de Lakit. Inconsciemment, il avait presque envie que la Zodiac fasse descendre l'Etoile afin de pouvoir étoffer son mémoire. Néanmoins, il ne pardonnait toujours pas à la sbire aux cheveux verts de l'avoir maltraité. Elle ne méritait pas son voeu, elle !

Suite aux propositions incessantes pour aller au Centre Pokémon, tous les occupants de la ruelle se préparèrent à partir pour marcher le peu de distance qui les séparaient de l'hôpital pour bestioles. Bruno boudait toujours Cogneur. Il n'appréciait pas son air supérieur et son laxisme autour des combats. Ainsi, le Blindépique normal ferait tout pour marcher le plus loin possible de son homologue... Mais ce dernier ne lui laissa pas le choix. De son regard, il lui ordonna de marcher à ses côtés. A la réflexion, il préférait être à côté d'un être qui lui était similaire que d'un humain qu'il ne comprenait pas. Il baissa donc les yeux et suivit donc la directive de Cogneur avec ressentiment. Il n'était après tout pas obligé de lui parler : ainsi il se contenterait de regarder le paysage que lui offrait la ville. D'immenses buildings de béton surplombant des rues macadamées où des sortes d'arbres de métal faisaient briller une lumière en leur sommet. Les vrais arbres, eux, étaient plantés sporadiquement afin de faire croire que le quartier était vert. Malheureusement, ce n'était pas le plus riche des districts de la ville : la préoccupation écologique n'était pas encore en première position. Les familles vivant dans ces HLM tentaient plutôt de joindre les deux bouts comme elles pouvaient. Bruno se désenchantait du paysage rapidement, le trouvant trop morne et humain à son goût. Rien ne valait la forêt dense où c'étaient les Pokemons qui illuminaient les différentes maisons dans les arbres.

Joachim observait avec inquiétude la botaniste. Elle semblait marcher bizarrement, comme si elle n'allait pas arriver au bout. Le chemin n'était pourtant pas très loin... Mais il fallait se rendre à l'évidence : les jambes de la demoiselle n'étaient peu être pas très agréables à déplacer, comme en attestaient certains bruits métalliques qui s'en échappaient. Puis l'étudiant se rendit compte à quel point il était stupide. Si on entendait de tels bruits, c'est parce qu'elle devait porter une attelle car elle s'était cassée une jambe récemment. Pensant avoir trouvé la solution, il ne chercha donc pas à se renseigner pour la vérifier.

"Ca va aller pour marcher jusqu'au centre ? On peut ralentir au pire..."
Il ne lui proposa pas de faire le taxi : il n'était pas assez puissant pour la porter jusqu'à bon port. Il n'eut pas de réponse, Bahia semblait concentrée sur la marche et sa douleur potentielle. Tant pis, l'homme continuerait à marcher à son rythme... qui n'était de toutes façons pas très rapide.

Ils arrivèrent finalement au centre où une des fameuses Joëlle les accueillit mollement pour récupérer les Pokemons blessés. Joachim ne venait pas souvent ici. N'étant pas un grand dresseur, ses amis n'avaient que rarement besoin d'y aller. Néanmoins, quand il y était c'était pour un moment. Il se rappelait très bien de son dernier passage. Celui où il avait du passer une journée dans un lit pour récupérer de l'attaque de Bruno. Il ne reconnaissait cependant pas l'infirmière, elle ne devait visiblement pas être de service de jour la. La dame aux cheveux roses expliqua aux deux jeunes les récents méfaits de la Zodiac qui avaient pour conséquence de remplir leurs blocs opératoires.

Elle tendit alors la main pour récupérer les balls. C'était là le passage délicat. Le doctorant avait peur que son Blindépique ne veuille en faire qu'à sa tête et ne rentre pas docilement dans son orbe. Il sortit la Level Ball et déjà Bruno commençait à grogner et à montrer les dents. Il n'avait clairement pas envie d'y retourner malgré son désamour de la ville. Le barbu ne lui laissa pas le choix et rappela furtivement son Pokemon qui poussa un cri de rage avant de disparaitre, prisonnier de l'orbe. La ball fut finalement remise à l'infirmière qui partit alors effectuer sa besogne.

"Oui, en effet, la dernière fois que j'ai eu affaire avec la Zodiac, j'ai fini par ressembler à un Cacturne..."
Bahia demanda ensuite à Joachim s'il venait d'ailleurs. Ce dernier prit alors son air surpris, comme s'il ne s'attendait pas à ce qu'on lui dise ça. Il savait que le mot "touriste" était écrit en gros avec des clignotants sur son front, mais tout de même...

"Oui, je viens bel et bien d'ailleurs. Jotho. Mauville pour être exact. C'est si flagrant que ça ? Je ne dois pas ressembler à la population locale que vous avez l'habitude de côtoyer."
Il assumait que son interlocutrice était du coin. Comme il assumait que tout le monde était du coin. La seule fois où il avait deviné qu'une personne ne venait pas de Maïlys était avec le garçon blond des Ruines dont il avait reconnu la prononciation typique de sa région. Très rapidement, l'infirmière revint avec les orbes.

"Voici pour vous. Les blessures étaient superficielles, la machine de soin a donc pu s'en occuper en un clin d'oeil ! A moins que vous n'ayez d'autre question ou Pokemon à soigner, je vous souhaite une bonne soirée. Je suis désolée, les dresseurs attendant des soins s'accumulent et vu la saturation de nos blocs chaque seconde est précieuse..."
"Merci beaucoup de vous être occupés de nous. Je vous souhaite bon courage. Bonsoir !" répondit le barbu.
Il n'avait pas de questions destinées à l'experte médicale. A vrai dire, il ne se sentait même pas capable d'en formuler une même s'il en avait envie. De tels sujets le dépassaient en général. Il se tourna ensuite vers Bahia.

"Que comptez vous faire maintenant ? Il est tard et la Zodiac semble rôder... Mais avec Cogneur ça devrait aller, je présume. Personnellement je ne sais pas encore trop. Sans doute me reposer à la maison, j'ai eu une dure journée."

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Bahia
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Dim 27 Avr 2014 - 12:47

La demoiselle cala sa tête entre ses épaules en entendant le cri de colère de Bruno. Il n’allait pas recommencer, non ? Non. La botaniste soupira en le voyant disparaitre dans la Level Ball et Torche arrêta de grogner. Bahia se calma rapidement et observa avec un sourire l’infirmière partir avec les deux Pokéballs. Le Blindépique la mettait un peu mal à l’aise, le fait qu’il ait attaqué Joachim lui rappelait ses propres blessures face à l’Onix. La seule différence était que les blessures de Bahia se voyaient encore… et resteraient probablement présentes jusqu’à sa mort. En pensant à cela l’handicapée se tourna vers Joachim et l’observa de plus près. Peut-être qu’il souffrait encore de blessures, juste qu’elles étaient invisibles sous ses vêtements. La jeune femme espérait que non, elle détestait son handicap et ne souhaitait pas ce genre de chose à personne. Enfin, lui semblait se déplacer normalement, plus rapidement qu’elle en tout cas. La botaniste resta silencieuse et fut sortie de ses pensées par Joachim. La demoiselle sourit un peu, ayant l’image en tête du barbu avec des épines un peu partout sur le corps. Elle adorait les Cacturnes, tout comme les Maracachi. En fait elle aimait toutes plantes qui sortaient de l’ordinaire et avaient des propriétés particulières, d’où son étrange amour pour les plantes carnivores. Enfin, elle espérait que le jeune homme n’avait pas trop souffert de sa rencontre avec la Zodiac, ils n’étaient pas très doux dans leurs méthodes. Bahia n’avait pas vraiment eu de confrontation avec eux, les sbires avaient de quoi se faire pipi dessus en voyant l’énorme Blindépique se fâcher. Elle en avait vu une fois, mais dès que Cogneur avait répondu aux hostilités, ils avaient compris qu’ils n’avaient aucune chance et étaient partis à peine deux minutes après avoir essayé de la voler. Il fallait avouer qu’elle faisait cible facile au premier regard, une handicapée, ça aurait forcément du mal à se défendre. Bahia fut de nouveau sorti de ses pensées par le jeune homme. Alors il venait de Mauville ? Le regard de la jeune femme se mit à pétiller d’envie. Elle avait écrit un ouvrage sur les Empiflors et elle avait reçu une invitation pour se rendre à la tour  Chétiflor et discuter avec d’autres scientifiques de ses recherches. Enfin, elle l’avait reçu trois semaines avant de finir à l’hôpital…vous devinerez qu’elle n’y avait pas été, finalement. Probablement que l’offre tiendrait toujours, mais elle ne se sentait pas encore prête à l’idée de voyager en dehors de Mailys.

-‘ Oh non, c’est juste votre manière de parler qui vous trahis. Puis il y a beaucoup d’étudiants étrangers ici. ‘

La demoiselle se tut en voyant l’infirmière revenir avec les Pokéballs. Bahia la prit et libéra immédiatement son ami, qui s’étira en bâillant. La botaniste sourit et lui tapota gentiment sur l’épaule. Il était de nouveau en pleine forme, ce qui la rassurait. Il avait l’air encore un peu énervé à cause de Bruno, mais Bahia ne s’en faisait pas plus que cela, il ne restait pas fâché bien longtemps. La jeune femme se tourna vers Joachim et continua.

-‘ Des botanistes de Mauville m’avaient invitée à venir faire des recherches chez eux, j’ai beaucoup étudié les Empiflors. Je n’ai pas pu y aller finalement… ‘

Elle posa la main sur sa jambe blessée, l’air déçu. Il n’était pas dur de comprendre pourquoi elle n’avait pas pu se déplacer à Jotho. Serrant sa canne d’une main, la demoiselle soupira et écouta attentivement Joachim. Elle hocha simplement la tête à ses paroles, son Blindépique marmonnant derrière elle. Il valait mieux pour les Zodiacs d’avoir des Pokémons de bons niveaux, sinon Cogneur se ferait un plaisir de les écraser. Il était un peu frustré et il espérait presque tomber sur eux pour se défouler à nouveau. Joachim semblait vouloir repartir et Bahia pensait aussi qu’il était temps pour elle de rejoindre la route et partir vers la forêt dense. La demoiselle sortit du centre en compagnie de son ami et s’arrêta sur le trottoir. Tournant la tête vers Joachim, elle lui tendit sa main avec un sourire chaleureux.

-‘ Je pense qu’il est temps pour moi de mettre les voiles, on a encore du chemin jusqu’à la forêt… ‘ Bahia resta un instant hésitante, cherchant ses mots. ‘ Je… enfin. Désolé pour Bruno. Cogneur a fait ce qu’il pouvait, il faut dire qu’il n’est pas le meilleur communicateur du coin. J’espère que votre relation s’améliorera… Et j’espère aussi sincèrement que vous allez retrouver votre ami. Je sais que ça ne changera probablement pas grand-chose, mais… ‘

La demoiselle farfouilla d’une main dans son sac en bandoulière, cherchant un papier et un crayon. Appuyant sa canne contre elle, la botaniste se mit à écrire rapidement, espérant que le jeune homme comprendrait son écritureun peu tremblante. Elle rangea le crayon et tendit le papier.

-‘ Tenez, si vous avez besoin d’aide avec Bruno. Je passe presque tout mon temps dans la forêt, mais mon téléphone à du signal presque partout. ‘

Bahia se tut et ne put s’empêcher de se mettre à rire en voyant la réaction de son Blindépique. Cogneur s’était approcher de Joachim et l’attrapa dans ses bras pour lui faire un câlin, pour ensuite lui tapoter gentiment sur la tête comme il l’avait fait avec elle plus tôt. Il avait sa manière bien à lui de dire au revoir et essayait un peu de compenser pour le peu d’affection que donnait Bruno. Joachim pouvait entendre la voix grave du chromatique dans ses pensées.

* Fais attention à toi pour revenir. Et bonne chance *

Le Blindépique se tourna vers sa dresseuse et sans lui demander son avis, l’attrapa par les hanches pour la poser sur ses épaules. Du haut de son perchoir, Bahia sourit une dernière fois au jeune homme et fit signe à son ami de s’éloigner. Au bout de quelques pas, ils s’arrêtèrent subitement.

-‘ Qu’est-ce que… ‘

C’est alors qu’un énorme bruit d’explosion perça le silence. Cogneur se retourna et fixa l’endroit d’où cela venait. À quelques rues de là, un train et la gare où il s’était arrêté venait d’exploser, emportant dans le souffle et les flammes ce qui se trouvait autour. De là où ils étaient, ils pouvaient voir le feu et la fumée monter dans le ciel. Des cris de détresse venaient de l’endroit, glaçant le sang de la jeune femme. Le pire, c’était que d’autres bruits lointains d’explosion parvenaient à leurs oreilles. Qu’est-ce qui se passait !? La demoiselle posa son regard paniqué sur Joachim, sans remarquer les formes noires qui se déplaçaient plus loin dans la rue. Son Blindépique revint vers le barbu et ouvrit la porte du centre. À l’intérieur, c’était la panique aussi.

-‘ Qu’est-ce qui se passe !? ‘

Pas de réponse, les infirmières étaient trop occupées. Bahia se tourna vers Joachim, le cœur battant à la chamade.

-‘ On va voir ? ‘

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Berndt Joachim

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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Jeu 1 Mai 2014 - 22:14



Joachim aurait du s'en douter. C'était encore une fois sa prononciation et tics de langage qui l'avait trahi. Quelque chose de potentiellement irréparable en somme, vu qu'il n'avait pas envie de changer. La fierté de sa région natale sans doute.

En parlant de Mauville, Bahia lui avoua qu'elle aurait du s'y rendre afin d'étudier les Empiflor. Un sujet plus que sensible pour l'homme. La ville était en effet en proie à un débat intergénérationnel depuis très longtemps. D'un côté, les puristes et les moines prônant le respect des dogmes et la vénération du seul Chétiflor, les forçant à absorber de la poudre Stase pour les empêcher d'évoluer. De l'autre côté, les progressistes scientifiques et botanistes qui tentaient de mettre en valeur le rôle des évolutions de la plante. Joachim, en bon historien, tentait de rester neutre sur le sujet et de faire la part des choses. Ses parents, eux, possédaient un Boustiflor mais ne s'alignaient dans aucun des camps. Leur Pokemon avait juste évolué par "hasard" et ils n'étaient pas assez dogmatiques pour empêcher cela...

Pour en revenir à la rousse, elle semblait ne pas avoir pu se rendre à Jotho à cause de sa jambe... si c'était ce que le jeu de signes signifiait. La blessure était donc permanente : toutes les hypothèses de Joachim sur une jambe cassée et bientot réparée volaient en éclats. Il ne posa aucune question à propos de l'état de santé de son interlocutrice : il ne la connaissait que depuis très peu de temps et ne se permettait pas de telles familiarités si vite.

Puis Bahia annonça ses plans. Elle comptait se rendre en forêt ? La nuit ? Joachim tremblottait rien que d'y penser. Autant les étendues boisées étaient accueillantes le jour, autant les Pokemons les plus féroces et venimeux s'y trouvaient la nuit. La pensée seule des Migalos le dégoutait et lui faisait craindre pour sa vie. Puis Bruno revint sur la table.

"Ne vous inquiétez pas, c'est uniquement ma faute si ça ne s'améliore pas avec lui." dit-il, acceptant le bout de papier.
Le numéro de la botaniste était écrit dessus. N'importe quel pervers aurait été jaloux que le barbu récolte des 06 sans même les demander. Mais ce n'était pas dans la nature du doctorant de chercher à se caser, bien au contraire. Et de toutes façons, les calins qu'il recevait en ce moment même venaient de Cogneur. Ces derniers le tétanisèrent de surprise. Il ne s'attendait vraiment pas à ça et son cerveau cherchait comment y répondre. La fourrure douce du chromatique lui caressait le visage. Doucement ses bras se posèrent dans le dos du Blindépique et il laissa sa joue se poser entièrement contre lui. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu de tel moment de tendresse, même avec ses propres Pokemons. Et ces derniers n'avaient malheureusement pas la carrure d'un grand protecteur doux. Si le câlin avait duré plus longtemps, il aurait été probable que le doctorant s'endorme en versant une petite larme.

Le tapotement sur son crâne et les parole de Cogneur le ramenèrent à la réalité brusquement et il relâcha son étreinte, légèrement déçu que ce soit déjà fini. Il salua le départ de la jeune femme avec un signe de main et un sourire lèvres fermées et tirées. Le trait était légèrement forcé : non pas qu'il soit content de la voir partir, mais il était encore dans son spleen post calin.

Puis le chaos. Un bruit tonitruant couplé à une secousse arriva. Très rapidement après les cris, la chaleur, la peur, la vue de flammes par les fenêtres du centre... Que pouvait-il bien se passer ? Un attentat terroriste ? Un déchainement du volcan ? Les dresseurs présents à l'hôpital des Pokemons étaient eux aussi terrifiés et commençaient à bouger dans tous les sens. Joachim était pris de bouffées de chaleur. Les deux mains sur la tête il se demandait comment il ferait pour rentrer chez lui et si Bahia n'était pas tombée sur une de ces explosions.

Il fut soulagé quand il vit qu'elle avait fait demi tour avec son Blindépique pour voir ce qui se passait. Malheureusement, le doctorant n'en savait pas plus qu'elle. Il blémit quand elle lui demanda s'il voulait voir de quoi il retournait. Courageux comme il était, il préférait ne pas chercher lui même les ennuis, surtout dans de telles situations.

"Euh, je... Peut être... Si..." balbutiait-il.
"Pas sûr que ce soit une bonne idée ! Et euh... Tu risques d'être en retard en forêt !" prétexta-t-il.
Puis c'est là qu'il se rappela d'un tout petit détail. La gare était sur le chemin. Etape incontournable. Et merde. Il ne voulait pas laisser la jeune femme s'y rendre seule. Malgré Cogneur, elle pouvait se retrouver très facilement en danger. Tant d'explosions n'étaient pas l'acte d'une personne isolée. Et nul doute qu'un chromatique les tenterait d'attaquer afin de s'en emparer pour le revendre au marché noir. Joachim avait beau être inutile en combat, il pouvait au moins se rendre utile en escortant la rousse. Son physique pouvait dissuader plus d'un d'attaquer. Malgré ses formes généreuses, on pouvait clairement voir qu'il ne tomberait pas facilement au combat.

"Bbb bon. Je viens... Mais on va éviter de s'attirer des merdes !"  trancha-t-il.
"Pourquoi faut-il toujours que ça arrive en week end ?!!" finit-il par se plaindre.
Il aurait préféré que ça arrive en semaine afin de profiter d'un jour de repos mouvementé. La ça lui pompait juste le caractère agréable de ses journées libres. Outrageant.

Les balls à portée de main, il ouvrit discrètement la porte du centre avant d'en sortir à toute vitesse. La peur semblait lui donner des ailes au milieu de ce carnage. Si son Granivol était la, il aurait pu bénéficier d'un éclaireur. Il était à présent aveugle durant le chemin. Avec la botaniste, il tentait de se faire le plus discret possible tout en avançant vers leur objectif : la forêt de l'autre côté du bâtiment en flammes.

D'innombrables habitants courraient en criant. Certains étaient blessés par les flammes, d'autres avaient les vêtements déchirés et couverts de sang. Des mamans aux cheveux pourpres dues aux effusions sanguines pleuraient des larmes rouges en tenant dans leurs bras leurs enfants morts à cause des débris de verre et de métal qui avaient volé dans la rue. La Team Zodiac était capable de telles abominations uniquement pour faire parler d'eux ? Ils dégoutaient le doctorant qui se retenait de pleurer en voyant le désastre humain. Ses yeux étaient attaqués par les cendres encore chaudes qui s'échappaient entre les ruelles, les lumières incandescentes maudissant chaque bâtiment et chaque humain qui osait les contempler.

Joachim se retourna de nombreuses fois pour vérifier que l'handicapée allait bien malgré les conditions hostiles. Il lui prit même le bras afin de ne pas la perdre dans la foule. Le barbu ne se reconnaissait plus : il bravait sa peur la plus interne pour s'assurer de la sécurité de la botaniste. Dieu sait qu'en temps normal il se serait planté au sol et n'aurait plus bougé. C'était d'ailleurs ce qu'il avait envie de faire à chaque pas hésitant qu'il prenait. Il savait néanmoins que s'arrêter là était équivalent à signer son arrêt de mort. D'autres explosions pouvaient survenir, d'autres sbires pouvaient attaquer pour lui voler tout ce qu'il possédait...

Afin d'éviter une majeure partie des gens, l'homme opta pour leur faire prendre des rues moins fréquentées. Plus loin sur le sol de la ruelle, un Rattatac décédé... le corps ouvert en deux par une plaque métallique qui avait volé depuis la gare. Ses petits couverts de cendre tentaient de le faire vivre à nouveau en le secouant. Ce fut la vue de trop. Il s'arrêta net en plein milieu du chemin et s'assit sur les fesses, dos en arrière et mains sur la bouche. Rampant à quatre pattes vers les Rattata, il ne pouvait retenir ses larmes devant le spectacle funèbre.

"Je... je... je suis désolé, je n'y arrive plus... Continue sans moi..." lâcha l'homme entre ses pleurs.
Trop de violence avait souillé ses yeux en si peu de temps. Son tempérament empathique ne pouvait naturellement pas tenir longtemps face à de telles atrocités. Il était naturel qu'il craque. Il ne voulait pas non plus être un boulet pour la jeune femme qui devait se rendre le plus rapidement dans la forêt pour être en "sécurité" relative par rapport à la ville meurtrie. De ses mains, il tentait de s'approcher des petits rats qui le chassaient à coup de cris pour protéger leur mère décédée.  

C'est alors que des silhouettes masquées apparurent prestement des deux côtés de la ruelle. Ils cherchaient à s'enfuir suite à leur méfait et étaient tombés sur le groupe. Comme anticipé, la vue du Blindépique chromatique ne les fit pas hésiter très longtemps. En bonnes troupes bien entrainées de la Zodiac, ils ne le craignaient pas et avaient des Pokemons à la hauteur. Joachim ne put apercevoir desquels il s'agissait avant d'entendre leurs dresseurs s'exprimer.

"Attrapez moi ce Blindépique ! Lâchez tout ! Tuez les deux s'il le faut !" cria l'un d'entre eux.
C'était vraiment un très mauvais moment pour être de sortie pensait le barbu. Un Metalosse, un Smogogo, un Léviator et un Maganon avaient été convoqués par les Zodiacs. Ce n'étaient plus de simples sbires à en croire leur puissants Pokemons... Pris en embuscade, le doctorant sentit sa dernière heure arrivée.

"Bahia, cours !" hurla-t-il à son intention...
Avant de se rappeler qu'elle ne pouvait pas fuir aussi aisément. Et merde. La culpabilité le rongeait de toutes parts, il avait involontairement mêlé sa nouvelle connaissance à ce bourbier.
Pourquoi diable avait-il tenu à prendre ce chemin ?

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Bahia
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Jeu 1 Mai 2014 - 23:57

Spoiler:
 

Bahia hocha la tête et remercia le jeune homme du regard. Elle se souvenait de la réaction qu’il avait eu au départ en voyant Cogneur et vu la manière dont il réagissait, il avait peur. Il n’était pas le seul, au contraire. La botaniste voulait aller voir pour comprendre ce qui se passait et si possible, aider ceux qui avaient soufferts de cette étrange attaque. Cela n’empêchait pas qu’elle avait le ventre noué et le cœur battant à cent à l’heure, elle aussi sentait la peur se glisser doucement dans son esprit. Le Blindépique attrapa son amie et la déposa au sol. S’il devait se défendre, ce serait difficile de le faire avec elle sur son dos. Il se plaça derrière les deux humains et restait près d’eux, une main sur l’épaule de la rousse et une sur l’épaule de Joachim, pour tenter de le rassurer un peu. Les mains tremblantes, la jeune femme se mirent en marche, suivant l’étudiant vers l’endroit où c’était produit la première explosion. Ce qu’elle vit plus loin la laissa sans voix. La botaniste peinait à avancer, observant partout autour d’elle ce paysage de misère humaine. Des gens criaient et couraient dans tous les sens, manquant parfois de la faire tomber en l’accrochant au passage. Bahia respirait rapidement par grande goulée, les larmes aux yeux. Non… comment avaient-ils pu faire cela ? L’handicapée gémit et s’approcha de Joachim, laissant libre cours à sa tristesse. Les larmes qui glissaient le long de ses joues se mêlaient à la cendre qui flottait dans l’air, lui tachant le visage. Tellement de sang… Bahia sentit la main de son Blindépique se serrer sur son épaule. Elle tourna légèrement la tête et fut surprise de voir que celui-ci pleurait aussi. Ce n’était pas son genre de montrer ses émotions, il préférait faire le dur et encaisser sans rien dire. Mais ce qu’ils voyaient aujourd’hui n’avait rien à voir avec ce qu’ils avaient vécu par le passé. Le seul moment où elle l’avait vu comme cela, c’était quand elle s’était finalement réveillée de son coma à l’hôpital. La demoiselle hésita quelque seconde à regarder devant. La seule chose dont elle avait envie, c’était de se blottir dans les bras de Cogneur et de ne plus voir ce qui se passait. La demoiselle tenta de parler avec une jeune femme à peu près de son âge, mais celle-ci partit en sanglotant, ignorant la botaniste qui lui proposait de l’aide. Au loin, des sirènes retentissaient. Les secours allaient bientôt être là, avec la police. Le centre Pokémon allait encore plus déborder…

La demoiselle arrêta de porter attention sur les autres autour lorsqu’elle sentit une autre pression sur son bras. La jeune femme se retourna et vit alors que le barbu lui avait attrapé le bras, pour éviter qu’elle ne s’éloigne. La botaniste ne se fit pas prier, elle se rapprocha de nouveau, collant presque son épaule contre la sienne pour ne pas s’éloigner de lui dans la foule. La présence de Cogneur et de Joachim la rassurait, même si elle se sentait mal pour le pauvre étudiant. Elle voyait bien qu’il faisait des efforts et elle hésitait à lui dire de partir. Il aurait dû retourner chez lui… mais il était trop tard. Bahia avait envie de vomir. Elle se retenait juste parce que le jeune homme était à côté d’elle et qu’il y avait déjà assez de problèmes autour. En voyant l’un des corps à terre, la demoiselle cala sa tête entre ses épaules et ses petites larmes se transformèrent en quelque chose de plus gros. Elle tentait de se calmer, mais c’était plus facile à dire qu’à faire. Ses gros sanglots l’empêchaient de voir comme il faut et elle se sentait honteuse de pleurer ainsi à chaudes larmes alors qu’elle n’était pas touchée par l’explosion. Des gens ici avaient de bien meilleures raisons qu’elle de pleurer… La botaniste se frotta les yeux avec la paume de sa main, la canne dans celle-ci. Elle suivit Joachim sans rien dire, incapable d’avoir des pensées en ordre. Elle voulait partir d’ici au plus vite… seulement… Qu’allait faire le barbu ensuite ? La jeune femme sentit son cœur tambouriner encore plus. Lui l’accompagnait jusqu’à la forêt, mais qui allait accompagner Joachim jusqu’à chez lui ? Bahia n’eut pas trop le temps de penser à cela. Le jeune homme avait lâché son bras et la demoiselle se mit à paniquer un peu, appréciant le fait de l’avoir à côté d’elle. Il rampait vers…

-‘ Non non non …’

La vision du Rattatac eut raison de son estomac. La demoiselle clopina jusqu’au coin de la ruelle et vomit tout simplement, incapable de se retenir plus longtemps. Son estomac à présent vide, la jeune femme se tourna vers son Blindépique, qui était entre elle et l’étudiant. Bahia revint vers lui rapidement, ne lâchant pas des yeux Joachim. Elle écouta ses paroles et la panique reprit de plus belle. Non, il allait continuer, il ne pouvait pas rester ici tout seul ! Il avait pris son courage à deux mains et l’avait accompagné jusqu’ici, elle ne le laisserait pas derrière. La botaniste s’approcha doucement de lui, s’appuyant sur sa canne. Sa jambe avait choisi ce moment pour se remettre à faire mal, le visage de Bahia se tordant de douleur quelques secondes. Ils devaient continuer, tout de suite, avant que…

* Putain de merde ! *

La voix du Blindépique avait résonné dans leurs esprits, en colère. Bahia releva la tête et gémit de nouveau en voyant ce qui se trouvait plus loin. Sérieusement !? La botaniste n’en revenait pas. Des gens étaient morts dans les rues, c’était la panique générale et en plus il fallait qu’ils tombent sur eux !? L’handicapée venait de perdre tout courage, les Zodiacs allaient essayer de les tuer et récupérer son grand frère. C’était hors de question. Ils vivraient tous les deux. Bahia ignora le cri de Joachim. De toute façon, c’était inutile. Ils étaient encerclés et la demoiselle était incapable de courir. Même si elle en avait été capable, elle ne serait jamais partie. La simple pensée que l’étudiant meurt à cause d’elle la rendait folle. S’il mourait, alors elle suivrait. Ils étaient tous les trois dans la merde et ils allaient s’en sortir tous les trois, ensemble. La tristesse de la demoiselle muait rapidement. Son expression changea radicalement, son regard devenant dur comme l’acier. La botaniste restait bien droite, debout à côté de l’étudiant. D’un geste rapide, Bahia ouvrit son sac en bandoulière et jeta littéralement ses livres à terre. Tout ce qu’elle considérait comme non important pour la bataille qui allait suivre finissait au sol, abandonné. La jeune femme attrapa ses flacons avec les têtes de mort et posa ensuite son sac à côté de Joachim.

-‘ Met les Rattata dedans. ‘

Sa voix était froide. La demoiselle voulait que le jeune homme prenne les orphelins et les cache dans le sac à présent vide. C’était tout ce qu’elle pouvait offrir. Les Zodiacs venaient d’envoyer des Pokémons, visiblement puissants. Bahia se tourna vers son Blindépique et son expression ressemblait à la sienne : il était enragé.

-‘ Dépêche-toi d’enchainer les Gonflettes. ‘

Elle n’avait pas besoin de le lui dire deux fois. Le corps de Cogneur se mit à luire d’une lueur rouge, ses muscles gonflant un peu. Il fallait qu’il se boost le plus possible avant d’être attaqué, s’il voulait avoir un quelconque avantage. Évidemment ce fut le Maganon qui se positionna devant lui en premier, son type ayant un avantage sur le sien. Un rictus étira les lèvres de Bahia. Elle s’attendait à cette réaction et elle avait la main posée sur ses Pokéball, attendant le moment parfait pour libérer un deuxième combattant. Le moment vint rapidement, le Blindépique s’élança pour protéger les deux humains et le Pokémon feu réagit en conséquence. Il attaqua rapidement avec Lance-flamme… parfait. D’un geste vif, Bahia lança sa Ball et celle-ci passa par-dessus Cogneur, qui s’était arrêté dans sa course, justement pour laisser place à l’autre Pokémon. Le Démolosse en sortit et se retrouva en plein dans la trajectoire de l’attaque. Devinez quoi, la capacité spéciale de Torche était… torche. Il absorba les flammes sans broncher, son corps se mettant à briller lorsqu’il eut fini. Le chien infernal n’avait pas besoin qu’on lui explique la situation, il savait ce qu’on attendait de lui. Le Démolosse était moins puissant que ses adversaires, mais l’attaque du Maganon lui permettait de lancer une attaque feu plus forte que d’habitude. Il ne prit pas de temps à choisir sur qui l’envoyer, le Métalosse était une cible parfaite. Il était trop gros pour éviter facilement ce coup, surtout vu la largeur de la ruelle.

-‘ Déflagration. ‘

La demoiselle avait complètement changé. En moins de quelques secondes, sa tristesse était devenue une rage incontrôlable. Elle voulait qu’ils souffrent autant que ceux qu’ils avaient blessés. D’ordinaire ce n’était pas son genre, mais les Zodiacs venaient de dépasser les limites de sa patience. Et lorsque celle-ci était brisée, il n’y avait pas de retour en arrière. Elle voulait protégé Joachim, lui permettre de retourner chez lui vivant, tout comme il avait essayé de l’accompagner jusqu’à la forêt. Le Démolosse relâcha toute sa puissance d’un coup, envoyant une énorme boule de feu vers les assaillants. En fait, vu la grosseur de l’attaque, cela toucherait aussi les humains. Tant mieux, elle serait bien contente de les voir brûler. Les Zodiacs et leurs Pokémons durent reculer, criant alors qu’ils tentaient d’éviter l’attaque. Malheureusement la présence du Léviator fit en sorte que les flammes furent moins dévastatrices, envoyant un Hydrocanon. Merde. Il fallait mettre au tapis ce serpent de mer et au plus vite. Le combat s’engagea alors entre les Pokémons, inégal. Bahia fixait ses amis combattre et avait envie de faire pareil… mais comment ? Quelques fioles dans une main, celle-ci les regarda. Cogneur était fort, mais viendrait-il à bout de ses attaquants ? La botaniste se doutait que la réponse était non. Les deux Pokémons s’entraidaient, Cogneur essayant de bloquer les attaques eau du Léviator et le Démolosse se mettant dans le chemin du Maganon, l’empêchant de brûler le Pokémon plante. Sauf qu’il y avait aussi le Smogogo et le Métalosse. Le Pokémon poison profitait du fait qu’il lévitait pour passer au-dessus du Blindépique, qui était obligé de faire face à ses adversaires.

* Bahia, Joachim, partez ! *

Mais Bahia ne semblait pas l’entendre de cette oreille. Voyant le Smogogo s’approcher d’eux, elle attrapa une fiole d’une main et la lança de toutes ses forces, surprenant le Pokémon qui se prit celle-ci en plein front. La fiole de verre éclata et libéra une poudre jaune, paralysant celui-ci. Le Smogogo tomba lourdement au sol, incapable de bouger. La botaniste se pencha et attrapa le bras de Joachim, pour essayer de le forcer à se lever. Les Zodiacs plus loin commençaient à s’agiter, ils allaient probablement essayer de les attaquer pendant que les Pokémons étaient occupés.

-‘ Je ne te laisserais pas mourir ici tout seul, Joachim. Et moi je n’accepterais pas de passer proche de crever une deuxième fois. Fais-moi confiance, on peut y arriver tous les deux, mais il faut que tu m’aides. Compris ? ‘

La demoiselle lui montra les fioles et hésita quelques secondes. Et s’il libérait Bruno ? Cela donnerait un énorme coup de pouce aux deux autres… mais accepterait-il seulement de combattre ? Tant pis, elle allait essayer sans lui. Bahia grogna et plongea son regard dans celui de l’étudiant, tentant de le convaincre de bouger. Tout ce qu’on pouvait y voir, c’était un océan de colère.
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Berndt Joachim

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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Sam 3 Mai 2014 - 21:48



Bahia se tenait forte face à l'ennemi tandis que Joachim, au sol, se repliait sur lui même pour se protéger du mieux qu'il pouvait. Un spectacle qui ne manqua pas de faire rire les sbires. La plupart des vandales, dont ceux-ci, ont une vision extrêmement machiste du monde. Alliée à leur confiance, ils ne manquèrent pas de provoquer nos protagonistes.

"Regardez moi ça ! C'est une vraie tafiole celui la, même la fille est plus courageuse !" dit l'un, montrant le doctorant du doigt.
"Laisse ton Pokemon sans faire d'histoire et reste à ta place... ou je vais te sauter comme la gare pour t'apprendre le respect !" dit un autre à l'intention de l'herboriste.
Des paroles aussi sombres que leurs intentions. En plus de vouloir raccourcir les jours du barbu, ils se permettaient de le rabaisser afin de le détruire intérieurement avant d'en finir avec son corps. Le sort de la rousse était moins sûr : à en entendre certains, ils comptaient peut être lui laisser la vie sauve... en échange de services sexuels non consentants après lui avoir subtilisé Cogneur.

Là où la jeune femme était galvanisée par la violence des terroristes, l'historien se faisait encore plus petit. Il ne se sentait pas capable de leur tenir tête. Il n'avait jamais sur gagner un seul combat Pokemon, si en plus c'était contre des ennemis surpuissants... Il se renferma sur lui même avant de voir un sac à côté de lui. Il chercha à comprendre d'où il venait. Relevant ses yeux, il vit alors Bahia qui se tenait droite, prête à affronter le danger. Elle comptait sur l'étudiant pour cacher les Pokemons qui avaient perdu leurs parents.  

La confiance de la demoiselle lui donna la force nécessaire pour exécuter son ordre. Il prit le sac et se dépêcha de terminer la distance entre lui et les jeunes rats : moins d'un mètre. Extrêmement farouches et agressifs à cause de la perte de leur mère, ils ne se laissèrent pas faire. Joachim avait beau y aller avec tous les encouragements du monde, ils ne voulaient rien entendre. Le croc fut montré plusieurs fois et les griffes aussi. Heureusement pour l'homme, la jeunesse des Rattata émoussait légèrement leur tranchant. Ainsi, il put subir les attaques sans saigner.

"Allez mes petits, faites moi confiance ! Si vous ne rentrez pas ça finira mal ! Allez !"
Sa voix était à la fois pressée et conciliante... ce qui était une contradiction en soi. Il était normal que les jeunes Pokemons restent méfiants. Les signes de main n'aidaient pas. Prenant son courage à deux mains, le doctorant saisit l'un des rats et le mit dans le sac. Il tenta alors de prendre le deuxième, mais il riposta farouchement. Bien heureusement, il était trop attaché au cadavre de sa génitrice pour fuir, permettant à Joachim de l'attraper sans mal. Il aurait préféré que ce soit fait avec le consentement des Rattata, mais il valait mieux les forcer à rentrer dans de telles circonstances. Le sac fut alors fermé afin qu'ils ne s'échappent pas.

Durant tout ce temps, le barbu n'avait pas prêté attention à l'avancée du combat. Il avait entendu beaucoup de bruit, remarqué une hausse temporaire de la luminosité. Très probablement une attaque feu. Il n'y en avait plus aucune trace... Jusqu'à ce que Torche réplique avec une Déflagration et qu'un Hydrocanon contre entièrement la rafale incandescente. L'agitation poussa l'homme à sauter un pas vers l'arrière pour s'éloigner un peu plus des attaques. Toujours au sol, avec les Rattata à l'abri, il finit par se retrouver à hauteur de la botaniste. Cette dernière lui attrapa le bras pour le forcer à se relever. En même temps, elle haranguait l'étudiant afin de le pousser à combattre lui aussi. Pour qu'il puisse sauver ses fesses et reporter la date de son enterrement. Mais pour cela, il devait combattre. Bahia cherchait du soutien chez la mauvaise personne. Néanmoins, les circonstances ne permettaient aucun refus.

S'essuyant les larmes du coin de la manche, Joachim se releva et mit le sac contenant les rats agités sur son dos. Il prit alors la Copain Ball de son Teddiursa et la Parc Ball de son Nidoran en main. Sans aucune réflexion, il les laissa tomber en ordonnant l'activation du mécanisme de libération.

"Berend, Bismuth... Snfff. Apportez nous votre aide... Snff"
Il tentait tant bien que mal de retenir sa respiration lacrymale. Celle où l'on inspire fortement pour éviter de pleurer de trop. Ce n'était pas en se lamentant qu'il pourrait empêcher que ça ne tourne au vinaigre. Les deux petits Pokemons ne comprenaient pas comment la ville avait pu devenir si inhospitalière en si peu de temps. Leurs yeux ébahis furent rapidement emplis de peur en voyant les flammes et les adversaires qu'ils auraient à affronter. Intimidés à la fois par le talent et la carrure du Leviator, ils s'accrochèrent en tremblotant aux jambes de leur dresseur. Aucune envie de combattre ne transpirait de leur comportement. Ils étaient cependant bien obligés de le faire s'ils ne voulaient pas finir volés ou tués.

Joachim regarda la demoiselle. Il avait presque honte de lui offrir le soutien de ces deux faiblards. Il n'osait pas sortir Bruno. Il était certes puissant, mais trop imprévisible pour le compter comme un allié. Et s'il décidait de profiter de l'occasion pour se venger de Cogneur, aidant ainsi les ennemis ? La Ball du Blindépique resta donc dans les mains du doctorant pour le moment. Tant qu'il pourrait faire sans, il ne l'utiliserait pas.

"Désolé Bahia... Je... Snff ne peux pas l'appeler lui." s'excusa-t-il.
"Berend, baille! Et Snff, euh... Bismuth, tire des Dards Venin  sur le canard en feu !" ordonna-t-il ensuite.
Réticents à combattre, mais confortés par les ordres non dangereux de leur dresseur, les Pokemons s'exécutèrent. Le Teddiursa bailla aussi fort qu'il pouvait. Il y aurait bien un Pokemon adverse qui le subirait et s'endormirait sous peu... Malheureusement, aucun d'entre eux ne montrait de signes de fatigue. Le Nidoran, lui, tira plusieurs petits pics empoisonnés... qui s'écrasèrent sur le Métalosse, lui infligeant au passage aucun dégât. Le petit baragon violet avait choisi la mauvaise cible de par son manque d'expérience.

Les adversaires se moquèrent allègrement de l'échec des tentatives de combat de Joachim et tentèrent de le punir en contre attaquant. Le Smogogo, malgré sa paralysie, put cracher son Gaz Toxik a proximité de toute l'équipe des non Zodiac. Heureusement que la technique était peu précise, il y avait des chances que Cogneur et Torche surpassent la toxine. Berend, lui, n'eut pas cette chance. Il toussa très fort avant de tomber au sol, souffrant. Le doctorant, lui aussi, avait envie de cracher ses poumons. Heureusement, en bon habitant de Mauville, il avait toujours un stock d'antidotes sur lui. On ne vit pas dans une ville entourée de Pokemons empoisonnés sans prendre ce genre de réflexes. Dès que le nuage serait dissipé, il distribuerait les petits tubes contenant l'élixir de Baie Pêcha.

Le Metalosse, lui, chargeait son laser. Il n'avait fait que ça depuis le début de l'affrontement. La teinte blanche qu'il prenait, tout en accumulant de l'énergie le trahissait. Ce ne fut que trop tard que l'étudiant le remarqua étant donné qu'il était dans son dos. Et de l'autre côté, le Leviator imitait son allié. Un autre Ultralaser se préparait. Cogneur ne pourrait pas bloquer les deux. Il y aurait forcément des blessés vu la configuration actuelle. Joachim n'avait plus le choix.

Bruno fut appelé. Ce dernier ricana en voyant le spectacle d'horreur. Voir les humains commettre de tels méfaits... lui plaisait. Il était conforté dans ses thèses et opinions. Au début, il n'eut pas envie de bouger. Mais quand il comprit l'attaque en tenaille adverse, il se précipita pour bloquer l'un des lasers qui fonçait sur ses camarades. Son bouclier apparut aussitôt pour générer le mur protecteur de la Pico-Défense. Il ne cherchait pas à protéger son dresseur, loin de la. Il avait d'autres motivations.

"T'as pas intérêt à perdre contre ce genre de tactique Cogneur, de quoi j'aurais l'air si tu te faisais démonter par ces crétins d'humains ?!"
Oui. Il avait trop de fierté. Il refusait que son homologue soit battu par un autre que lui même. Le Blindépique irait jusqu'à contrer les plans adverses pour empêcher que cela n'arrive... Et ce même si ça devait aider son dresseur.

"Contente toi de casser la tête de ceux de devant. J'empêcherai le Metalosse de te prendre par derrière."

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Bahia
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Dim 4 Mai 2014 - 1:54

La menace qui venait des mâles de l’autre côté de la ruelle perça le courage de la demoiselle. Bahia sentit son estomac se retourner, mais se retint de vomir à nouveau. De toute manière, il ne lui restait que la bile, le Rattatac avait eu raison de son déjeuner. La botaniste serra les dents, tentant du mieux qu’elle pouvait de mettre de côté ce qu’elle avait entendu. Le simple fait de s’imaginer prise entre les Zodiacs faisait monter la panique d’un cran. Si elle se laissait distraire et qu’elle laissait libre court à sa peur maintenant, elle risquait réellement de finir dans le coin de la ruelle toute seule, entourer d’une bande de prédateurs sexuels. Non, elle devait arrêter d’y penser, maintenant ! Déglutissant avec difficulté, Bahia fut rassuré de voir que Joachim avait attrapé les petits rats. Elle se sentait mal pour lui et tentait du mieux qu’elle pouvait d’avoir du courage pour deux, mais c’était impossible. Elle se battait juste parce que son désir de survie était plus fort que la peur de mourir. Il était vrai que plus jeune elle passait son temps à confronter ceux qui l’emmerdaient dans la cour de récréation, mais elle avait l’impression que cela faisait quarante ans de cela. Son accident l’avait laissée meurtrie, pas juste physiquement. La femme fière et pleine de détermination avait pris un coup, ou plutôt un gros rocher à la figure. Depuis, elle n’était plus la même. La botaniste se maudissait intérieurement pour sa faiblesse, à la fois mentale et physique. L’handicapée allait devoir finir par accepter qu’elle n’était plus que le pâle reflet d’elle-même. Renvoyant ses problèmes personnels au fond de son crâne, Bahia allait proposer un mouchoir à Joachim pour essuyer ses joues humides, mais il utilisait déjà sa manche. Sur le coup, elle eut envie de lui dire de courir. Et puis, lui le pouvait. Il pourrait toujours essayer de fuir avec les rats mauves… et après elle se retrouverait seule face au groupe de vandales. Bahia sentit de nouveau les larmes lui monter aux yeux, mais elle se retint de pleurer. Elle ne voulait pas que l’étudiant meure, mais elle avait tellement peur de la menace du viol qu’elle ne voulait pas le laisser partir non plus. Elle avait besoin de lui, même s’il n’était peut-être pas la meilleure personne pour cette situation. La demoiselle mettait sa confiance en lui et elle espérait que ce serait assez. Bahia était consciente que c’était peut-être beaucoup pour lui et l’apparition de ses autres Pokémons la convainquit complètement. Il n’était pas taillé pour le combat et ses amis non plus. Ce ne fit qu’accentuer le malaise de Bahia, qui regrettait à présent de lui avoir demandé de l’aide. Elle n’avait pas envie que ses Pokémons souffrent, ils risquaient d’avoir des blessures graves face aux mastodontes devant eux. Ils tentèrent d’attaquer, mais… en vain. La colère et le courage de Bahia s’effritaient doucement alors que la situation tournait au vinaigre.

* Bahia, éloigne-toi ! *

La demoiselle ignora de nouveau l’avertissement de son Blindépique qui combattait, mais elle comprit rapidement son erreur. Elle avait peut-être paralysé le Smogogo, mais cela ne l’empêchait pas de lancer son gaz toxique. L’handicapée tenta de reculer un peu, mais la douleur qu’elle sentait au niveau de sa jambe blessée la ralentissait encore plus. Cogneur et Torche étaient de l’autre côté et ne semblaient pas souffrir du poison, mais la demoiselle et ses compagnons, oui. Bahia se mit à tousser et regarda avec affolement le petit ourson de Joachim tomber au sol. Merde, ils étaient probablement empoisonnés tous les trois. La demoiselle tenta d’arrêter de tousser, posant son regard sur le combat de devant. Oh non… ils allaient attaquer les deux en même temps ! Son pauvre Blindépique ne pourrait bloquer qu’une seule attaque, pas deux. La botaniste se retourna et, les larmes aux yeux à cause de ses toussotements répétés, fixa Joachim en espérant que l’étudiant libère finalement Bruno. La jeune femme aurait préféré aussi qu’il reste dans sa Pokéball, mais avaient-ils vraiment le choix ? Le pire qui pouvait arriver, c’était que le Blindépique normal se retourne contre le chromatique. Si c’était le cas… alors Joachim pouvait signer son testament et Bahia se déshabiller tout de suite, parce qu’ils n’auraient plus aucune chance. La demoiselle croisa les doigts et observa Bruno, qui venait d’être libéré.

-‘ Je t’en prie Bruno… ‘

Murmura la jeune femme pour elle-même. Est-ce qu’il… oui ! Bahia lâcha un soupir de soulagement en voyant celui-ci bloquer le deuxième Ultralaser. Cette attaque était puissante, mais elle obligeait le Pokémon qui l’utilisait à se reposer. Ses idiots avaient attaqué trop vite, pensant que leurs coups passeraient facilement, alors que les deux Blindépiques s’étaient protégés en même temps. Deux des Pokémons étaient à présent sans défense, il fallait en profiter maintenant. Torche attaquait de plus belle le Maganon, laissant aux Blindépiques la possibilité de s’occuper du Metalosse et du Leviator. Cogneur allait sortir le grand jeu tout de suite, il avait monté sa force avec deux Gonflettes et allait essayer de mettre le serpent de mer au tapis. Il entendit la voix de Bruno derrière lui et faillit se retourner pour lui en coller une dans le visage. Le chromatique considérait la majorité des combats comme des jeux, mais le fait que la vie de sa protégée soit en danger lui mettait les nerfs à vif. Il n’y avait rien de drôle dans cette situation et la raison de l’autre pour le protéger était complètement ridicule. Alors qu’il se préparait à envoyer son coup, la voix de celui-ci résonna dans la ruelle, tranchante comme une lame de rasoir.

-‘ Si moi je me fais démonter, espèce de débile, toi c’est clair que tu crèves. Je prends le Leviator. ‘

La menace était là, Cogneur était plus puissant que lui, si les Pokémons venaient à bout de sa force, alors Bruno n’avait aucune chance et finirait lui aussi dans la merde. Le poing de Cogneur se remit à grossir… pour former une couche épaisse d’écorce et d’épines. Pour venir à bout du serpent, il allait blesser de nouveau son poing. Tant pis, c’était mieux que rien. Le puissant Martobois aurait probablement raison du Leviator, enfin, il l’espérait de tout son cœur. De son côté le Démolosse commençait à faiblir, n’étant pas de taille pour le Maganon. Dès que Cogneur aurait réglé le cas du serpent, il s’occuperait de ce canard de merde. Il s’élança, frappant de toutes ses forces le Leviator épuisé.



Pendant ce temps, Bahia avait fouillé dans son tas abandonné et avait avalé du jus de baie Pêcha, qu’elle trainait aussi religieusement, à cause de ses nombreuses sorties en forêt. La demoiselle avait proposé d’en donner en Joachim, sans se douter que celui-ci était tout aussi équipé qu’elle contre le poison. Seulement, dans toute cette agitation, les deux humains n’avaient pas remarqué qu’il manquait deux Zodiacs à l’appel. Il y en avait trois de l’autre côté, mais au départ, ils étaient cinq. C’est donc avec surprise qu’elle vit les deux Zodiacs masqués, subitement de leurs côtés. Ces enfoirés étaient passés dans la ruelle à côté pour les rejoindre et avec le combat qui se déroulait devant eux, Bahia n’y avait pas du tout porté attention. La demoiselle avait l’impression que son cœur allait sortir de sa poitrine. Ils étaient face à deux hommes, probablement ceux qui les avaient provoqués. La simple idée que celui qui avait envié de lui ‘montrer le respect’ soit aussi près d’elle lui donnait envie de crier. Son Blindépique était trop occupé pour se rendre compte que la menace était bien plus proche à présent. Bahia et Joachim allaient devoir se débrouiller pour l’instant, chose qui ne serait pas aisée. L’étudiant était costaud, mais au final la demoiselle se disait que ce n’était que physique, il était effrayé. Il ne pouvait pas se battre dans cet état… et elle non plus. Bahia aurait espéré recevoir des secours, mais la police et les ambulances étaient déjà toutes déployées au niveau des attaques terroristes. Bonne chance pour les avoir au bout du fil.

-‘ Faite pas les cons. Mets-toi à terre le barbu, je te jure qu’on te torturera pas trop. Tu mourras avant même de t’en rendre compte. ‘

-‘ Et toi j'espère que t'est bonne parce que tu vas finir avec lui. ‘

Bahia ne savait plus quoi faire. Elle voulait se débarrasser d'eux… mais comment ? Les Zodiacs s’approchaient, prêts à les attaquer. L’étudiant risquait de prendre des coups et Bahia risquait surtout d’être attaché comme un saucisson et lâcher aux loups. La peur prit le dessus et la demoiselle serra sa canne dans sa main. D’un mouvement rapide, elle se retrouva devant le barbu. Bahia ne pouvait pas lui expliquer pourquoi elle se mettait en première ligne, cela détruirait sa surprise. Dès que l’un de ces enfoirés tenterait de s’emparer d’elle, il se ferait transpercer de la lame cachée de sa canne. Son instinct avait pris le dessus, elle tenterait de survivre et ce, même si cela sous entendait qu'elle devait en égorger un pour sa survie. Elle fixait les deux Zodiacs, les mains sur le mécanisme permettant de libéré sa lame, prête à transpercer l'un d'eux s'ils se montraient imprudents.

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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Mer 7 Mai 2014 - 22:01



Cogneur répondit encore une fois avec subtilité. Cela faisait presque sourire Bruno de l'entendre utiliser un vocabulaire aussi cru. Il avait presque envie de rire quand le chromatique sous entendait qu'il était le seul pilier de l'équipe. A croire qu'il était trop imbu de sa force. Bruno, bien qu'inférieur en pouvoir, n'était pas une quiche en stratégie et l'affrontement entre les deux Blindépique en avait été la preuve. Mais ce n'était pas le moment pour l'Egide des forêts d'obtenir sa petite revanche. A vrai dire, il était plutôt préoccupé par la question existentielle du côté à adopter. Cogneur serait tranquille pendant un moment vu le temps de recharge de l'adversaire qui le tapait dans le dos et Bruno se devait d'occuper son temps. Il y avait certes les fous en face qui lui permettraient d'échapper à Joachim, mais d'un autre côté les rallier l'empêcherait de se venger de l'humain. Après une longue confrontation interne, il choisit d'aider son propriétaire... pour se réserver les droits par la suite.

D'un seul coup, deux Zodiac surgirent aux côtés de nos protagonistes. Ils voulaient mettre à terre le barbu et s'occuper des fleurs de la botaniste. Pourquoi faut-il toujours tomber sur des parodies de méchants se questionnait l'étudiant. Il était tiraillé entre les écouter pour que ça en finisse rapidement et résister. La peur l'envahissait de plus en plus et le seul désir qu'il pouvait formuler était le réveil de cet affreux cauchemar. L'instinct de survie lui offrait de magnifiques montées de stress et le poussa à se mettre au sol, se soumettant. Puis il eut la vision. Berend et Bismuth étaient à ses côtés. Ils étaient certes faibles contre leurs pairs, mais l'expérience avait prouvé de maintes fois à Joachim que ça pouvait être bien différent contre les humains. Bahia se plaçait devant l'homme, ce qui lui offrait une parfaite couverture pour accomplir son méfait. Il ne se reconnaissait plus : la peur de la mort le poussait à se comporter d'une manière contre nature. Il prit alors son Nidoran dans ses bras tout à fait discrètement puisque la demoiselle le cachait. D'un seul coup, les épines empoisonnées du baragon transperçaient la chair de l'un des deux ennemis. Joachim avait poussé son Pokemon contre les jambes des Zodiac en contournant celles de Bahia. Les piquants et le Point Poison feraient le reste : de belles nécroses apparaitraient sous peu.

Joachim eut envie de rire du succès de son coup. Il relâcha d'ailleurs un petit rictus. Il était fier d'avoir pu se défendre d'une manière aussi fourbe... Mais il se ressaisit aussitôt. Rien n'empêchait les Zodiac de se venger de lui : le poison n'aurait pas d'effet immédiat. Et puis que diraient ses parents s'ils apprenaient ça ? "On n'a pas élevé notre fils pour qu'il se rabaisse à ça !". Le remords le rongeait déjà. C'était sûr maintenant, il allait prendre cher.

Bruno, de son côté, se contenta de tirer des Vampigraines sur le Metalosse trop occupé à se reposer pour les esquiver. Il perdrait constamment un peu de vitalité tandis que le colosse la récupèrerait à son profit. Il observait la scène, tentant de déterminer l'action qui maximiserait son utilité. Et voici qu'il l'avait devinée. Il allait balancer des picots de partout. Ca serait rigolo, plus personne n'oserait bouger : et en particulier les adversaires. Et puis, combinées à un Séisme, ces épines pouvaient voler dans la direction de l'onde : c'est à dire vers les ennemis. La prochaine étape était de faire tomber Cogneur à nouveau. Ca serait très drôle.

En voulant voir où était la cible de son futur Fouet Lianes, Bruno vit alors comment Joachim avait empoisonné l'un d'entre eux. Encore un coup bas de sa part. Néanmoins, il ne laisserait pas les ennemis le toucher. Seul le Blindépique se jugeait en droit de le violenter. Un mouvement de trop et la liane n'irait pas vers Cogneur mais vers les agresseurs. Les voici d'ailleurs qui commençaient à bouger. L'un tendait la main pour réclamer la cane de la demoiselle sous prétexte qu'elle en aurait pas besoin là ou elle irait. L'empoisonné, lui, hurlait à la mort et à la vengeance. Il découvrit sa jambe en relevant son vêtement pour voir ses plaies recouvertes d'un pus violacé. Son collègue tournait légèrement la tête pour lui demander si ça irait et lui indiquer qu'il ferait mieux de prendre son dû en donnant le double de douleur à Joachim. Alors que le blessé sortait son couteau pour attaquer le barbu, le Blindépique tira des Dards Nuées de son poing en ligne droite en visant la main du sbire. Il lâcha alors son arme dans un cri de douleur et pour cause : sa main ressemblait à un cactus. Surpris, son allié regarda dans sa direction. Cela faisait une belle ouverture aux humains pour tenter de fuir.

Mais à trop se concentrer sur son dresseur, Bruno avait oublié un élément crucial : le Métalosse avait pu récupérer de son laser et n'avait pas a bouger pour attaquer. Les Picots ne le bloqueraient pas pour lancer une attaque Psyko sur l'Epinarmure. Ce dernier tomba sur les genoux en hurlant et se frappant le crâne...
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Bahia
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Jeu 8 Mai 2014 - 10:23

Bahia était prête mentalement. Dès que l’un de ses enfoirés tendrait son bras… elle appuierait sur le mécanisme et lui enfoncerait sa lame dans le corps. La demoiselle aurait pu prendre une chance et tenter de lui envoyer son somnifère à la figure, mais ce serait trop… doux comme vengeance. Elle n’allait pas laisser partir un homme qui l’avait menacé de viol comme ça tranquillement, après lui avoir fait faire un gentil petit dodo. Non, hors de question. Il allait ravaler ses paroles, et ce, rapidement. La botaniste avait les jointures blanches tellement elle serrait sa canne dans ses mains, le regard farouche. Allez, approche encore un peu, c’est ça. Et… quoi ? Qu’est-ce qu’il avait à crier, elle n’avait même pas commencé ! L’handicapée vit alors le mouvement du Zodiac et resta un instant stoïque en apercevant les blessures qu’il avait à la jambe. La jeune femme tourna légèrement la tête quelques secondes, pendant que l’autre tentait aussi de comprendre ce qui lui arrivait. Bahia fut surprise de voir l’étrange sourire sur le visage de l’étudiant. C’était lui qui avait fait ça ? La botaniste sentit une sorte de regain d’énergie. Elle n’était pas toute seule et c’était rassurant de savoir qu’il se battrait un peu pour sa survie. L’handicapée reposa son regard sur leurs ennemis et vit alors que celui-ci avait aussi envie de se venger, les menaçant d’une arme blanche. C’était le moment de… non. Encore une fois Bahia avait été coupée dans son élan, cette fois-ci par Bruno. La rousse n’était pas sûre d’aimer vraiment ça. Le Blindépique n’aimait clairement pas Joachim, alors pourquoi le protéger subitement ? Ça ne sentait pas bon. De toute manière, pas le temps de penser vraiment à cela. Elle espérait de tout son cœur que Joachim garderait un œil cette fois-ci sur sa Ball, parce qu’elle ferait une crise de nerfs si Bruno la reprenait et qu’ils étaient obligés de faire le même cirque que tout à l’heure.

-‘ Tu vas regretter ce que tu as dit. ‘

La voix de Bahia avait percé le bruit ambiant, froide. Alors que le Zodiac tenait sa main pleine de piquants, la botaniste avait libéré son arme. Dans un léger grincement, la lame de la demoiselle apparue, brillante et bien aiguisée. Le bout de sa canne lui servait de pommeau, rendant celle-ci facile à manier. Ce qu’elle fit ensuite était uniquement poussé par l’adrénaline et le stress, alors qu’elle marchait sur ses deux jambes sans appuis. Sa démarche était légèrement incertaine, mais elle ne rata pas sa cible. Le premier Zodiac avait reculé, déjà blessé à la jambe et à la main. Le deuxième, celui qui l’avait menacé de viol, était à sa portée. Il n’eut même pas le temps de réagir, visiblement dépassé par les évènements. Il ne s’attendait clairement pas à ce que la petite demoiselle se déplace avec une telle arme sur elle. La lame s’enfonça légèrement dans son épaule, s’accompagnant d’un cri de douleur. Et c’était loin d’être terminé, Bahia lui réservait autre chose par la suite. Par réflexe le Zodiac la frappa d’un coup de poing, qu’elle fut incapable d’esquiver. La botaniste encaissa sur l’épaule, non sans gémir un peu. Reculant d’un pas à cause de l’attaque, elle ne fit que reprendre de l’élan et pousser encore un peu sur son arme. Le premier Zodiac cherchait visiblement à s’armer lui aussi, ce qui était difficile avec sa main en cactus et le poison qui commençait à faire du ravage. Ils commençaient clairement à perdre le contrôle, la situation se retournait contre eux et ça ne semblait pas leur faire plaisir, avec raison. Cela leur donnerait peut-être une leçon sur le fait de sous-estimer leurs adversaires d’apparences faiblards. La demoiselle tira alors d’un coup sec, reculant de nouveau. L’homme se retrouva à genou, haletant. Il se tenait l’épaule et tremblait, son sang coulant au sol. Bahia était étourdie. Qu’est-ce qu’elle venait de faire ? Venait-elle réellement d’attaquer ainsi quelqu’un, qu’elle aurait pu probablement tuer ? Oui. Et au final, elle s’en fichait.

De son côté, Cogneur avait envoyé sa plus puissante attaque dans la figure du Leviator. Le serpent de mer rugit de douleur et se recrovilla sur lui-même, n’attaquant pas en retour. Le chromatique sentit les épines s’enfoncer dans son poing et il grogna, secouant celui-ci. Il commençait à accumuler la fatigue et son attaque l’avait meurtri. Le Zodiac mécontent rappela son Pokémon, pour lui éviter plus de dégâts. Le chromatique n’avait rien vu de ce qui s’était passé derrière et lorsqu’il se retourna, sa colère monta en flèche. Son amie était de l’autre côté, avec deux Zodiacs. Ils semblaient blessés, mais le Blindépique ne voulait prendre aucune chance. Il vit alors Bruno, qui semblait souffrir d’une attaque. Probablement du Métalosse, puisqu’ils n’étaient pas au corps à corps et qu’il le fixait. Puis il vit les picots au sol, ne faisant que le rendre plus furieux qu’il ne l’était déjà. Cet enfoiré avait fait exprès, c’était évident à ces yeux. Qui aurait pu les poser à par lui ? Le Démolosse et le Maganon ne bougeaient plus, tous deux avaient une faiblesse sol et ne voulaient pas marcher dessus. C’était mieux ainsi pour Torche, le chien infernal était sur le bord de l’évanouissement. Son prochain mouvement allait être décisif, il devait pondre une idée, et ce, rapidement. Il regarda quelques secondes l’autre Blindépique pendant qu’il souffrait et lui fit un regard qui semblait dire : non, va te faire foutre, débrouille-toi tout seul, avant de lui tourner le dos sans l’aider. Il lui avait tendu la main et il avait craché dedans, alors tant pis. Cogneur n’était pas réputé pour sa patience et il n’avait aucun remord à laisser son homologue souffrir, sachant qu’il était certain que celui-ci l’attaquerait dans le dos dès qu’il le pourrait.

Après avoir posé deux secondes son regard sur la scène derrière, il se retourna et… se mit à courir, marchant sur les picots sans hésiter. Le Smogogo était encore paralysé, le Leviator hors d’état et les autres derrière lui. Les humains étaient plus loin et faisaient à présent des cibles faciles. L’un d’eux le vit venir et partit en courant dans l’autre sens, s’enfuyant en laissant les autres dans de beaux draps. Il attrapa le premier avant qu’il ne dégaine son arme, lui enfonçant son poing dans l’estomac. Autant dire que, venant de lui, les risques de factures étaient élevés. Avant qu’il ne s’écroule, il posa sa main sur sa tête et le souleva comme un pantin, fixant son ami d’un air fou. C’était trop tard pour l’autre Zodiac, il tenait son arme à feu, mais il n’osait plus tirer à cause de l’otage que tenait Cogneur, qui avait maintenant les deux mains autour de sa tête. Un peu de pression et… pouf. De la bouillie à la place du cerveau. Il cria alors.

-‘ Hey, le Métalosse, fait le message. Dit à ton connard de dresseur de te rappeler. ‘

Cogneur avait visé un Zodiac parce que c’était le chemin le plus facile et rapide. Les cris de son acolyte faisaient hésiter l’autre devant, tout comme les deux Zodiacs blessés près de Joachim et Bahia. Les Pokémons ne réagissaient plus, de peur que leur mouvement amène la mort de leur dresseur. Le psychique arrêta donc son attaque sur Bruno, passant le message aux autres. Les deux Zodiacs blessés commençaient à s’éloigner, la fureur brillant dans leur regard. Le blessé à l’épaule avait réussi à se relever, mais semblait mal en point, probablement à cause de la douleur et de la perte de sang. La demoiselle était certaine que l’autre était blême sous son masque, il devait être soigné pour son poison et vite. Elle s’éloigna d’eux aussi, peut stable sans sa canne, qui était à présent pleine de sang. La botaniste voulait éviter que la technique de l’otage se retourne contre elle. Elle posa son regard sur Joachim, l'épuisement se lisant dans celui-ci. La botaniste n'osait pas l'avouer devant les autres, mais elle commencait à voir des points noirs. Cogneur de son côté ne bougeait pas, serrant un peu plus ses mains, juste pour lui faire peur. Sa voix perça de nouveau le silence, traduit par le psychique.

-‘ Dépêchez-vous. Foutez le camp et je libère votre pote. Partez. MAINTENANT. ‘


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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Ven 9 Mai 2014 - 22:20



Alors que Joachim se trouvait déjà assez violent, il fut stupéfait parce lle dont la botaniste faisait preuve. Jamais il n'aurait cru qu'elle se baladait avec une arme camouflée depuis le début. Malgré ses jambes hésitantes, elle semblait l'utiliser adroitement et frappait les endroits stratégiques pour mettre les adversaires à terre le plus rapidement possible. Qui aurait cru qu'une personne si douce puisse cacher une telle facette avide de sang ? Sans doute la peur des abus la transfigurait ainsi.

N'osant pas interférer avec sa furie, l'étudiant resta immobile ou du moins n'avança pas. Il s'occupait de remonter le moral de ses troupes de Pokemons faibles. Berend pleurait de chaudes Croco Larmes, malheureusement sans cible précise, les rendant inefficaces. Bismuth, lui, n'en revenait toujours pas d'avoir été utilisé comme arme par son dresseur. Il était "content" d'avoir pu être utile, mais les circonstances réduisaient sa joie. La créature violette chercha du réconfort auprès de l'homme qui le caressa tout en gardant l'oeil attentif à la scène.

Bruno semblait souffrir mais rien ne semblait l'attaquer... A moins que les yeux brillants du Metalosse ne trahissaient une attaque psychique ? Ca devait être ça, le désavantage du type expliquerait ce mal invisible qui le rongeait rapidement. Le Blindépique fut soudain relâché de l'emprise mentale dont il était la victime. Son attaquant semblait occupé à autre chose. En regardant de l'autre côté, le barbu vit que Cogneur se montrait entreprenant et prenait un otage. Sans doute pour garantir la fuite des deux civils. C'était malin, malgré les bouffonneries de son homologue, il avait pu se saisir d'un ennemi et forcer le Metalosse a arrêter son coup.

Pour en revenir au cas de l'Epinarmure, son esprit était à présent embrumé et confus. La technique ennemie avait été utilisée à pleine puissance, pour faire des dégâts au dela du KO. Il le sentait, la douleur attestait du nombre de synapses qui avaient été déconnectées : cela prendrait quelques jours pour qu'elles soient remises en place même avec l'aide de l'infirmière. Il se sentait pataud, faible. La bouche ouverte en grand et les yeux légèrement vitreux, il se releva doucement en respirant fort. Sa vision n'avait heureusement pas encore été altérée par la destruction cérébrale. Ses souvenirs à court terme, par contre avait souffert... Il ne comprenait pas pourquoi tout était en feu, pourquoi tant de violence se déchainait autour de lui. Il voyait juste un autre Blindépique tenir un homme en otage. Il connaissait ce Pokemon, il l'avait déjà vu récemment. Son esprit mit du temps avant de percuter que c'était Cogneur. Il y avait aussi les deux humains dont son propriétaire qu'il n'appréciait guère. Il divagua en avançant, ne sachant pas trop où il allait mais voulant rejoindre Cogneur. A défaut d'apprécier les autres, il se rendait vers ce qui lui semblait familier.

L'ultimatum de Cogneur commençait à durer. Les Zodiac allaient-ils accepter ses termes et conditions ou possédaient-ils aussi un dernier atout dans leurs manches ? La durée des négociations semblait indiquer la deuxième solution. D'un coup, la lumière brilla intensément : un Flash avait été utilisé. Et une autre attaque psychique invisible fut utilisée, à l'intention du chromatique.  Joachim dut se cacher les yeux après le Flash, se sentant comme s'il avait été brûlé. A croire qu'il devrait porter des lunettes plus puissantes par la suite. Il fut donc aveuglé pendant de longues secondes. Joachim avait beau hurler, se frotter les yeux, il n'y voyait rien. Bruno, lui, n'avait pas été affecté directement par le Flash : ses divagations l'ayant poussé à regarder dans le sens opposé à sa source : la grenade flash lancée par un des sbires.

Puis le colosse de Joachim vit les yeux du Metalosse briller à nouveau tandis que ce dernier fixait son homologue. Même si ses souvenirs étaient embrouillés, la douleur fournie par ces yeux restait indélébile. Il comprit immédiatement ce qui attendait Cogneur. Il se rendit aussi vite qu'il put auprès du chromatique, pleurnichant à cause des Picots. Qui avait bien pu poser ces conneries ici ? se demandait-il. Il se pressa au maximum avant d'arriver enfin en face du Blindépique de Bahia. Il ne voulait pas qu'il soit vaincu par une éventuelle Psyko reçue en fourbe et donnée avec l'intention de tuer. Bruno ne regardait pas si Cogneur réagissait ou pas, peut être avait-il esquivé le coup ? Malgré son état de fatigue avancé, il refusait de voir l'autre perdre face à quelqu'un d'autre que lui. Utilisant son bouclier, il s'interposa entre les deux êtres liés potentiellement mentalement par la Psyko.

Le contact visuel ayant changé, la cible de l'attaque finit par être le Pokemon de Joachim. Le bouclier craqua à nouveau et son porteur s'effondra, terrassé par la technique psychique. Mais au moins il avait potentiellement évité à son "rival" un retournement de situation qu'il n'aurait pas apprécié. Tombant doucement au sol, Bruno sentit son esprit fondre à nouveau... Mais cette fois-ci, il ne sut pas se relever. Il restait tel un légume au sol, dans un coma presque végétatif. Du sang coulait légèrement de son nez tandis qu'il sombrait dans l'inconscience. Sa dernière pensée avant de basculer était la victoire de Cogneur, outre sa fierté, il ne voulait pas que le Metalosse qui lui avait fait du mal puisse s'échapper indemne.

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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Dim 11 Mai 2014 - 14:53

Bordel de merde.

Cogneur commençait à avoir des doutes. Ces enfoirés ne bougeaient pas. Est-ce qu’ils se fichaient de leur pote à ce point ou ils préparaient quelque chose ? Le chromatique serra les dents et les poings aussi, sa victime gémissant entre ceux-ci. Gémis autant que tu veux, pensa le Blindépique. Il n’avait qu’à passer son chemin quand il en avait la chance. Cogneur n’eut pas le temps d’y penser plus que cela, il fut soudainement aveuglé. Le chromatique poussa un cri de colère et ferma les yeux, sans pour autant lâcher son otage. En fait il le rapprocha de lui comme s’il lui faisait un câlin, ne donnant pas la chance aux autres de lui arracher son butin. Il mit de très longues secondes à pouvoir reprendre une vue normale. Chaque fois qu’il tentait d’ouvrir les paupières, il avait l’impression qu’on lui brûlait la rétine. Il se forçait à les laisser ouverts, mais il ne voyait que de vagues formes, dont une qui s’approchait de lui. Seule la couleur empêcha le chromatique de frapper Bruno, le reconnaissant que grâce à cela. Puis lentement les formes floues commençaient à redevenir solides et Cogneur observa avec surprise son homologue s’effondrer devant lui. Qu’est-ce qu’il venait de se penser !? Le Blindépique n’y comprenait plus rien, fixant Bruno qui était au sol. Il avait manqué ce qui s’était passé à cause de la lumière vive. Il vit le sang coulant du nez de son homologue et releva ensuite la tête vers le Métalosse. Celui-ci le fixait droit dans les yeux, prêt à retenter la même attaque sur lui. Une seconde, c’était lui qui tenait l’otage, pourquoi avoir attaqué Bruno ? Le chromatique se mit à grogner, reposant de nouveau son regard sur l’autre. Il l’avait vu venir vers lui et il était juste à ses pieds. Ce pouvait-il qu’il se soit mis dans la trajectoire de l’attaque ? C’était stupide, il le détestait ! Il y a à peine quelques minutes, il était en train de mettre la merde pour le ralentir et là subitement, il le protégerait. Pourquoi ? Quand même pas pour cette stupide idée de combat entre eux ? Le chromatique ne savait pas quoi penser de tout cela. Il n’avait pas reçu de Psyko, mais il était déjà confus. Il valait mieux pour lui de réagir vite d’ailleurs, parce que le Métalosse commençait à se préparer pour une autre attaque.

-‘ Tant pis pour toi. ‘

Le Métalosse arrêta en voyant que le Blindépique venait de jeter à terre son otage comme si ce n’était qu’une peluche, le corps du Zodiac frappant l’asphalte avec un grand cri. Cogneur souleva son pied et le laissa retomber avec force, faisant sombrer l’homme dans l’inconscience. Peut-être que ses collègues avaient cru qu’il ne le ferait pas vraiment, mais à présent, il s’en fichait bien. Le Pokémon psy poussa un cri et l’homme derrière le Blindépique ramena son Maganon, avant de ficher le camp au plus vite, laissant son ‘ami’ dans la merde. Il avait essayé quelque chose, mais Bruno avait détruit cette stratégie en se mettant dans le tir de l’attaque. Si Cogneur avait pris le Psyko, il aurait pu sauver son collègue. À présent, il cherchait juste à sauver ses fesses à lui. Il n’était pas le seul à fuir. Les Zodiacs blessés de l’autre côté avaient disparu après le Flash. Ils auraient bien aimé se venger aussi, mais le premier commençait à ressentir les effets du poison et il était temps pour lui de se faire soigner. Il ne restait donc dans la ruelle que le Métalosse et son dresseur hors d’état de nuire. Bahia, après avoir dû endurer aussi les effets de la lumière, leva sa main et rappela son Démolosse, qui était couché au sol, épuisé. La demoiselle s’était calmée à présent et son visage neutre ne reflétait aucune émotion. Elle était aussi fatiguée et avait un peu de mal à tenir debout. Sa jambe l’élançait et elle avait hâte que cette situation aboutisse.

-‘ Cogneur ? ‘

Pas de réponse. La communication psychique avait été brisée. Bahia ne savait pas ce qui se passait avec Phloxe, il devait être fatigué aussi. Tant pis, ils allaient faire sans pour tout de suite. La tension était palpable entre les deux Pokémons, qui se fixaient sans réagir. Puis lentement, le Blindépique chromatique attrapa le pantin désarticulé qu’il y avait sous son pied et le souleva, le montrant au Métalosse. Les yeux de celui-ci se mirent à briller et l’homme fut soulevé par ses pouvoirs psychiques, s’éloignant de Cogneur. Celui-ci en profita pour s’approcher de Bruno et le soulever, non sans une certaine difficulté. Il était lourd, le bougre. Il était trop gros pour qu’il le tienne dans ses bras, alors il se pencha vers l’avant et tenta de le mettre en partie sur son dos. Les deux énormes piques sur sa carapace l’empêcheraient de tomber, mais il était obligé de continuer de le tenir, une partie de Bruno lui retombant sur la tête. Il avait un de ses bras dans la figure et l’une de ses jambes qui trainaient sur son épaule, rendant le déplacement plus compliqué. Il fixa encore un moment le Métalosse qui, sachant qu’il n’y avait rien de plus à gagner ici, s’envola avec son dresseur. Tous deux avaient compris que ce combat ne mènerait à rien. Son dresseur avait besoin de soin et l’autre Blindépique aussi. Les deux Pokémons avaient donc fini par prendre la même décision : l’arrêt du combat et la fuite. Cogneur vérifia qu’il partait vraiment et se mit en marche, manquant de tomber au premier pas à cause du poids de son chargement mal placé. Il était presque aussi imposant que lui et s’était difficile de lui faire garder l’équilibre. La demoiselle, sortant de sa torpeur, se mit à clopiner vers son Pokémon. Quelque chose dans sa démarche avait changé, la demoiselle semblait laisser trainer sa jambe un peu, tentant de s’appuyer le moins possible dessus.

-‘ Blindé ! ‘

Pas facile de savoir ce qu’il voulait sans le comprendre. Bahia était encore un peu sonné par tout ce qui venait de se dérouler et mis quelques secondes avant d’enfin savoir ce qu’il voulait. La potion. La demoiselle s’approcha et regarda Bruno de plus près. Il semblait… mal en point. Il avait besoin de soin et plus que ce qu’il avait eu tout à l’heure. La botaniste sortit la potion qu’elle n’avait pas utilisée finalement et aspergea le visage du Blindépique, espérant que cela l’aiderait à tenir un peu. Cogneur en profita pour voir comment elle alla. Bahia était… couverte de sang. Elle ne semblait pas vraiment le remarquer, trop concentrée sur le reste. Il fallait… retourner de là où ils venaient. La jeune femme aurait pleuré si elle n’était pas aussi à sec. Si près et si loin du but. Ils avaient failli partir pour la forêt… à présent ils devaient s’éloigner d’elle à nouveau. Sans un mot, Cogneur se remit en marche, transportant toujours Bruno. Bahia se mit à le suivre, jetant un coup d’œil à l’étudiant.

-‘ Cogneur, tu devrais peut-être laisser Joachim remettre Bruno dans sa Pokéball. ‘

Le Blindépique chromatique se retourna et rugit de colère, surprenant son amie. Évidemment il fallait que Phloxe fasse défaut à ce moment-là. Son Pokémon avait visiblement décidé de trainer Bruno et ce, même si c’était difficile. Pourquoi ? Peut-être à cause du coup de pouce de tout à l’heure. Bahia ne dit rien et s’approcha doucement de Joachim. Il était le seul au final à décider s’il voulait laisser Cogneur trainer son Blindépique. Toutes sortes d’émotions se mélangeaient dans son regard. Bahia n’avait toujours pas compris ce qui venait de se passer et mettrait du temps à réaliser réellement ce qu’ils avaient fait et ce qui s'était produit ici. D’une voix tremblante, elle lui demanda rapidement alors que Cogneur s’éloignait déjà pour le centre Pokémon.

-‘ Ça va ? ‘
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Dim 11 Mai 2014 - 21:37



Plongé dans le blanc pendant quelques secondes, l'étudiant n'avait pu deviner ce qui se passait qu'avec les sons. Des cris, des bruits de pieds qui courent, et un bruit sec imitant celui d'un être énorme qui s'effondre au sol. Joachim espérait que ce ne soit pas Cogneur, il était leur éventuelle carte de sortie. Même si le Flash pouvait laisser croire qu'ils allaient tenter de sauver le Zodiac tout en se débarrassant du Blindépique, rendant les perspectives futures peu joyeuses.

Mais petit à petit les couleurs, les formes revinrent gratifier les yeux du barbu. Il constatait à nouveau dans quel cauchemar éveillé il se trouvait. Sur son dos, les Rattata commençaient à s'agiter. C'était bon signe, ils ne s'étaient pas échappés et n'avaient pas subi la lumière intense. La botaniste rappelait son Démolosse et semblait fatiguée de ce qu'elle venait de vivre, ce qui était compréhensible. Lui aussi était éreinté par toutes ces mésaventures et il n'avait plus qu'une hâte, se reposer. Joachim voulut s'assurer de la santé du Pokemon de Bahia. Cogneur était toujours debout, et avait balancé sa prise au sol. Peu après, tous les ennemis prirent la poudre d'escampette, laissant en paix ceux qu'ils avaient agressés. Le doctorant voulait se réjouir que sa dernière heure n'était pas encore arrivée, et surtout pas dans de telles circonstances. Néanmoins, sa joie fut coupée nette quand il vit ce que Cogneur était en train de ramasser.

"Bruno ?!"
Le Blindépique inconscient reposait sur le dos de son homologue. Qu'avait-il bien fait pour se retrouver dans un tel état ? Ce n'était quand même pas la Psyko d'avant ? Il n'avait pas pu se déplacer comme ça alors qu'il souffrait sur place. Quelque chose avait du se passer pendant le flash de lumière. Joachim ne se fit pas prier pour se relever et rejoindre Cogneur à la vitesse maximale que son corps pouvait lui donner. Le chromatique s'était approché de sa dresseuse ainsi le trajet fut court. L'étudiant saisit l'une des mains de son Blindépique pendant que les premiers soins lui étaient prodigués par la médecine de la rousse. L'homme ne savait pas quoi faire d'autre à part lui serrer la main en le regardant avec tristesse. Chaque fois qu'il le sortait de son orbe, il finissait fâché ou blessé : c'était vraiment frustrant pour le doctorant de se sentir si mauvais dresseur de Pokemon. La culpabilité le rongeait : il aurait du être plus prudent avant d'envoyer avec témérité son Epinarmure au combat, le condamnant à de graves blessures.

C'est alors que la demoiselle incita implicitement Joachim à verrouiller l'état de santé de son Pokemon en le rappelant. C'était la meilleure chose à faire. En plus de soulager Cogneur, elle mettrait Bruno en stase, le protégeant de toutes complications. La Level Ball fut alors utilisée sans hésitations. Le corps du colosse sylvestre disparut dans une infinité d'étoiles rouge clair, couleur du Noigrume ayant été utilisé pour la forger. Et rapidement, la Parc Ball de Bismuth et la Copain Ball de Berend furent également mises à contribution. Tout ce petit monde avait besoin de repos. Il était trop tôt pour les câlins post traumatiques.

"J'ai bien cru que j'allais crever dans cette ruelle... Je suis désolé. J'aurais du nous faire prendre un autre chemin."
Les mots avaient un peu de mal à sortir à cause de l'état psychologique de leur orateur. Malgré le soulagement d'être enfin "sauvé", le barbu n'était pas en paix. Les rues étaient encore dangereuses, le feu couronnait toujours le ciel et les deux humains étaient blessés. Ils étaient bons pour retourner au Centre Pokemon. Ce n'était peut être pas la bonne solution, il devait être blindé de monde compte tenu des circonstances. Et ces personnes avaient bien plus besoin de soins, en particulier s'ils étaient victimes directes de l'explosion. Encombrer les infirmières proches ne leur rendrait pas service.

"Attends !" apostrophant Cogneur, l'étudiant proposa son plan.
"Je pense qu'il serait plus sage de visiter un autre centre. Je ne me sentirai pas la force mentale de refaire ce trajet... Et puis ils ont d'autres soucis. On devrait continuer jusqu'à la forêt. Il y en a un autre dans la banlieue qui la cerne. On devrait y être en sécurité. Ce n'est qu'à 20 minutes de marche..."
Ses phrases étaient encore marquées par la peur. Il ne se sentait pas en sécurité. Le peu de courage qui lui restait l'empêchait de faire dans son pantalon mais lui pressait de quitter les lieux le plus vite possible. Habitué des voyages en forêt, Joachim savait parfaitement qu'un autre centre était disposé en périphérie du dédale d'arbres pour fournir des premiers soins rapides. Il disposait cependant d'une capacité d'accueil faible en termes de chambres pour les dresseurs itinérants. Il commença à marcher dans la direction du dit centre, pour quitter le plus rapidement possible cette ruelle maudite. Bahia pouvait suivre ou ne pas suivre. Le doctorant s'était entêté d'y aller pour soigner son blessé. La marche serait pénible, mais il devait ça à Bruno. Mais à son grand plaisir, il fut suivi par la demoiselle. Il n'osa cependant plus prendre la parole, ruminant encore ses souvenirs horribles.

Après une marche silencieuse pour le doctorant, ils arrivèrent enfin au convoité centre. Ce dernier semblait bien calme comparé à celui qu'ils avaient quitté il y a une heure. Quelques dresseurs blessés attendant leur compagnon... C'était une chance inouïe que les infirmières n'aient pas été réquisitionnées pour aider les hôpitaux du centre ville. Rapidement, ils furent accueillis par une Joëlle à qui Joachim confia les balls de l'intégralité de son équipe. Il se garda bien de parler des Rattata qu'il portait sur son dos pour le moment. S'installant ensuite à une des tables en verre libres,il invita la botaniste à le rejoindre. Un distributeur d'eau leur permettrait de parler autour d'une boisson.

"On a eu chaud... Sans Cogneur ça aurait été cuit. Il faudra que je le remercie. Et merci aussi d'avoir pris notre défense. J'ai été épaté par tes talents de duelliste."
Il marqua un silence.
"Au fait, ils sont toujours là." ajouta-t-il en donnant un signe de tête en direction du sac qu'il avait posé sur la chaise à côté de la sienne. Il l'ouvrit pour que les petits rats prennent enfin l'air frais. Bien qu'en sécurité au fond de la besace de Bahia, ils devaient commencer à étouffer. Des cris tristes et farouches furent leur seul remerciement : l'éloignement de leur défunt parent les déchirant.

"Tu as une idée de ce qu'on pourrait en faire ? Seuls dans la rue, j'ai peur pour leur avenir."
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Lun 12 Mai 2014 - 11:10

Cogneur grogna, mais ne fit rien. C’était mieux ainsi, lui pouvait se reposer un peu et l’état de Bruno ne risquait pas de devenir plus grave qu’il ne l’était déjà. Bahia écouta attentivement Joachim et hocha doucement la tête. Si c’était vers la forêt, c’était encore mieux. Elle le suivrait même si elle était sur le point de craquer, parce qu’elle devait savoir si le Blindépique allait bien et si l’étudiant serait encore en danger. Il était tout simplement hors de question de le laisser faire le trajet tout seul, pas après ce qui s’était passé ici. La botaniste se mit donc en route, tout aussi silencieuse que lui. La jeune femme avait besoin de réfléchir, mais elle avait du mal à se concentrée. Sa jambe était un poids lourd dont la douleur ne faisait qu’augmenter avec le temps. Que faire ? Bahia n’aimait pas prendre ses médicaments, ça lui donnait l’impression qu’elle en était dépendante. Seulement, si cela continuait comme cela, demain elle ne serait pas capable de s’appuyer dessus. Avec un peu de chance, elle pourrait s’asseoir au centre Pokémon et laisser le temps à la pression de retomber. Le Blindépique se rendit vite compte que celle-ci se forçait pour garder le rythme, elle haletait et sa démarche était plus saccadée. Le chromatique n’avait plus le poids de son homologue, il l’attrapa donc sans lui demander son avis. De toute manière il n’en avait pas besoin, l’handicapée était trop épuisée pour débattre avec lui et elle commençait réellement à avoir mal. Cogneur la cala bien dans ses gros bras comme s’il la berçait et continua sa route, restant près de Joachim. Bahia ferma les yeux et se laissa transporter, rassurer par la présence de son protecteur. Le visage du chromatique restait fermé, il réfléchissait toujours au cas de Bruno, ne sachant pas trop comment il devait réagir. Il avait empêché que la situation ne devienne trop chaotique, mais pour des raisons qui dégoûtaient le chromatique. Malgré le fait que celui-ci lui tapait sur les nerfs – sérieusement, il avait un balai dans le cul ou quoi !? – il ne pouvait s’empêcher d’être inquiet de son état. Cogneur grogna pour lui-même et rejeta ses pensées noires au fond de son crâne. Il le remercierait de son aide et c’est tout, rien de plus, rien de moins. Il lui redonnerait sa revanche s’il le voulait, un autre jour. Mais pour cela Bruno allait devoir s’entrainer un peu, parce qu’il avait une bonne longueur d’avance sur lui. Et il s’arrangerait pour la garder.

-‘ Huh ? ‘

Ils étaient arrivés. Bahia tenta de se défaire de la prise de son ami, mais celui-ci entra à l’intérieur avec elle dans ses bras, ne la lâchant que lorsqu’il serait sûr qu’elle pourrait s’asseoir et se reposer. Alors que Joachim donnait ses Pokéballs, Bahia tendit avec douceur celle de son Démolosse. Elle voulut proposer à Cogneur d'y aller, mais celui-ci refusa. Il était blessé aussi, mais pour l’instant ce n’était pas sa première priorité. S’il tenait encore debout, c’est que ce n’était pas si pire qu’elle le croyait. Lui laissant le choix, la botaniste regarda l’infirmière partir avec sa Pokéball et celles de l’étudiant. Le chien infernal avait fait preuve de courage et de contrôle, elle n’avait même pas eu le temps de le remercier pour ses efforts face au Maganon. Pour l’instant elle allait le laisser se reposer, ils en reparleraient plus tard. Cogneur s’approcha d’une des tables, tira une chaise et déposa avec douceur la demoiselle sur celle-ci. La dresseuse le remercia du regard et caressa son torse plein de fourrure avant qu’il ne s’éloigne des deux humains. Bahia le regarda d’un air désolé alors que son meilleur ami, non, son grand frère, tournait en rond dans la salle d’attente en attendant d’avoir des nouvelles des infirmières. Il y avait beaucoup de choses dans sa tête en ce moment et la jeune femme se disait qu’ils étaient mieux de le laisser faire le tri. La colère se voyait encore dans son regard et il semblait à deux doigts de tout détruire autour de lui, bien qu’il ne le ferait pas. La voix de Joachim fit sortir Bahia de sa torpeur et celle-ci tourna la tête vers lui.

-‘ Huh ? Ah, oui. Eh bien… il vaudrait mieux attendre pour les remerciements. Il a besoin de réfléchir. Il a eu peur un peu. Pour nous deux. ‘

Celle-ci haussa un sourcil en attendant la suite. Son talent de duelliste ? La botaniste baissa la tête et regarda la table de verre, silencieuse. La rousse ne savait pas trop quoi répondre là-dessus. Son instinct avait décidé pour elle et au final la demoiselle n’avait fait qu’enfoncer sa lame dans la chair du Zodiac, rien de bien compliqué quand on y pense. Après quelques secondes de malaise, celle-ci releva la tête et plongea son regard dans le sien. Oh elle était contente d’avoir pu être utile, mais elle regrettait amèrement la manière dont elle avait réagi et ça se voyait dans son regard.

-‘ Je… De rien. J’aurais, hum, préféré ne pas m’en servir… ‘

Puis vint la question des Rattatas. La demoiselle se tassa un peu et regarda sur la chaise où était posé son sac. Les petits Pokémons mauves étaient toujours dedans, tristes, mais pas blessés. Bahia soupira longuement et tenta d’en caresser un, qui se dépêcha de lui montrer les dents. Évidemment la perte de leur mère rendait la situation plus compliquée. La rousse ramena sa main près d’elle et resta pensive pendant quelques minutes, écoutant le bruit des pas de son Blindépique juste derrière. Il y avait plusieurs solutions. Les relâcher était cruel un peu, il était vrai que les Pokémons savaient se débrouiller mieux que les humains à leurs jeunes âges, mais ils restaient des proies faciles. Les centres Pokémons récupéraient parfois les Pokémons abandonnés et les donnaient à d’autres services pour qu’ils trouvent des dresseurs ou des gens pour s’en occuper. Puis il y avait sa tante. Martha avait une vieille Rattatac qui faisait semblant de la mordre quand elle était plus petite, peut-être que celle-ci accepterait de les prendre ? Et puis, cela ferait une présence bénéfique pour les bébés rats et Joachim pourrait même avoir des nouvelles d’eux s’il le voulait.

-‘ C’est toi qui vois, Joachim. Il y a des services d’adoption et si tu le veux, je peux toujours demander à ma tante si elle veut les prendre. Elle a une Rattatac, c’est une vieille chipie, mais ça les rassurera peut-être. Sinon je ne sais pas trop. Il faudrait d’abord vérifier s’ils sont très jeunes, s’ils ont encore besoin de lait maternel…‘

Elle se tut et vit alors que son Blindépique avait cessé de tourner en rond. L’infirmière était revenue et attendait visiblement que les deux humains s’approchent. Bahia se leva donc avec sa canne et jeta un regard en coin vers Joachim. Elle espérait que les nouvelles étaient bonnes pour tout le monde.
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Mar 13 Mai 2014 - 21:37



Joachim remit son idée de remerciements à plus tard, voyant comment le chromatique s'impatientait comme en témoignaient ses cents pas répétés un nombre incalculable de fois. Etait-il si inquiet que ça pour Bruno malgré l'agressivité que ce dernier lui avait manifesté ? Retournant à sa conversation avec la botaniste, il remarqua sa gêne à propos de l'incident de la lame. A la réflexion, il était vrai qu'avoir à utiliser une arme et réussir à fructifier son action n'était pas forcément une bonne chose. Tant qu'à faire, l'étudiant aurait préféré rentrer chez lui sans souci plutôt que d'avoir retardé sa condamnation en sollicitant l'aide de la demoiselle et de sa lame.

Bien plus clairvoyante que son homologue masculin, Bahia proposa une multitude d'idées pour caser les petits rats. Joachim avait au pire des cas pensé les recueillir pour un temps et essayer de leur trouver un dresseur qui saura les épanouir par la suite. Un Rattata n'est probablement pas fait pour une vie de canapé. Mais s'il fallait qu'une personne s'occupe des rongeurs, la tante au Rattatac était sans doute la plus qualifiée.

Incapable de répondre tout de suite, l'infirmière Joëlle lui coupa l'herbe sous le pied en sortant du bloc opératoire. Déjà ? C'était rapide. Soit les blessures étaient "épidermiques" et aisément soignées, soit elle devait parler avec le propriétaire du patient pour exposer la situation compliquée. Ne perdant pas une seconde, l'homme se leva pour rejoindre la nurse des Pokemons.

"Dites moi tout..." demanda-t-il, une pointe d'appréhension dans le regard.
L'infirmière ne semblait pas très joyeuse. C'était surement dû à l'heure tardive : personne n'aimait travailler tard le soir. En particulier un vendredi, jour du début du weekend ! Soupirant, elle prit alors la parole :

"Son cerveau a bien été endommagé. De nombreuses connexions nerveuses sont rompues : son corps ne répondra plus comme auparavant pour quelques semaines. De la rééducation sera nécessaire, je vous ferais une ordonnance avec un spécialiste pour des rendez vous appropriés."
Les mots suffirent pour que le doctorant se décompose. Ses yeux ébahis et mordus par la tristesse fixaient la guérisseuse alors qu'elle parlait. Sa main droite venait tirer les poils de sa barbe afin d'évacuer son stress. Il aurait bien voulu s'énerver et blâmer les circonstances, comme il le faisait si bien à l'accoutumée. Mais cette fois c'était lui qu'il blâmait. Pourquoi avait-il voulu prendre cette foutue ruelle ?

Après un court silence, Joëlle reprit son discours. En temps normal, elle aurait blâmé n'importe quel dresseur pour les blessures graves d'un Pokemon. En particulier lorsqu'elles entrainaient de telles séquelles. Mais les évènements de la soirée avaient fait le tour de l'île à une vitesse record. L'infirmière savait parfaitement pourquoi Bruno était dans cet état.

"A en voir vos vêtements et votre peau légèrement noircie par endroits, je suppose que ce sont les suites de l'explosion qui l'ont mis dans cet état ? Une véritable catastrophe, que ces pillards de Zodiac n'aient pas honte de faire subir de tels attentats à la population. Estimez vous heureux d'en être ressortis..."
Et elle ne croyait pas si bien dire. Ce n'était pas comme s'ils avaient réchappé de justesse à l'élite des sbires qui s'amusaient à poser leurs bombes. Un peu de malchance et c'étaient leurs restes qu'elle aurait du tenter de réanimer. L'étudiant ne prêta pas attention à ces paroles pseudo réconfortantes, il était trop occupé à se blâmer pour ça. C'était à son tour de faire les cents pas, volant le trophée des itérations par seconde à Cogneur.

"Vous pouvez lui passer un petit bonsoir si vous voulez, il est dans une des chambres de réanimation. La deuxième à gauche. Par la !" déclarait-elle en montrant du doigt le couloir abritant la fameuse porte.
Le barbu la remercia du regard et s'y rendit en toute hâte. Ce n'était pas sans crainte qu'il se tenait devant la chambre. Il n'osait pas passer cette fameuse plaque de bois le séparant de Bruno. En plus d'avoir le poids de sa capture sur les épaules, le voici maintenant avec celui de sa santé hésitante. Il devait des excuses à son Pokemon, c'était la raison qui le poussa à finalement ouvrir la porte.

Dans un lit adapté à sa taille reposait, bouche ouverte, le Blindépique du thésard. Il semblait endormi, avec quelques électrodes ici et la pour vérifier ses constantes vitales. Un drap épais recouvrait son corps et ne laissait dépasser que sa tête et ses bras. Ne demandez pas à l'étudiant comment son Epinarmure arrivait à caser son dos pointu dans le matelas, il parait que la matière de ces derniers était ductile et revenait à sa place après usage. Une belle invention des Centre Pokemon. L'homme s'avança alors vers l'endormi et lui prit la main et la porta contre sa bouche en murmurant des excuses. Ses yeux s'humidifiaient avec le temps, mais il ne pouvait pas pleurer. Ses larmes avaient déjà toutes recouvert le macadam de cette ruelle.

L'agitation risquait tout de même de réveiller le Blindépique. Si ce dernier, en entrouvrant les yeux lors de sa longue phase de réveil, apercevait Cogneur, nul doute qu'il tenterait de pointer faiblement un de ses bras dans sa direction pour le faire venir auprès de lui.
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Bahia
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Mer 14 Mai 2014 - 23:22

Bahia tendit l’oreille pour savoir ce que préférait Joachim, mais il n’eut pas le temps de répondre. Bon, le cas des Rattatas allait attendre encore un peu. La botaniste écouta donc l’infirmière, sentant son moral descendre plus bas. Elle savait que le pouvoir psychique risquait de le blesser un peu, mais pas à ce point-là. La demoiselle recula un peu, préférant ne pas entendre le reste. Elle se rendait compte qu’elle avait été un peu impolie en écoutant ce qui ne concernait que Joachim, elle n’avait pas à se mettre là-dedans. La dresseuse n’avait pas été la seule à écouter la conversation, Cogneur n’avait pas la même gêne que son amie et s’était approché pour tout entendre. Le chromatique avait un visage neutre, mais son regard le trahissait, il était en colère. En colère contre lui-même et contre cet idiot de Blindépique. Non, sérieusement. S’il se réveillait, Cogneur allait lui décerner la couronne des rois des cons. Il méritait amplement ce titre. Le chromatique grogna et sortit rapidement de l’hôpital, laissant les deux humains seuls. Bahia n’osait pas regarder l’étudiant, fixant le sol. Elle ne bougea que lorsqu’elle l’entendit s’éloigner, probablement pour aller voir Bruno. La botaniste resta un instant stoïque, ne sachant pas trop quoi faire. Rester ici ? Suivre Cogneur dehors ? Suivre Joachim dans la chambre ? Elle déglutit et prit la Pokéball de Torche, que l’infirmière lui tendait. Il aurait besoin de repos, mais il était en meilleur état que le Blindépique. Bahia remercia rapidement celle-ci et retourna à la table de verre, rangeant la Pokéball à sa ceinture. Puis elle attrapa le sac contenant les rats mauves, pour éviter qu’ils ne se baladent librement dans le centre. Posant le sac sur son épaule, la jeune femme faillit pousser un cri de surprise. Un tremblement de terre secouait un peu l’endroit. Pas de doute, c’était Cogneur qui s’énervait plus loin. Elle espérait qu’il se calme rapidement, l’infirmière ne semblait pas apprécier et elle avait bien raison. La demoiselle fit comme si de rien n’était et heureusement, aucune autre secousse ne se produisit. Bahia ne savait pas pourquoi son ami était aussi énervé, mais elle se disait qu’il valait mieux le laisser passer sa frustration tout seul.

-‘ Chut chut, ça va aller. ‘

Non, ça n’allait pas, mais la demoiselle ne savait pas quoi répondre aux petits cris qui lui venaient de son sac. S’appuyant sur sa canne, Bahia avait du mal à tenir sur ses jambes. Elle était… fatiguée. Marchant lentement vers le couloir, la demoiselle s’approcha d’une des portes ouvertes et regarda à l’intérieur. Joachim était là, tenant la main de son Blindépique. Bahia n’osa pas entrer sur le coup, fixant la scène avec gêne. Son Pokémon le détestait, mais le barbu était encore là, à se préoccupé de son état. La botaniste ne savait toujours pas quoi penser de tout cela. Au final, aucun des deux n’était fautif. Ils devraient bien apprendre à vivre ensemble… elle espérait juste que cela ne se retournerait pas contre l’étudiant. La rousse sursauta en sentant une main sur son épaule. Cogneur était derrière elle, le visage toujours sans émotion. Il poussa un peu la demoiselle, qui lui jeta un regard inquiet. Il lui caressa la tête pour toute réponse et la fit entrer avec lui dans la petite pièce. La jeune femme resta à l’écart, observant Bruno. Le bruit qu’il y avait autour de lui semblait l’avoir réveillé. Ses paupières bougeaient et après quelques secondes, il ouvrit les yeux. Bahia fut surprise de voir qu’il tentait de bouger un peu son bras, pour visiblement attirer l’attention de ce qui se trouvait devant lui. Cogneur n’avait pas besoin d’un signe, il était déjà près de lui, lui attrapant l’autre main. Appuyer contre le lit, le chromatique baissa la tête vers la sienne, probablement pour mieux entendre si son homologue ouvrait la bouche. Bahia retint son souffle, attendant de voir la suite.

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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Ven 16 Mai 2014 - 20:15



La lumière emplissait petit à petit les yeux de Bruno, encore embrumés par son évanouissement et son mal de tête atroce. Il arrivait néanmoins à distinguer les formes devant lui. C'était très probablement son dresseur qui lui tenait la main. Que voulait-il ? Pourquoi était-il à son chevet alors qu'ils ne s'aimaient pas ? Refusant d'aggraver son mal de tête, le Blindépique tourna la tête vers l'autre côté. Il était content de voir la figure imposante de son homologue chromatique prêt de lui. Cogneur avait répondu à ce pitoyable appel de bras. Bruno ne comprenait pas pourquoi son corps répondait aussi peu et aussi lentement à ses injonctions. Son dernier combat avait-il été aussi grave que ça?

Il ouvrait bêtement la bouche tandis que sa main était tenue par le chromatique. Il lui fallait le temps de réaliser où il était, au centre Pokemon il semblerait. Pour tester à nouveau la vivacité de ses sens, il serra comme il pouvait la main que Cogneur lui tenait. Très peu de force parvenait dans ses muscles, sa poigne faible serait à peine remarquée par le colosse sylvestre. Il aurait pu être frustré de sa situation actuelle, mais quelque chose l'en empêchait. Il avait empêché que le chromatique ne soit dans ce lit à sa place.

Mais pourquoi l'avait-il fait à nouveau ?
La raison lui échappait. La rivalité ? La fierté ? Autre chose ?
Ce qui était sûr en tout cas, c'était qu'il appréciait presque avoir cette silhouette imposante au dessus de lui. Il se sentait plus en sécurité et à l'aise, étrangement. Sans doute était-ce parce que le corps massif du Blindépique lui cachait la lumière.
Faiblement, il tenta de lui parler.

"T-tu n'as rien ?" expira-t-il.
Sa voix était marquée par sa respiration et des difficultés d'articulation. Son mal de tête n'arrangeait rien. Il faisait tout de même l'effort pour Cogneur. Il ne savait même pas pourquoi il avait envie de lui parler et qu'il continue à lui tenir la main. Il se souvenait ne pas l'avoir apprécié, mais pourquoi ? Avait-il une réelle raison de lui en vouloir ? Sa tête avait du mal à recoller tous les morceaux. Il se souvenait néanmoins d'une chose : Cogneur agissait souvent en combat sans pondérer ses actions au préalable.

"Il f-faudrait que t-tu f-fasses plus at-tention à toi..."
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Bahia
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Ven 16 Mai 2014 - 21:26

-‘ T’es con. ‘

Voilà, c’était dit. Le chromatique trouvait que cette scène n’avait aucun sens. Il avait fini par ne pas aimer Bruno, mais c’était sa faute. Il était prêt à l’aider un peu ou au moins lui offrir la possibilité d’avoir quelqu’un proche de lui, mais il l’avait repoussé. Cogneur n’était pas compliqué, il offrait son amitié à ceux qui en voulaient bien. Mais lui, non. Le Blindépique grogna et lâcha sa main en attendant le reste. Il ne pouvait s’empêcher de se demander si les infirmières l’avaient drogué. Il dut se retenir de crier en entendant la suite. Mais il se foutait de sa gueule !? Il était dans un lit d’hôpital et c’était lui qui devait faire attention !? Bahia se cala la tête entre les épaules en voyant le regard de Cogneur. Il était à la fois en colère et … triste. Oui, triste de voir son homologue coucher dans ce lit alors qu’il aurait probablement dû y aller lui aussi. Son niveau lui aurait peut-être permis de s’en sortir un peu mieux. Poussant un long soupir, le Blindépique ce calma lentement, préférant ne rien dire sur le coup. Se fâcher contre Bruno ne changerait rien, en fait cela risquait de devenir pire. Il devait mettre son tempérament bouillant de côté un peu et essayant de discuter avec lui. Il se disait qu’il finirait bien par se souvenir de tout, ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne redevienne chiant. Cogneur se rapprocha du lit à nouveau et reprit la main, fixant l’autre d’un œil morne. Bahia de son côté observait la scène, toujours à l’écart. La demoiselle sentait les petits rats bougés de plus en plus et décida finalement de sortir de la pièce, cherchant un moyen de leur faire dégourdir les jambes sans qu’ils ne se sauvent. Le chromatique n’y porta même pas attention, trop concentrée sur le reste.

-‘ Écoute, Bruno. Tu dois être encore un peu assommé, j’imagine. Tu risques d’en avoir pour un moment à avoir du mal à te déplacer. Tu vas être suivi par un spécialiste. Fin t’inquiètes pas, j’ai déjà fait de la physio aussi. Ça te fera que du bien. ‘

Il se tut quelques secondes, laissant le temps à l’autre de comprendre ce qui se passait. Ce serait peut-être difficile pour lui à digérer. Il se souvenait de la tête que Bahia avait fait lorsqu’on lui avait dit qu’il valait mieux lui amputer la jambe. La botaniste s’était battue avec son père et les médecins pour qu’ils tentent de la garder en état. Il prit une grande respiration et continua.

-‘ C’est toi qui devrais faire attention. Il aurait pu te griller le cerveau. Puis de toute façon, pourquoi tu t’es mis devant ? Tu étais prêt à mettre la merde et tout, tu as même posé les foutus Picots sur lequel tu as marché ! J’aurais été capable de le prendre et toi tu ne serais pas couché ici. Ne viens pas me dire que c’est juste parce que tu veux me battre. Parce que si c’est le cas, Bruno, tu vas en avoir pour un putain de moment avant de pouvoir me botter le cul dans cet état. ‘

Le chromatique se frotta le front d’une main. Son ton de voix commençait de plus en plus à monter et il s’arrêta, se disant que ce n’était clairement pas le moment pour hausser le ton. Il reposa son regard sur Bruno, l’air désolé.

-‘ Au final j’imagine qu’on pourra jamais être amis. On est trop différent. ‘
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Dim 18 Mai 2014 - 21:13



Pour toute réponse à sa "sollicitude", Bruno fut gratifié d'une insulte tandis que l'autre Blindépique rompait le contact physique. Le blessé ne comprenait pas où son homologue voulait en venir. Tout ce qu'il comprit était l'aggravation étrange de sa tristesse quand il fut repoussé. En temps normal, il aurait été bien plus fier et n'y aurait pas prêté attention en se cachant derrière sa carapace intérieure. Mais l'attaque du Metalosse l'avait brisé physiquement et mentalement, il était complètement à découvert, incapable de mentir ou de se retenir.  

Cogneur reprit alors sa main pour lui adresser à nouveau la parole. Il lui annonçait qu'il ne pourrait pas se déplacer correctement pour quelques temps. Qu'il serait aidé médicalement. Bruno n'y croyait pas une seule seconde. Ce n'était qu'un mal de tête après un mauvais KO ? Comment pouvait-il trainer des séquelles aussi longues ! Son engourdissement, à ses yeux, ne pouvait qu'être passager. Pour se le prouver il tenta de se redresser pour au moins s'asseoir. Toute sa volonté commandant son corps, ce dernier peinait à bouger. Pour ne pas dire qu'il ne put lever son dos que d'une poignée de centimètres avant de s'écraser contre le matelas, confirmant son incapacité sous le regard silencieux du chromatique.

Après sa chute, ses yeux étaient rivés au plafond. Sa bouche était grande ouverte et sa respiration semblait coupée par le choc émotionnel qu'il venait de subir. Son esprit, sans la retenue de son "moi", ne put plus cacher son chagrin et ses yeux se couvraient du voile lacrymal. Sans son "moi", il se moquait d'afficher sa faiblesse, il n'en avait même pas conscience. Au même moment, l'Epinarmure marron reprit son discours moralisateur.

Pourquoi Bruno s'était-il mis devant ? Il ne savait même plus la raison exacte. Il avait bien quelques idées, mais lesquelles étaient la vérité et lesquelles étaient des mensonges qu'il avait forgé pour cacher ses réelles intentions ? Avait-il été aussi odieux que son homologue l'avançait ? N'était-ce qu'une histoire de revanche et de rivalité ? Les larmes coulant sur ses joues et regardant dans les yeux de l'être lui tenant la main, il tentait de comprendre. Et il commençait à comprendre et à réaliser. Il voulut extérioriser, mais aucun son ne sortit de sa bouche.

Puis ce fut la goutte d'eau, Cogneur renonçait à toute tentative d'amitié. Ne devrait-il pas être content ? N'était ce pas ce qu'il avait voulu ? Pourquoi ça lui fendait le coeur d'entendre ça ? Cette inimitié n'était-elle pas purement artificielle ? Le Blindépique de Joachim prospectait dans le peu de souvenirs et sentiments qu'il lui restait. Et il comprenait.

"Je n-ne voulais p-pas qu'ils te f-fassent du mal..." répondit-il, à la manière d'un enfant qui tentait de s'excuser.
"Ne m-me laisse p-pas. S'il te plait..."
Bruno ne voulait pas perdre la seule personne qui pouvait le comprendre. Depuis tant de temps, il n'avait pu s'adonner qu'à son occupation de gardien de la forêt. Ayant pour seule mission le bien être du bois, sa vie affective et sociale avait été sacrifiée tandis qu'il devait amèrement réguler la vie des parasites tuant les arbres. Une fois capturé, il avait perdu sa mission, provoquant sa colère : il se sentait privé de sa fonction et de sa seule essence qui avait coulé en lui pour tant d'années. Afin de rester fidèle aux principes qu'on lui avait inculqués, il avait repoussé Cogneur à contrecoeur et s'était évertué à trouver des arguments pour le haïr. Passant par l'indécence, la proximité des humains et la témérité, les arguments étaient tout trouvés par sa volonté.

Libéré de son "moi", il était libéré de son éducation. Il n'avait plus aucune raison de haïr son homologue et de le repousser. Seules ses pensées les plus intimes et inconscientes, formant sa vérité, étaient présentes. Il ne détestait pas Cogneur, bien au contraire. Il appréciait son côté "fonce dans le tas" et blagueur car il contrastaient avec les anciennes moeurs sobres qu'on avait enseignées à l'ancien gardien du bois. Il appréciait comme il avait tenté de l'aider, donnant de son temps et de son être à un inconnu qui le malmena. Il appréciait sa carrure imposante et sa couleur. Il appréciait la main qui serrait la sienne. Pour peu que le Blindépique de Bahia regarde dans les yeux de Bruno quand celui-ci lui demander de rester, il pourrait y voir cet attachement.
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Lun 19 Mai 2014 - 1:09

Bon ca y est, il l’avait trop ouvert. Le Blindépique se passa une main sur son visage, reprenant un geste que Bahia faisait souvent. Le chromatique se disait qu’il y allait peut-être un peu fort en le traitant comme cela. De l’autre côté, difficile de l’apprécier après ce qu’il avait fait et dit plus tôt dans la journée. Mais même avec cela, Cogneur trouvait le moyen de lui donner des excuses ou de se sentir mal à l’aise en le regardant. Il marmonna quelque chose d’incompréhensible et regarda son homologue pleuré. Mais merde. Il se fâchait contre lui et subitement il devenait tout doux ? Le Blindépique était sur le point de partir, n’ayant pas envie de se faire encore rouler dans la farine. Il n’aimait pas qu’on le prenne pour un idiot, ce n’était pas parce qu’il était brutal qu’il n’était pas capable de réfléchir un peu. Néanmoins ce qu’il vit dans le regard de Bruno le fit arrêter son mouvement. Le pied toujours en l’air vers la porte, Cogneur fixait son homologue dans les yeux, cherchant à discerner le vrai du faux. Bruno était-il bon menteur à ce point-là ? Le doute envahi peu à peu le combattant, qui reposa son pied à terre et se tourna vers l’autre Blindépique. Il voulait qu’il reste ? Cogneur resta silencieux une longue minute, jetant un coup d’œil à Joachim. Pouvait-il réellement lui faire confiance, à présent ? Il reprit lentement sa main et s’appuya un peu contre le lit, évitant le regard de Bruno. Même si c’était peut-être une autre tentative de l’autre pour le fâché, le Blindépique avait décidé qu’il offrirait son aide. Il préférait être un idiot qui tendait la main aux autres que de tourner le dos à un membre de son espèce parce qu’il avait peur qu’il bluff. Et si c’était le cas, tant pis. Bruno pourrait en rire autant qu’il le voulait, Cogneur savait qu’il valait mieux que cela. De toute manière, ce qu’il avait vu dans son regard était assez fort pour qu’il considère qu’il avait peut-être en face de lui le vrai Bruno. Poussant un long soupir, il regarda le mur à côté, parlant de sa voix grave.

-‘ C’est bon, arrête de pleurer, je vais rester. ‘

Le chromatique tourna la tête et posa son regard sur son homologue. Sa voix sonnait un peu agressive mais ses yeux étaient doux. Il ne semblait plus en vouloir à l’autre, même s’il gardait une certaine réserve. Il réfléchissait, gardant le silence. Cogneur ne savait pas trop si c’était le moment de discuter, Bruno devait être fatigué. Mais pour une raison qu’il ignorait, lui avait envie de parler. De quoi ? De plein de chose. Depuis sa naissance il se promenait aux côtés des humains sans trop se poser de questions. Il avait vécu avec Edward et au final, ce rendait compte qu’il ne savait pas grand-chose sur sa propre espèce. Il en avait rencontré quelques-uns, mais comme il l’avait dit à Bruno, son dresseur n’avait jamais voulu qu’il se bat contre eux, pour des raisons purement stratégiques. Il avait bien parlé un peu avec eux, mais ils ne venaient pas de la forêt comme Bruno. Puis il y avait un autre sujet délicat sur lequel il voulait prendre le temps de parler.

-‘ Tu te souviens de tout à l’heure ? Tu sais, la discussion avant qu’on se bat. ‘

Où voulait-il en venir ? Le Blindépique relâcha la main de Bruno une nouvelle fois, se mettant à tourner à côté de lui, faisant encore les cents pas. Cogneur semblait s’énerver de nouveau, mais pas contre lui. Les mains dans le dos, il réfléchissait à toute allure, les paroles sortant de sa bouche rapidement.

-‘ J’ai passé ma vie au côté d’Edward. C’est mon père, Bruno. Et il est humain. Mon œuf était abandonné et il a bien voulu de moi. Longtemps je me suis demandé si j’étais à ma place et lorsqu’il a pris sa retraite, il m’a proposé de partir. De reprendre ma liberté et rejoindre mes racines dans les bois. J’ai hésité, c’est vrai. Mais quand elle est arrivée… ‘

Moment de silence. Il avait arrêté de tourner en rond, restant stoïque devant la petite fenêtre près du lit de Bruno. Le chromatique tourna la tête et sourit à la fois à Bruno et à Joachim, bien que celui-ci risquait de ne pas y comprendre grand-chose. Son regard devint vague alors qu’il continuait.

-‘ Elle. Abandonnée sur le perron de notre maison. Elle était un peu comme moi, en fait. Ce n’était pas facile au début. Edward est divorcé et il était seul avec nous pour s’en occuper. Je ne pensais pas être capable de faire ce genre de chose. Au final j’avais tort. Elle est vite devenue mon centre d’attention, je passais mes journées entières à m’occuper d’elle. Plutôt bizarre de donner le biberon à un bébé humain, huh. Mais les plus belles années de ma vie ont commencés en même temps que sa venue. Je l’ai traitée comme ma fille et je l’ai regardé grandir en me disant qu’au final, j’avais fait le bon choix. ‘

Cogneur se rapprocha de Bruno et reprit sa main, regardant la porte. Bahia était revenue et avait laissé les Rattatas avec l’infirmière, qui lui avait dit que le centre avait une petite pièce de jeu pour les bébés Pokémon. Un des infirmiers étaient aussi supposé vérifier quel âge avait à peu près les deux petits rats mauves. La botaniste restait dans le cadre de porte, observant d’un drôle d’air son Blindépique, qui la regardait avec un sourire. Elle ne pouvait toujours pas communiquer avec lui et ne comprenait pas trop pourquoi il faisait cette tête-là. La botaniste tourna la tête vers Joachim, l’air de se demander si lui y comprenait quelque chose.

-‘ Tu peux penser que les Pokémons comme moi sont faibles, si ça te chante. Si j’ai décidé de rester dans le monde des humains, c’est parce que la chose la plus importante à mes yeux, c’est elle. Et la forêt ne la battra jamais. ‘

Cogneur se tut et reposa son regard sur Bahia. La demoiselle le considérait comme son grand frère et il agissait comme tel, mais pour lui, c’était plus que cela. Il se souvenait des nuits qu’il avait passé à dormir sur le plancher de sa chambre, parce qu’elle avait peur des monstres dans le placard. Il sourit à cette pensée et se tourna vers Bruno.

-‘ Mais dit moi Bruno, les Blindépiques dans la forêt, ils font quoi ? Je n’ai jamais vu de groupe de Blindépique à l’état naturel, toi tu pourrais peut-être m’expliquer… ce que nous sommes. ‘
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Jeu 22 Mai 2014 - 19:54



Cogneur ne resta silencieux qu'une bonne minute, mais elle fut longue comme une éternité pour le Blindépique blessé. Ce temps d'attente prouvait à quel point son homologue hésitait à partir - ou à rester. Bruno ne cherchait pas dans son esprit en quête des raisons qui pouvaient pondérer telle thèse ou l'autre. Il n'en avait pas la force mentale. Tout ce qu'il savait étaient ses volontés : il ne voulait pas que le chromatique parte.

Ce voeu lui fut finalement accordé. Il ferma légèrement les yeux tout en tirant légèrement sur ses lèvres afin de montrer son contentement. En silence, il contemplait un peu plus la silhouette de celui qu'il avait tenté de protéger. Malgré tout ce qu'il avait pu lui dire, en vertu de sa haine factice, plus tôt dans la soirée, Bruno préférait le voir à son chevet que l'inverse. Comme ses positions de combat en attestaient, il était clairement un Blindépique orienté sur la défense et la protection : usant de ses talents naturels, de son bouclier et de la force ennemie pour mieux protéger ce qui lui est cher. Ayant réussi à protéger l'autre Epinarmure, il était donc satisfait. Et ce en dépit des conséquences qu'il subissait pour lui même.

Cogneur revint alors sur ce qu'il s'était dit plus tôt dans la soirée. C'était très embrumé dans l'esprit de Bruno. Néanmoins, il se rappelait du gros de ce qu'il lui avait dit. Des phrases toutes faites qu'on lui avait martelé dans l'esprit pendant des mois et des mois qui lui servaient de seule rhétorique. Mais le chromatique ne voulait pas parler de ça. Non, il lui racontait son passé. Malgré son mal de tête et son état de fatigue avancé, le Pokemon de Joachim essayait de suivre. Ainsi le Blindépique marron avait sacrifié son retour à la nature pour s'occuper de la rousse. Aurait-il été dans son état normal, Bruno aurait pu arguer. Mais il se tut, admirant en silence l'empathie de l'autre colosse pour celle qu'il considérait comme sa fille. Il ne chercha pas à répondre, que pouvait-il bien dire ? En dehors d'un sourire faible, rien de plus. Il se contenta d'apprécier comme il pouvait la main qui serrait la sienne.

Puis Cogneur posa La question. En la posant comme une généralité sur les Blindépiques, il était bien entendu sous jacent qu'il voulait savoir le passé du blessé. Le visage de Bruno se referma, repensant à toutes les horreurs qu'il avait du faire au nom de sa mission. Sa carapace mentale ne le protégeait plus, il était seul, face à ses souvenirs lointains et pourpres. Il aurait préféré ne pas avoir à en parler, non pas par fatigue, mais car ce sont des choses qu'on peut avoir du mal à dire. Mais il ferait un effort pour le chromatique qui s'était ouvert à lui.

"Je sais q-que pour n-notre forêt... Ceux q-qui ont les boucliers l-les p-plus forts doivent devenir gardien d-de la forêt... On n-nous isole d-du clan dès que le talent est avéré. S-suite à une formation l-longue et difficile, nous s-sommes liés uniq-quement à notre mission. Nous n'existons q-que pour servir les intérêts de tous, au m-mépris de n-nos attachements personnels."
Il parlait très doucement, afin de trouver les mots qui devaient se trouver à la bonne place. C'était, mine de rien, un exercice difficile quand on se retrouve avec une passoire à la place du cerveau. Encore plus quand ce sont des mots difficiles à prononcer à cause de leur rappel sentimental. De nombreux détails échappaient à la narration du Blindépique, sa fatigue l'empêchait de penser à toutes les nuances de son histoire : sa vie d'ermite malgré les rares conseils de Blindépiques gardiens, son désintéressement total des relations sociales de par son éducation... Et la partie la moins glorieuse restait à venir.

"P-pour protéger le b-bois, j'ai p-pris de nombreuses vies. Humains, P-pokemons... De mes mains, je, je..."
C'était dit. Il s'attendait à ce que son homologue rompe tout contact physique. Qui voudrait bien tenir ces mains couvertes de sang et de sève ? Certes, c'était pour l'intérêt général de la forêt. Mais en temps de paix, les héros de guerre ne sont-ils pas plus que des meurtriers ? A nouveau, ses yeux se perlaient. Il se remémorait du visage de ceux qu'il avait du terminer. Une jeune fille pyromane, des Parasect suçant la vie de chênes centenaires, des Migalos tentant d'envahir les forêts paisibles, les Desseliande tuant des arbres à petit feu pour s'offrir des nouveaux corps... Comment pouvait-il regarder Cogneur en face après un tel aveu ? Il tourna la tête.

"Le P-paras de t-ton amie... Un mal l-le ronge, v-veille sur l-lui."
Il changea brutalement de sujet. Il n'avait pas envie d'en dire plus sur son passé. Sa voix était encore plus faible qu'auparavant. Il repensait encore une fois aux Parasect. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était mettre en garde le chromatique pour qu'il puisse protéger Globule. Maintenir sa conscience éveillée malgré les assauts de son parasite fongique. L'empêcher de devenir une machine à son service. S'il était suffisamment protégé, peut être deviendrait-il un Parasect doté de sa conscience propre.

Joachim, lui, ne comprenait rien à ce qui se passait. A en croire l'expression de Bahia, c'était également le cas pour elle. Il lâcha doucement la main du Blindépique avant de la reposer sur le lit et de s'approcher de la rousse.

"J'ai l'impression que je suis pas le seul à capter ce qu'il se passe... Au fait pour les Rattatas, j'ai un peu réfléchi, et je pense que les confier à ta tante serait une bonne solution. La présence d'un membre de leur espèce leur fera du bien."
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Sam 24 Mai 2014 - 10:52

Cogneur s’appuya donc un peu contre le lit, attendant une réponse à sa question. Le Blindépique n’avait jamais vraiment cherché à savoir comment se passait la vie ‘sauvage’ pour les membres de son espèce. Lorsque Edward lui avait proposé de partir, le chromatique s’était dit qu’il n’aurait qu’à se balader dans la forêt au hasard. Il aurait bien fini par tomber sur d’autres Blindépiques en chemin. Alors qu’il continuait de réfléchir, Bruno commença son récit, de manière plus personnelle que ce que Cogneur aurait cru au départ. Il ne savait pas si c’était le Psyko qui lui déboussolait le crâne comme ça, mais il semblait avoir la langue plus déliée. Au final le chromatique en était content, il aimait bien plus le Bruno libéré de lui-même que le Bruno qui l’emmerdait plus tôt dans la journée, ce qui était normal. Le combattant se pencha vers lui pour mieux l’entendre, curieux d’entendre son récit et au final, un petit bout de sa vie. Ce qu’il entendit au départ le laissa… septique ? Il aurait cru que la vie en communauté était disons… plus amusante que cela. Cogneur fronça les sourcils et s’éloigna un peu du lit, observant Bruno. Donc s’ils étaient assez puissants, ils étaient formés uniquement pour la protection de la forêt et ne faisaient rien d’autre ? Ça avait l’air d’être une vie passionnante, vraiment. Cogneur renvoya ses commentaires sarcastiques au fond de son crâne. Il n’avait pas vécu dans cette situation, il en aurait été probablement content s’il vivait dans ce clan. Son éducation l’empêchait d’avoir un regard neutre là-dessus, alors il préféra ne rien dire à ce sujet. Il resta silencieux et attendit tranquillement la suite, ne se doutant pas qu’elle risquait d’être bien plus désagréable que le reste. Il écouta d’une oreille attentive et en entendant toute la phrase, le visage du Blindépique se décomposa. Il relâcha la main de son homologue d’un coup, reculant de quelque pas.

-‘ Tu… ‘

Il dut se retenir pour ne pas se mettre à crier. Ils étaient dans un hôpital, il ne devait pas l’oublier. Cogneur paraissait excité, mais pas de le bon sens. C’était de l’énervement plus qu’autre chose, alors qu’il se remettait à faire les cent pas juste à côté. C’était tout ? C’était ça, être un Blindépique ? N’être que la machine à tuer de la forêt ? Il s’arrêta, regardant le mur en face de lui. Il avait envie de le défoncer à coup de poing. Cogneur avait une vision très chevaleresque de son espèce et elle venait de voler en éclat. Il ne savait pas quoi dire. Au final c’était son père qui lui avait implanté cette image, les détaillants comme des créatures fortes et fières, au service des grandes forêts. Mais pas… comme ça. Comment pouvaient-ils tuer pour protéger ? C’était stupide. Ils protégeaient de la mort de simples arbres en sacrifiant d’autres vies. Son visage se tordit de haine à cette pensée. Il n’y avait pas de quoi être fier de cela, c’était même honteux. Si le monde en apprenait beaucoup plus sur certaines des troupes sauvages qui vivaient dans la forêt, l’image des Blindépiques n’en serait que salie. Cogneur … ne voulait pas être lié à une telle image. Alors que toute sorte de pensée défilait dans son esprit, le chromatique se disait que c’était une bonne chose finalement qu’il ne soit jamais allé rejoindre ses confrères dans la forêt, ils ne se seraient jamais entendus. Cogneur se retourna et observa Bruno, l’écoutant une dernière fois. Quoi ? Globule ? Le chromatique n’y comprenait rien, mais il ne chercha même pas à savoir ce que son homologue voulait dire par là. Troublé par ce qu’il avait entendu, il s’élança vers la porte et sortit de la pièce, traversant le couloir rapidement en essayant de ne pas renverser l’infirmière qui venait d’y entrer. Il courut pour sortir du centre Pokémon et décida de retourner vers l’endroit où il s’était défoulé à peine quelques minutes plus tôt. Il vit du coin de l’œil un érable malade et décida de faire le ménage, arrachant son écorce à coup de poing. Était-ce une manière de se venger de la forêt ? Peut-être. Son comportement naturellement impulsif le poussait parfois à faire des choses qui, vues de l’extérieur, n’avaient visiblement aucun sens. L’image sans tâche qu’il s’était faite de son espèce avait brûlé en quelques secondes et il ne savait plus quoi penser. Étaient-ils réellement des monstres ?



Bahia avait été incapable de retenir son Blindépique. Il était parti comme ça, d’un coup. Ce qu’elle avait vu dans son regard la stressait, quelque chose dans les paroles de Bruno ne lui avait pas plu. Mais quoi ? Le Blindépique ne semblait pas vraiment agressif, au contraire. La botaniste s’approcha doucement de celui-ci, observant avec douceur le Pokémon blessé. Elle entendit la voix de Joachim et hocha doucement la tête. Elle avait demandé à l’infirmière si c’était possible d’avoir des Pokéballs, Bahia n’en trainant pas souvent sur elle. Les deux rats étaient donc capturés et prêts à être envoyer ailleurs. La jeune femme se disait qu’elle pourrait se servir du téléphone du centre, qui permettait aussi de faire des transferts. Vu l’heure elle se doutait que sa tante dormait, elle allait les envoyer en laissant simplement un message. Elle finirait bien par la rappeler sur son Vodkit. Bahia caressa un peu la main qu’avait délaissée son ami avant de se retourner et de partir à son tour sans rien dire, laissant l’étudiant seul avec son Pokémon. Elle prit quelques minutes pour s’occuper des Rattatas, espérant que cela ne dérangerait pas Martha. Enfin, si cela venait de sa nièce, il y avait peu de chance qu’elle refuse. Le transfert était fait et elle se réveillerait le lendemain avec deux Pokéballs attendant sur le coin de son bureau. La demoiselle retourna ensuite à la chambre, restant dans le cadre de porte. Elle s’appuya l’épaule dessus, observant Joachim d’un air vague. Bahia était sur le bord de tomber à terre, épuisée. Sa jambe était raide et lui faisait mal, accentuant sa démarche boiteuse. Elle avait du mal à garder les yeux ouverts et ça se voyait facilement. Bahia bailla – juste pour toi, Joa – et ferma les yeux, parlant d’une voix faible.

-‘ Je les ai envoyés. Je t’enverrais des nouvelles dès que j’en aurais. Je… je pense qu’il serait temps que je reparte. ‘
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Dim 25 Mai 2014 - 22:19



Et voila, Cogneur s'énervait à nouveau. Il y avait de quoi, mais son caractère impulsif pouvait brouiller totalement son sens des réalités et d'analyse. A vrai dire, il se fourvoyait complètement en s'énervant autant contre Bruno. Certes, prendre la vie pouvait paraître complètement dénué de chevalerie et de sens. Néanmoins, il fallait observer les faits que le Blindépique blessé avait malheureusement omis, car trop longs.

Tout d'abord, la jeune fille pyromane. Etant une humaine, il était impossible de s'assurer qu'elle se repentisse. Il était impossible de la dénoncer car les policiers ne verraient en Bruno que la possibilité de le capturer sans écouter son histoire. Si on l'avait laissé continuer, qui sait combien de fois elle aurait mis le feu ? Ce feu avait ravagé les habitats de nombreux Pokemons de la forêt. Ils n'avaient pas fait que brûler des arbres, il avaient consumés des Pokemons innocents incapable de fuir.
La forêt avait été vengée.

Dans le cas des Parasects, la forêt risquait de se voir privée d'un grand nombre d'arbres puissants, abritant et nourrissant de nombreuses espèces comme les Grainipiot. Totalement dénués de consciences propres, ces fantômes d'eux mêmes suçaient la sève des arbres sous l'injonction de leur hôte fongique. Celui ci avait tué son réceptacle pour prendre contrôle de son corps mobile, bien plus pratique pour se nourrir au détriment des autres. Privés de conscience, ils étaient aussi privés de possibilité de repentir. Abattre les Parasect leur permettraient d'enfin connaitre un repos total tout en sauvant les arbres.
La forêt avait été protégée.

Les Migalos envahissaient les territoires de nombreux Pokemons, les chassant de chez eux et mangeant ceux qui étaient assez petits. De nombreuses familles se retrouvaient sans toit ni possessions, perdant parfois leurs proches. Les envahisseurs empoisonnaient leur environnement de par leur présence. Leurs toiles attrapant le moindre bébé qui s'aventurait jouer trop loin. Les arbres souffraient également de leur présence : perdant leurs symbiotes et les rendant malades à cause du poison contenu dans les toiles. Trop fières d'elles, les araignées n'avaient pas voulu écouter les injonctions de départ du conseil des Blindépiques gardiens. D'un assaut rapide mais malheureusement meurtrier, les Migalos furent boutés des terres qui ne leur appartenaient pas, laissant quelques cadavres derrières eux.
La forêt avait été pacifiée.

Les Dessenliande hantaient les bois afin de remplacer leurs corps moisis par le temps. Etant des spectres, ils étaient incapables de régénérer le bois anciennement vivant qu'ils habitaient. Afin de perdurer, ces Pokemons doivent donc voler le corps d'un autre arbre en le hantant suffisamment longtemps. Aux yeux du peuple de la forêt, les Desseliande sont une abomination qui ne sait répandre que la mort autour d'elle pour conserver leur état entre les deux stades de la vie. De pures abominations qui empêchent leur départ total pour l'au delà en privant de nombreux arbres de leur vie pour retarder l'heure de leur mort. Bruno avait donc du détruire l'enveloppe physique de ces Desseliande pour les envoyer définitivement dans l'au delà.
La forêt avait été exorcisée.

Au final, les Blindépiques n'étaient que la main de la justice primale qui se devaient de rétablir l'ordre dans un habitat où la loi de la jungle prévalait parfois. Ils ne donnaient la mort que s'il le fallait. Afin que le peuple du bois vivent en paix, certains de ces Epinarmures étaient sacrifiés et devaient parfois jouer le rôle de bourreau pour pacifier la région. C'était triste, mais c'était ainsi. Si Cogneur ne voyait pas le côté chevaleresque de la chose, il se fourvoyait. Les gardiens faisaient preuve d'un mépris de soi et d'une dévotion totale pour protéger les faibles en les débarrassant des tyrans. Peut être un jour comprendrait-il, au lieu de s'énerver bêtement.

Bruno pensait à tout ça tandis qu'il pleurnichait le départ du chromatique. Pourquoi l'avait-il délaissé à ce moment la ? Au moment où il avait le plus besoin qu'on le soutienne... Mais, pourquoi avait-il besoin qu'on le soutienne ? Il n'avait jamais eu besoin qu'on l'aide à tenir moralement auparavant. A croire que son homologue avait provoqué trop de chaos émotionnel dans l'Egide des forêts. Ce dernier se mettait à s'attacher à ses pairs, contrairement à ce que son code de gardien lui autorisait. Afin de rester neutres et objectifs, les gardiens se devaient de ne pas se lier à d'autres habitants pour que leurs sentiments n'interviennent pas dans le jugement. De par sa capture, de par son attachement trop fort à un autre, Bruno avait échoué. Il ne pourrait plus rentrer chez lui sans subir le déshonneur. Ses pleurs s'intensifiaient tandis que son ascenseur émotionnel finit de l'achever en le faisant s'évanouir à nouveau. Il ne se réveillerait plus avant un moment. C'était inutile de tenter un Rappel.

Joachim observa, impuissant, le départ de Cogneur qui partit défouler sa frustration ailleurs. Pourquoi partait-il ? Pourquoi Bruno pleurait ainsi ? Une affaire de Blindépique sans doute... Bahia confirma l'envoi des Rattas puis se décida à partir. Elle devait être fatiguée parce qu'elle venait de vivre dans la ruelle, c'était normal. L'historien aussi avait du mal à tenir.

"Je comprends. Prends soin de toi et sois prudente sur le retour... On s'appelle, ok ?" termina-t-il dans un sourire fatigué.
Au final, l'homme allait rester dormir au centre afin que son Pokemon ne soit pas laissé sans surveillance. Il repartirait demain, quand la situation explosive en ville serait calmée. Espérant que la rousse ne retourne pas en plein centre et qu'elle aille réellement vers la forêt, il ferma la porte de la chambre pour se préparer à aller dormir.
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Bahia
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MessageSujet: Re: Des brioches à la cannelle ! [Terminé]   Mar 3 Juin 2014 - 23:20

Bahia regarda d’un air désolé Bruno, qui semblait désemparé par le départ de l’autre Blindépique. La demoiselle ne pouvait rien y changer de toute façon, le chromatique réagissait toujours vite sans réfléchir. Lorsqu’ils seraient au calme, peut-être qu’il y repenserait de manière plus lucide. La botaniste s’approcha doucement du gardien et lui caressa doucement la main, alors qu’il s’évanouissait de nouveau. C’était peut-être mieux ainsi, au final. Bahia soupira doucement et regarda encore quelques secondes l’imposant Pokémon, se demandant comment il allait réagir face aux exercices qu’il serait obligé de faire. Qu’il le veule ou non, Bruno allait être encore plus intégré au monde humain. Bahia ne savait toujours pas quoi penser de cela. Mais au final, était-elle obligée d’avoir une opinion sur la question ? Ce n’était ni la faute à Joachim, ni la faute du gardien. C’était comme ça la vie, au final. Des vagues qui bousculaient les gens de tous les côtés, les faisaient parfois se cogner entre eux. Juste du hasard, rien de plus. La jeune femme murmura un ‘ repose-toi bien ‘ et se tourna vers Joachim, s’appuyant sur sa canne. Que dire de lui et de cette journée ? Bahia détailla son visage et sourit légèrement. Ils avaient tous deux l’air épuisés. Dire qu’au début elle n’était ici que pour faire les courses… et que cela avait fini à l’hôpital, après toutes ses aventures. Ils étaient passés proches de rester au fond d’une ruelle mal éclairée, de quoi rallonger la liste des morts. La botaniste ferma les yeux, cherchant à retenir ses larmes de nouveau. Ce ne fut pas compliqué, on dirait qu’elle était tellement fatiguée que son corps ne se donnait même plus la peine d’essayer. Les paupières closes, elle tenta de se défaire des souvenirs de la soirée. Ils avaient vécu des choses stressantes et Bahia avait encore du mal à réaliser. Elle était contente de partir pour la forêt, peut-être pourrait-elle échapper aux nouvelles qui fuseraient demain. Ouvrant les yeux, elle hocha la tête aux paroles du jeune homme.

-‘ Tu as mon numéro. S’il y a quoi que ce soit, n’hésite pas. Et… donne-moi des nouvelles de Bruno, pour Cogneur. ‘

La jeune femme quitta la pièce, lançant un dernier regard au jeune homme. Elle espérait sincèrement revoir le barbu un jour, quel considérait à présent comme un ami. Ils avaient vécu des choses bizarres ensemble, elle se sentait liée à lui dans la malchance. La demoiselle espérait qu’il ne souffrirait pas de cette soirée, sachant que la Zodiac était considéré comme plutôt rancunière. Bahia était loin de se douter qu’elle serait celle qui en souffrirait le plus, le Zodiac à qui elle avait transpercé l’épaule n’allait pas l’oublier de sitôt. La demoiselle allait en avoir des nouvelles très bientôt. Bahia partait tout droit vers un piège, croyant que la forêt serait plus hospitalière que la ville. Marchant à l’extérieur de l’hôpital, celle-ci rejoint son Blindépique, qui était assis sur les fesses. La botaniste regarda avec surprise l’érable massacré, mais préféra ne pas faire de commentaire.

-‘ Blindé. ‘

-‘ Hum ? ‘

Cogneur se releva et l’attrapa doucement, la glissant dans ses bras. La rousse bâilla et sentit le peu d’énergie qui lui restait la quitter alors que l’imposant Pokémon commençait à marcher vers la forêt. Elle observait son visage, les yeux mi-clos. Il avait l’air… coupable ? Bahia leva une main et lui caressa la joue, attirant le regard du chromatique sur elle.

-‘ Tu t’es encore fâché trop vite, hein ? ‘

C’était comme ça. Cogneur était un impulsif, il réagissait rapidement sans vraiment prendre le temps de réfléchir. Maintenant qu’il n’était plus dans la salle avec Bruno et que sa colère était passée, il se sentait mal à l’aise. De toute manière, c’était trop tard. Il ferait comme d’habitude, soit se fâcher, réfléchir et décider qu’il avait raison, soit se fâcher, réfléchir et aller s’excuser piteusement en se rendant compte qu’il avait tort. Bahia lui sourit et ferma les yeux alors qu’ils entraient sous le couvert des arbres, la pénombre les englobant.

-‘ T’inquiète, ils se débrouilleront tous les deux. Ça finira par passer. ‘

Grognement de la part de son chromatique. Il était encore stressé et énervé de ce qui s’était passé dans la ruelle. Bahia aurait aimé lui parler plus longtemps, mais elle s’endormit rapidement, son Blindépique continuant tranquillement son chemin.

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