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 [Terminé] ~ Du Rêve à la Réalité ~ [Solo]

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Sakuranbo Yamazakura
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MessageSujet: [Terminé] ~ Du Rêve à la Réalité ~ [Solo]   Mar 21 Jan 2014 - 18:17


    ~ Du Rêve à la Réalité ~




    Megapagopolis. Nous revoici à Megapagopolis après plusieurs longs mois d’absence. Et j’allais rentrer chez moi, tête baisse et honteuse d’être partie aussi longtemps sans avoir donné la moindre de mes nouvelles à mes parents, et ce, depuis mon soudain « départ ». Même si dans le cas présent, le terme de « kidnapping » aurait été plus justement employé. Et cela n’aurait servi à rien, juste à remuer le couteau dans la plaie. Une plaie bien plus profonde que je ne l’aurais imaginé, si bien qu’elle avait marqué mon être et mon âme de manière indélébile. Jamais une douleur ne fut aussi lancinante que celle-ci, et rien n’est plus pénible qu’un mal consumant un cœur affligé.

    Mon retour à la capitale de Maïlys fut un choix long et difficile. Pour un oui ou pour un non, je changeais d’avis toutes les deux minutes. Il n’était pas question de revenir, j’étais partie pour devenir une grande dresseuse pokémon, et je ne pouvais pas reculer devant ce devoir envers mes pokémons et moi-même. Ce retour à la grande ville avait un arrière-goût amer d’échec que je ne voulais expérimenter pour rien au monde. Parallèlement, j’avais été arrachée à ma petite vie tranquille par Touya, et jetée dans cette grande aventure sans la moindre préparation. Je dépendais entièrement de l’ex-maître d’Unys, aussi bien matériellement que mentalement. Il était devenu un pilier central dans cette histoire, un point d’ancrage à mes convictions, l’endroit vers où je devais toujours retourner. Mais la donne avait changé à présent, il était…

    … Non, c’était au-dessus de mes forces. Cette phrase ne pouvait pas être terminée.

    Ca s’est passé il y a peut-être un peu plus d’un mois avant mon retour. Touya et moi étions installés temporairement dans une clairière assez vaste au cœur même de forêt dense pour nous entrainer. Les combats, bien qu’encore légers et maladroits, allaient d’un bon train, et tous mes pokémons semblaient s’y donner à cœur joie. Même Yu’chii qui depuis quelques temps, n’était pas en pleine forme, se prêta pleinement au jeu. Mieux, il semblait retrouver confiance en lui petit à petit. J’étais vraiment ravie des progrès que faisait ma petite équipe, et mon terrible Roi Maléfique semblait être satisfait du travail et de l’effort que nous fournissions. De temps en temps, il se permettait même de sourire de contentement. Oh, ces moments étaient très rares bien entendu, mais le plaisir d’ une telle reconnaissance réchauffait nos cœurs et enhardissait notre ardeur à l’entraînement.

    Et puis…  un matin qui s’annonçait pourtant magnifique, alors que nous venions de nous réveiller… rien. Le campement avait disparu du jour au lendemain. Il n’y avait pas une trace de lui nulle part. C’était comme si Touya s’était volatilisé dans les airs. Forcément, nous étions tous très déboussolés par ce départ inattendu. Il devait y avoir une très bonne raison derrière tout ça. Peut-être que l’ex-maître d’Unys avait été appelé en urgence quelque part, et qu’il n’avait pas eu d’autre choix que de nous laisser ici. Il allait surement revenir nous chercher une fois sa mission terminée. Nous étions tous tellement persuadés. Alors nous sommes restés ici, à l’attendre, sans pour autant relâcher la pression sur l’entrainement. Les jours passèrent, puis la semaine et une autre sans que Touya manifeste la moindre signe de vie. Le doute s’installait un peu plus chaque jour, et une certaine panique angoissait nos nuits solitaires. Où étais-tu donc passé, mon Roi Maléfique ? C’était sur cette pensée que je m’endormais chaque soir, tandis qu'une larme glissait le long de ma joue. Aujourd’hui encore, cette question hante mon esprit perdu.

    Au bout de trois semaines, on devait se rendre à l’évidence : Touya ne reviendrait pas. Il nous avait oubliés. Simplement oubliés, comme si les mois passés en sa compagnie n’avaient jamais existés. Nous n’étions que des inconnus pour lui, et nous le resterons sans doute toujours. A croire que nous n’avons pas réussi à démontrer notre valeur au cours de nos entrainements, ce qui devait être le cas. Il fallait avouer que nous étions loin d’être doués en la matière, et même assez empotés sur les bords ! Tout ce qui s’était construit jusqu’à présent venait de voler en mille éclats. Il avait dû se lasser de nous, et partir sans le moindre état d’âme. Simplement. Partir. Sans un au revoir, ni même une explication. On ne devait pas en valoir la peine, sans doute.

    L’alternative qui s’offrait alors à nous ne nous enchantait guère. Entre conviction et réalisme, il fallait choisir lequel des deux était la meilleure voie à suivre. Poursuivre un rêve avorté ou bien revenir à une réalité maussade ? Des deux côtés, les arguments étaient aussi nombreux que pertinents. Mais quelques jours de débat intérieur suffirent à prendre à une décision. Et je fus la première surprise du résultat.



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Dernière édition par Sakuranbo Yamazakura le Lun 3 Mar 2014 - 23:53, édité 3 fois
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Sakuranbo Yamazakura
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MessageSujet: Re: [Terminé] ~ Du Rêve à la Réalité ~ [Solo]   Sam 25 Jan 2014 - 18:48



La ville n’avait absolument pas changé ces derniers mois. L’incident de la Zodiac en plein centre-ville n’avait pas bouleversé pour le moins du monde la routine de ses habitants. On allait toujours marchant dans les nombreuses rues animées. Regarder une telle tranquillité me donnait l’impression que rien au monde ne parviendrait pas briser ce quotidien si bien installé. Un groupe de jeunes filles passa devant moi, elles devaient avoir à peu près mon âge. Des éclats de rire résonnaient sur leur passage, à la fois clairs, joyeux et insouciants. J’avais du mal à imaginer qu’il y avait à peine quelque temps, j’étais comme elles : une adolescente de tout ce qu’il y avait de plus normale dans ce monde. Non pas que je me considérais comme quelqu’un exceptionnel, mais j’avais le sentiment que ma rencontre avec Touya m’avait rendu unique tant cette expérience avait été formidable. Même si au fond, je n’en savais absolument rien du tout. Après tout, qui sait ? Je n’étais peut être pas l’unique personne que l’ex-maître de la Ligue d’Unys avait secourue ; des jeunes filles comme moi, il en avait peut être kidnappé des dizaines et des dizaines… et des dizaines.

Il devait être un peu plus du milieu de l’après-midi. J’avais encore quelques heures devant moi avant de rentrer, et je voulais en profiter pour faire le tour de la ville, retrouver les lieux qui m’étaient familiers et peut être même revoir des personnes que je connaissais. C’est ainsi que je me mis en quête des divers salons de thé, pâtisseries et boulangeries que j’avais l’habitude de fréquenter auparavant. La façade des bâtiments n’avait absolument pas changé, elles étaient exactement comme dans mon souvenir. Même les odeurs douces et sucrées qui embaumaient l’air me rappelaient vaguement les après-midi de printemps que j’avais passés à leurs tables en dégustant leurs nombreuses gourmandises en compagnie de mes pokémons. Les vitrines exposaient toujours des mets raffinés élégamment décorés, et leur simple vue me mettait l’eau à la bouche comme autrefois.


- Oh ? Mais ce n’est pas la petite Sakuranbo que voilà ?

Je tournais la tête vers celui qui m’avait interpellée et il ne me fallut que quelques secondes pour le reconnaitre.

- Monsieur Takaomomiji ! m’exclamai-je, agréablement surprise. Comme ça fait plaisir de vous voir !
- Moi de même ma petite !... mais c’est que tu as grandi depuis la dernière fois que l’on s’est vus, non ? Tu as l’air d’avoir changé… fit-il après quelques secondes de silence.
- Oh, pas tant que ça Monsieur, vous exagérez ! répliquai-je avec un immense sourire. Je viens juste de rentrer à Megapagopolis, figurez vous.
- Tu étais partie ? Ca explique pourquoi est-ce qu’on ne te voyait plus dans le coin alors ! Kaedeka s’inquiétait d’avoir perdu une cliente aussi fidèle ! Il s’arrêta un instant, avant de continuer, l’air songeur : On raconte de drôles de choses sur toi ces derniers temps tu sais ? Comme quoi tu aurais disparu il y a quelques mois, enlevé en plein jour sous les yeux de nombreux témoins, et pas par n’importe qui. Par Touya Makoto ! L’ancien maître de la Ligue Pokémon d’Unys ! C’est fou non ?
- Oh ? Bah euh… Oui, c’est fou ! Com-plè-te-ment fou même ! Ahahahaha ! Je ne me serai jamais laissé faire par une personne comme lui voyons ! Ahahahaha !

Oh, on racontait vraiment des choses comme ça alors ? En même temps, c’est ce qu’il s’était vraiment passé. Et Touya n’avait pas fait fin en me portant sur son épaule comme un sac à patate devant tout le monde, avant de s’envoler sur Poulet.


- Enfin, l’important c’est que tu ailles bien et que tu sois de retour maintenant. Tu es déjà partie voir tes parents ?
- Non pas encore, mais je leur ferai la surprise ce soir !


Le propriétaire de l’établissement sourit chaleureusement.

- Tiens, prends ça, fit-il en saisissait un paquet de biscuits qui fleuraient bon la pomme et la cannelle même à travers l’emballage.
- Des biscuits maison !
- Tes préférés si je m’en souviens bien. Tiens prends les !
- Oh, mais euh… c’est trop, je ne peux pas accepter Monsieur, je n’ai pas de quoi vous payer…
- Allons, ne fais pas ta timide. Ca fait plaisir, c’est la maison qui offre, comme cadeau de bon retour.

J’hésitais un instant avant de prendre les sucreries, un sourire timide et gêné aux lèvres.

- Merci Monsieur Takaomomiji, merci de tout cœur. Ca fait vraiment plaisir d’être de retour… Passez mes salutations à votre femme et vos filles ! Encore merci, à bientôt !

Je lui adressais un dernier sourire et un signe de la main avant de m’en aller.



Oui, ça faisait vraiment plaisir d'être de retour... mais ces mots sonnaient étrangement faux à mes oreilles.



Je cheminais tranquillement vers le parc sous serre de la capitale en grignotant les biscuits qu’on m’avait offerts. De temps en temps, je tendais un morceau à Ko’kun qui se ne privait pas de cette gâterie. Il aimait ces gâteaux probablement autant que moi ! La grande serre avait été dévastée par Menthe le jour ma rencontre avec le Roi Maléfique. Du jour au lendemain, ce magnifique endroit, si fleuri et paisible d’ordinaire, était devenu qu’un champ ravagé par les violents combats de la Zodiac. Mon cœur se serrait lorsque je repensais à la soudaineté de cet évènement, et en arrivant sur les lieux, il me semblait qu’un vague sentiment de nostalgie flottait dans l’atmosphère. Le bâtiment avait été entièrement reconstruit, à croire que la ville n’avait pas perdu de temps une fois le désastre passé, mais l’intérieur demeurait encore incomplet. Le tapis d’herbe était de retour et les part-terres de fleurs aussi resplendissants qu’avant, mais les grands arbres qui formaient la forêt reconstituée n’avaient pas encore été replantés. Ils devaient certainement attendre un arrivage d’arbres provenance d’Avalaville. Malgré tout, le parc n’avait en rien perdu de sa splendeur. L’architecture et l’organisation n’étaient pas exactement identiques, on voyait clairement que les autorités locales en avaient profité pour faire quelques aménagements supplémentaires. Après avoir salué les responsables, je quittais les lieux. Je me sentais étrangement mélancolique après cette courte visite, comme si l’enthousiasme et la bonne humeur dont je faisais preuve avant mon départ avait laissé place à un profond regret que je ne saurais expliquer maintenant.

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Sakuranbo Yamazakura
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MessageSujet: Re: [Terminé] ~ Du Rêve à la Réalité ~ [Solo]   Jeu 30 Jan 2014 - 11:50


Les ombres s’agrandissaient dans les rues, le soleil se couchait sur les buildings de la ville en les teintant de la couleur rougeâtre du crépuscule. C’était un moment que je redoutais depuis mon arrivée, tout indiquait qu’il était temps de prendre le chemin de la maison. Comment est-ce que mes parents allaient m’accueillir après mon soudain départ ? Est-ce qu’ils allaient être en heureux et soulagés de me retrouver ? Ou bien irrités par de mon comportement ? Mais quel que soit leur réaction qu’ils allaient avoir, elle était amplement justifiée. J’avoue avoir exagéré, j’aurai pu les prévenir et leur donner de mes nouvelles au cours des mois précédents, au moins pour les rassurer. Mais je n’avais rien fait de tel. Quel genre de fille indigne est-ce que j’étais devenue ? Causer tant de soucis à mes parents que j’aimais tellement ? Je me sentais terriblement honteuse. Et cet embarras ne comprenait pas seulement l’écart de comportement que j’avais eu envers eux mais aussi l’humiliation que j’avais à revenir après avoir échoué ce que j’avais si durement entrepris.

Je marchais d’un pas maussade pour ne pas dire que je trainais des pieds. Les lumières de la ville s’allumaient une à une, ici et là. Des lampadaires jusqu’aux fenêtres des immeubles et des maisons, tout s’illuminait à mesure que le ciel se piquetait de points lumineux. Les rues de mon quartier étaient aussi calmes qu’à l’ordinaire. De temps en temps le vrombissement sourd d’une voiture se faisait entendre, le véhicule traversait alors la chaussée avant de disparaître de nouveau dans l’obscurité. Bientôt, je me retrouvais devant un grand portail de bois encadré par deux murets recouverts d’un épais rideau de lierre. Juste à côté, je savais que je pourrais y trouver un portillon dans le même style que l’immense portique. Je sortis de mon sac un trousseau de clefs et tirais en particulier une. Il eut un déclic sonore et la porte s’ouvit. La cour dans laquelle je me retrouvais était étonnamment vaste pour une maison de ville. Deux principaux édifices s’y tenaient. Le plus imposant d’entre eux était le laboratoire pokémon de mes parents. En apparence, il s’agissait d’une grande bâtisse à l’ancienne mais dès qu’on y passait les portes, on se retrouvait dans un univers moderne, entouré de machines de dernières technologies de pointe. L’autre était une construction plus petite et modeste. Sa façade était blanche mais les portes et les volets arboraient une couleur acajou qui tranchait agréablement avec le reste du bâtiment. Une grande allée en graviers crayeux s’avançait au milieu de la cour avant de se diviser en deux chemins différents ; quelques lampadaires solaires avaient été dispersés ça et là pour éclairer les lieux. Avec une certaine hésitation, je me dirigeais vers la deuxième bâtisse. Les gravillons crissaient doucement sous mes pas comme une mélodie familière.

J’arrivais sur le seuil de la porte d’entrée. On entendait distinctement des bruits à l’intérieur ; alors comme ça, Papa et Maman étaient déjà rentrés à la maison ? Il était rare de les voir rentrés aussi tôt ; d’habitude, ils restaient travailler dans leur laboratoire jusqu’à une certaine heure. D’habitude aussi, c’était moi qui les accueillais à la maison. Mais aujourd’hui, les rôles allaient être inversés. Avant même de saisir la poignée de la porte, je m’étais imaginée tous les scénarios possibles sans jamais savoir laquelle d’entre elles était à choisir. Je déglutis en songeant à ce que j’allais retrouver de l’autre côté, et après avoir pris une grande inspiration, je franchis le pas et entrai :


- Coucou ! C’est moi ! Je suis là ! m’exclamai-je avec enthousiasme débordant qui ne trahissait en rien l'anxiété que j'avais éprouvée quelques minutes plus tôt.

- Sakuranbo… ? Sakuranbo !

Des bruits de pas précipité se firent entendre, et bientôt, la silhouette de Maman apparut en haut des escaliers. J’avoue avoir été un peu surprise par son allure. Elle semblait avoir pris quelques années en l’espace de quelques mois, paraissait plus fatiguée. Et plus maigre aussi. Sa coiffure était défaite et des mèches de cheveux lui tombaient devant les yeux. Les cernes qui soulignaient son regard fatigué témoignaient les longues nuits qu’elle avait passées à attendre, éveillée.

- Chéri viens vite ! Sakuranbo est de retour ! s’était-elle écriée en descendant précipitamment.
- Quoi ?! C’est vrai ?! s’égosilla une voix bien connue dans une pièce du rez-de-chaussée.
- Sakuranbo !

Maman s’était jetée dans mes bras, presque en pleurs. Bientôt, Papa apparut sous l’arcade d’une porte. Il marqua sa surprise en portant la main à sa bouche, les yeux écarquillés, avant de se joindre à nous.

- Qu’Arceus soit loué… Tu es en vie, tu es saine et sauve ma chérie, ma petite chérie… .

Elle sanglotait doucement dans mes bras, et ce n’est qu’à ce moment-là que je me rendis vraiment compte de toute l’inquiétude que je leur avais causée avec ma disparition.

- Pardon Maman, pardon Papa… Désolée de vous avoir inquiétés. Je suis de retour.


La chaleur réconfortante d’un foyer et d’une famille aimante qui vous attend… Qu’elle était douce et agréable.


Si seulement les retrouvailles avaient pu se limiter à cet instant-là. Forcément, ils me demandèrent des explications sur les raisons de mon soudain départ et pourquoi est-ce que je ne les avais pas contactés plus tôt. Ils me réprimandèrent bien plus gentiment que je ne l’aurais pensé, sans doute trop heureux de me retrouver après tous ces longs mois de silence. Alors je leur racontais tout. Enfin, presque tout. J’évitais soigneusement d’évoquer Touya tout le long de récit. Autant dire que je leur passais près de la majorité de l’histoire en vérité ! Mais je leur avais fait tellement de soucis, je ne voulais pas rajouter une couche supplémentaire. Je leur dévoilais néanmoins ma soudaine prise de conscience et de l’envie de répondre aux sentiments de mes pokémons, mais que bien vite, je m’étais retrouvée dos au mur... jusqu’à me retrouver obliger de retourner à la maison, tête basse et honteuse.


- Et bien c’est bien mieux ainsi, conclut Maman. Les jeunes filles de ton âge ne sont pas faites pour vivre sur les routes ou combattre à tout bout de champ. Ca, c’est du quota des dresseurs pokémons, pas des adolescentes comme toi. Il y a la police et la Ligue Pokémon pour régler les problèmes de laTeam Zodiac. Ne sois pas idiote en pensant que tu puisses peser lourd dans la balance des camps : tu vois bien que tu n’as même pas réussi à te débrouiller seule ces derniers mois, comment est-ce que tu arriverais à rendre utile de cette façon ? Allons, ne fais pas cette tête Sakuranbo, sois réaliste, tu sais que j’ai raison. Tu es bien mieux ici, près de nous et en sécurité.

Elle avait terminé cette discussion de cette manière, en me laissant un goût amer de honte et de déception en bouche. Parce que oui. Au fond, je le savais. Elle avait raison. Papa n’avait rien ajouté à ces paroles, mais ces sourcils étaient étrangement froncés et sa mine si sérieuse… on aurait dit qu’il remuait quelque chose d’important dans sa tête. Après les avoir embrassés et mettre excuser pour la n-ième fois de la soirée, je remontais dans ma chambre. Une chambre que je n’avais pas revue depuis quelques temps déjà. Rien n’avait bougé. Tout était resté exactement à la même place que lorsque j’étais partie. Pourtant, aucune couche de poussière n’était présente. Je crois que Maman venait régulièrement faire le ménage dans cette pièce pendant mon absence, pour que, si je venais à rentrer à n’importe quel moment, je puisse trouver un endroit où dormir sous ce toit.

A peine rentrer, je m’effondrai complètement sur le lit. Les draps devaient avoir été changés récemment car ils sentaient encore le linge propre et frais. Konoha sauta souplement sur le matelas lui aussi et s’allongea à côté de moi. Il plongea son magnifique regard noisette dans le mien. Ses yeux affichaient un grand calme mais à laquelle était mêlée à une certaine désapprobation. Je soupirais fortement en le voyant.


- Ne me regarde pas comme ça Ko’kun. A moi non plus ça ne me fait pas plaisir de rentrer de cette manière ! et après un instant de silence : … on n’avait pas vraiment le choix non plus…

Sauf qu’on a toujours le choix.

Machinalement, je vins me réfugier contre lui, et un sommeil lourd, profond et sans rêve m’emporta.

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Sakuranbo Yamazakura
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MessageSujet: Re: [Terminé] ~ Du Rêve à la Réalité ~ [Solo]   Lun 24 Fév 2014 - 21:21


- Oh ? Mais… ce ne serait pas Sakuranbo qui arrive ?

Cet éclat de voix bien connue résonna depuis de la salle de classe jusque dans le couloir. J'apercevais déjà des têtes différentes les unes des autres apparaître et disparaître à travers les fenêtres et la porte de la pièce ; des camarades curieux surement, qui venaient vérifier de leurs propres yeux ce qui avait été énoncé quelques secondes plutôt. Une esquisse de sourire se dessina sur mes lèvres tandis qu’un sentiment mitigé tonnait dans ma poitrine. Pour la n-ième fois depuis la veille, je me demandais quel genre d'accueil est-ce qu'on allait me réserver ici. Je craignais, bien entendu, je craignais de faire face à cette situation. Qui n’aurait pas redouté un instant comme celui-ci s’il devait l’affronter de cette manière ? Une de mes amies m'attendait déjà devant la salle, les yeux brillants de je ne savais quelle émotion. Etait-ce de la joie ? Du soulagement ? De la colère ? Du mépris ? Je n’en savais rien , mais mes pas continuaient de me porter vers elle bien qu’une seule envie me prenait à la gorge : celle de m’enfuir en courant.

- Mais si ! C’est elle ! Sakuranbo !
- Sakuranbo ! Te voilà enfin !


J’étais à peine arrivée dans la salle que mes camarades s’étaient précipités pour m’accueillir. Sourires, étreintes, tapes amicales sur l’épaule… tous manifestaient chaleureusement leur joie et leur soulagement de me revoir saine et sauve parmi eux après ces longs mois d’absence.

- Ahahaha, bonjour les amis ! dis-je avec un immense sourire puis d’un air plus réservé néanmoins sincère, j’ajoutai : …désolée de vous avoir inquiétés.

Ils semblèrent soudainement gênés de mon attitude plus retenue qu'auparavant, surtout pour ses retrouvailles. Il eut un bref instant de silence embarrassé qui ne dura que quelques secondes, mais il fut si présent que la déléguée de classe en personne reprit les choses en main :

- Bon… l’important c’est que tu ailles bien. Mais n’espère pas t’en sortir aussi facilement. Où est-ce que tu étais passée tout ce temps ? On était mort d’inquiétude ici.

Encore cette question.

- Héhéhéhé, fis-je d’un air un peu stupide. C’est… un peu long à expliquer.

Ko’kun dut sentir ma réticence car il fourra son museau dans ma main, comme pour me rassurer. Je sursautai légèrement en sentant le contact froid de sa truffe dans ma paume puis baissai la tête pour le regarder. Il rendit mon regard sans broncher et ses magnifiques yeux noisette plongés dans les mains me réchauffèrent. Je pris une grande inspiration avec de sourire à nouveau :

- Voilà ! Et… c’est tout.

La honte m’empêchait d’en dire plus. Ils m’auraient surement submergée d’autres questions si le professeur n’était pas arrivé pile à ce moment-là. C’est avec un grand soulagement que je voyais tout le monde regagner sa place en silence. Le prof me toisa sévèrement du regard mais ne dit rien ; il avait dû déjà être mis au courant de mon retour par le proviseur. Le cours commença : littérature étrangère ; cela ne m’évoquait guère plus qu’un lointain souvenir. Je regardais le bleu du ciel à travers la fenêtre d’un air songeur tandis que la voix monotone du professeur s’éloignait de plus en plus de mes pensées. Et comme je sais que peu de personnes auront la foi de lire jusqu’ici ce tas d’inepties absolument barbantes, je me permets de meubler mon paragraphe et écrivant n’importe quoi. Ce solo commence à trainer un peu et j’ai intérêt à me magner pour avancer un peu. En attendant, c’est gâteau time alors je me mets en pause et file dévorer ce saint-honoré qui m’attend. Sauf que ma mère est passée devant moi et a mangé ma part sans la moindre vergogne. Je pleure, je pleure sur cette pâtisserie que je n’ai pas pu goûter. Monde cruel ! Le reste de la journée se déroula sans incident notable, enfin, si on oubliait les courses poursuites effrénées dans les couloirs pour échapper à mes poursuivants, car il n’était pas question que j’aborde plus que ça le sujet de ma disparition.

Le temps reprit peu à peu ses droits et les vieilles habitudes revinrent au grand galop. Mes journées étaient de nouveau bercées par la force de la routine : la douce chaleur du foyer, les agréables moments passés entre amis au lycée, les petits plaisirs que l’on savait apprécier en dégustant de délicieux gâteaux avant d’aller travailler à la serre. Tout cela n’avait absolument pas changé, tout était resté exactement comme dans mes souvenirs sans que le moindre détail trahisse mon absence de plusieurs mois dans cette vie anodine ; avant même de m’en rendre compte, j’étais redevenue cette jeune fille insignifiante et sans saveur qui se complaisait dans un bonheur d’une banalité la plus totale. Je continuais d’avancer ainsi, alors que les couleurs se ternissaient autour de moi et que la morosité étreignait de plus en plus mes journées. Tout devenait vide, tout devenait gris jusqu’à ce que chaque instant passé dans ce train-train ordinaire ne m’accable d'une profonde lassitude. L’entrain et la bonne humeur qui m’animaient étaient factices, et les sourires que j’affichais n’avaient plus aucune signification si ce n’était que le mensonge supplémentaire que j’accordais à mon entourage.

Mais il arrive toujours un moment où on se dit qu’on ne peut plus faire semblant et ignorer les problèmes qui nous accablent. Du jour au lendemain, j’arrêtais les cours sans la moindre explication pour passer mes journées à la serre ou trainer on ne savait où. Quelque chose manquait cruellement à cette vie-là. Etrangement, c’est toujours en repensant à ces moments auprès de Touya que je croyais trouver un semblant de réponse, mais dès que je l’effleurais du doigt, elle s’évaporait au seuil de ma pensée comme une bulle de savon éclate en plein air. Quelque chose dans cette période la rendait unique et emplissait mon existence d’une manière que je ne saurais décrire ; j’en venais à me demander si je ne regrettais pas cette époque. C’était cocasse quand même, il y avait quelques mois, je me serais plainte de cette vie d’entrainement en plein air, et maintenant, j’en revenais presque à la regretter. A la regretter. De tout mon cœur.

Au fil des jours et des semaines, je sombrais peu à peu dans une mélancolie maussade. Parfois, certain matin, je me réveillais l’esprit encore embrumé par le sommeil, la tête pleine de souvenirs, si bien je venais à me demander si je n’avais simplement pas rêvé cette période… mais à chaque fois, la réalité me rappelait à moi, et c’est la vue brouillée par les larmes que je me souvenais.

Touya m’avait abandonnée. Sans un mot.

Je me recroquevillais dans mon lit en sanglotant, faible et misérable, tandis que Konoha se blottissait contre moi en espérant m’apporter un peu de réconfort. Je passais alors les bras par-dessus son flan et étouffais mes larmes dans son pelage. Il y avait quelque chose de cruel dans cette réalité que je n’arrivais à accepter : sa Réalité n’était pas mienne. Et elle ne le sera sans doute jamais.

... jamais.


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Sakuranbo Yamazakura
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MessageSujet: Re: [Terminé] ~ Du Rêve à la Réalité ~ [Solo]   Lun 3 Mar 2014 - 23:50


Cela faisait déjà plusieurs semaines que j’étais rentrée, peut être plusieurs mois… je n’en savais trop rien : j’avais perdu toute notion du temps depuis mon retour. La vie s’écoulait aussi lentement que d’habitude, sans que rien ne module la lourdeur qui envahissait de mes journées. J’observais d’un œil morne les soleils se levaient et se déclinaient sur l’horizon depuis la fenêtre de ma chambre, et rien ne me faisait oublier les jours passés loin d’ici. Cette pièce comme n’importe quel autre lieu me faisait l’effet d’une prison, une prison à laquelle je ne pouvais y échapper. Non pas que j’étais réellement enfermée, j’étais libre d’aller à ma guise où bon me semblait ; mais partout où est-ce que je rendais, un curieux sentiment d’oppression me suivait, et ce malgré tous les efforts du monde que je faisais pour m’en débarrasser. Cet ennui me collait à la peau comme une sangsue et me vidait de toute autre motivation ; rien, absolument rien ne parvenait à me divertir ou me changer les idées. J’étais juste engouffrée dans un cercle infernal aussi sombre qu’une nuit sans lune, et sortir de là me paraissait au-dessus de mes forces.

A côté de cela, mes parents se faisaient beaucoup souci à mon sujet : ils n’étaient pas du genre à délaisser leur fille ainée si facilement. Mais chacune de leur tentative de communication se soldait par un échec : ils ne faisaient que se heurter au mur de mon obstination. Il est vrai que ça devait aussi dur pour eux… d’ordinaire, j’étais très ouverte et souriante, me voir ainsi renfermée et abattue devait leur faire un sérieux choc. C’est pour cela que partir pour un congrès national à Unys pendant une semaine ne les rassurait guère : ils allaient me laisser seule à la maison pendant tout ce temps. Maman avait pourtant lourdement insisté pour que je les accompagne, mais j’avais refusé chacune de ses invitations avec entêtement. Je ne leur laissais pas le choix et ils finirent par abandonner les armes : ils partirent à ce rassemblement annuel le cœur lourd.

Deux jours s’étaient déjà écoulés depuis leur départ. Comme chaque matin, je me réveillais d’un sommeil agité et peu reposant. Je parcourais la chambre d’un regard perdu… Les rideaux toujours tirés plongeaient les lieux dans la mi-pénombre, si bien que même sans forcer on distinguait nettement les meubles décorant la pièce. Konoha bondit du lit et s’étira de tout son long en baillant longuement, puis il trottina vers la porte et l’ouvrit d’un audacieux coup de patte avant de sortir. En allant à sa suite, je passais devant le grand miroir de mon placard : Peau pâle, épaules tombantes, yeux cernés, regard dans le vide et le pas traînant… je n’étais plus que l’ombre de moi-même.

… comment en étais-je arrivée à là, déjà ?

Je passais doucement une main sur la joue en me dévisageant et posais l’autre sur mon reflet. Ça me paraissait tellement irréel, c’était si différent d’auparavant : la lueur enthousiaste et joviale qui brillait constamment dans mon regard s’était éteinte, ma joie de vivre évaporée… je tentais vaguement un sourire mais je n’obtins qu’un rictus crispé. Je déglutis devant cet échec ; j’étais une bonne menteuse, pourtant : je m’étais si souvent appliquée à sourire alors que les sanglots serraient ma gorge d’enfant… Mon visage se crispa sous la montée des larmes.

Soudainement, apercevoir mon image dans la glace m’irrita plus que raison : je ne voulais plus voir ce visage dévasté ; il ne m’inspirait que haine et dégoût. Des larmes sillonnaient le long de mes joues lorsque je me saisissais de la première chose qui me tombait sous la main, un verre me semblait-il, et le balançait de toutes mes forces sur le miroir. La surface se brisa au contact de l’objet et les bouts glace éclatèrent à la rencontre du sol ; je ne retenais plus et m’effondrais à genoux au milieu des éclats de miroir. Ils me lacérèrent la peau et s’enfoncèrent impitoyablement dans mes jambes ; la tiédeur du sang s’écoulant doucement des blessures contraster étrangement avec le froid du verre planté dans ma chair. Mais je ne sentais rien, cette douleur n’était rien comparée à ce que je ressentais, elle aurait même été préférable à ce que je vivais en ce moment. Je déplaçais légèrement une jambe par pur réflexe et les débris fichés à l’intérieur s’enfoncèrent un peu plus. Une main se perdit dans mes cheveux. Roses qu’ils étaient. J’agrippais doucement quelques mèches sans quitter les innombrables reflets éparpillés sur le sol. Ses cheveux… si roses… dans lesquels il avait tant de fois passé sa main, une main si chaude et réconfortante… Ses cheveux… je les détestais tellement en vérité. Je les détestais depuis si longtemps, depuis toujours à vrai dire ; c’en était trop, je ne voulais plus les voir. Je saisissais à pleine main un débris de miroir sans me soucier des profondes entailles que me causaient ses bords tranchants et entrepris de les couper à grands gestes furieux. Le tapis, qui commençait à se tacheter de sang, se recouvrait peu à peu de longues mèches roses ; de temps en temps, un mouvement plus ample et précipité qu’un autre me lacérait légèrement la joue ou le cou en laissant échapper quelques gouttes écarlates. Et tout en faisant cela, je pleurais. Je pleurais doucement en songeant que, plus jamais… Touya les ébourifferait. Plus jamais.

... comment en étais-je arrivée à là, déjà ?

… ah oui. C’était douloureux… d’être amoureuse. Trop douloureux. Je ne sais plus très bien ce qui m’a poussé à faire ça par la suite, mais je me rappelle clairement d’avoir dirigé la pointe du débris sur mon bras, une perle de sang se formait déjà à son extrémité. Puis, après avoir pris plusieurs grandes inspirations, je levais le tesson dans les airs et m’apprêtais à l’abattre brutalement mais…


- … LIIIII !

Le Phyllali chromatique apparut dans l’encadrement de la porte, les poils tout hérissés. En deux bonds, il arriva à côté de moi et donna un violent coup de patte à la main qui détenait le bout de verre brisé. Sous l’impact, je lâchais le morceau de miroir et il vola plus loin dans la pièce. Puis, le Verdoyant vint se coller contre moi en enfouissant sa tête dans mon cou.

- Ko… kun…

Il me donnait quelques coups de museau en sifflant doucement comme pour m’inciter à le prendre dans ses bras.

- Pardon Ko’kun… Pardon. Mais… ça fait si mal… Si mal…

Je fondis en larmes en le serrant de toutes mes forces contre moi, et il se laissa faire en appuyant sa tête contre la mienne.

Je mis plusieurs longues minutes à me calmer, assise au milieu des débris, mon Prince Charmant dans les bras attendant patiemment que je me reprenne. L’heure avancée, la pièce se refroidissait et un frisson glacé me parcourut la peau. Je lâchais un bref instant le Phyllali et me frottais les yeux rougis par les larmes. Un regard épuisé sur les jambes me fit intensément frémir, car je me rendis soudainement compte de l’état dans lequel je m’étais mise, et comme si la vision de ces blessures m’avait réveillé, la douleur des nombreuses coupures et perforations des tessons de glace s’éveilla. Je plaquais une main sur la bouche pour me retenir de régurgiter, autant de douleur que d’horreur. Konoha me regardait avec une profonde inquiétude au fond de ses yeux noisettes. Maintenant calmée, je réussis à lui adresser un pâle sourire.


- … ça va aller, ne t’inquiète p…

C’est alors qu’un hurlement mental retentit dans toute la maisonnée. Par pur réflexe, je bouchais mes oreilles, et Verdoyant sursauta de surprise en bondissant en arrière, avant de se rouler en boule, les pattes sur la tête. Cela dura ne dura que quelques secondes, mais l’intensité du cri fut elle qu’il parut durer plusieurs minutes. Du regard, je cherchais le responsable de ce désastre sonore, et c’est à ma plus grande surprise que je constatais qu’il s’agissait… d’une petite Tarsal.

J’avais souvent entendu parler de la grande sensibilité de ses pokémons, aussi appelés « Sentiments ». L’œuf que Mamo’nii m’avait confié et que j’avais gardé plusieurs mois en espérant de tout mon cœur voir éclore, avait finalement fini par manifester des signes de d’éclosion, et c’est dans les pires moments que l’on pouvait imaginer qu’il avait fallu que cet évènement tant attendu arrive. Le flot d’émotions négatives que je dégageais ces derniers temps devait avoir touché la corde sensible du bébé pokémon et c’est de cette puissance qu’elle s’était servie pour porter à bien la fin de sa croissance. Comment une Sentiment avait-elle pu naître dans un environnement aussi malsain ? Les conditions étaient pourtant toutes défavorables, et je craignais pour l’avenir de ce pokémon.

Je bougeais légèrement une jambe, et la douleur m’arracha un hurlement, Konoha revint immédiatement à côté de moi.


- Mes … pokéballs… j’ai besoin de Youkou et de Shinkou…
- Phyllali !


Il partit immédiatement chercher les sphères bicolores sur mon bureau et libéra les intéressés. Pendant ce temps, je me trainais tant bien que mal jusqu’à la salle de bain, luttant contre la douleur qui se propageait de mes jambes et tentant de ne pas m’évanouir. Je m’étalais sur le carrelage glacé de la salle de bain, transpirante, lorsque les têtes du Phyllali, de la Joliflor et du Coxy apparurent. Les deux derniers furent bien évidement choqués de mon état, et se précipitèrent vers moi.

- … ne vous inquiétez pas… mais j’ai… besoin de votre aide… Shin’kun, les produits désinfectants, les pansements et… les bandages dans l’armoire à pharmacie s’il te plait. Il s’exécuta sur le champ. You’chii… désolée de te demander ça… Mais dans l’état actuel, tu es la seule à qui je puisse le demander… aide moi… à retirer ses bouts de verre de ma jambe s’il te plait… je sais que tu es suffisamment douce et décidée pour le faire…
- Joliflor ! Joli jol…,
fit-elle d’un ton de reproche.
- … s’il te plait… il faut le faire maintenant…
- … flor…


Elle finit par se plier à me décision et hocha doucement de la tête d’un air inquiet. Les soins réunis, on commença les opérations. La Fée des fleurs retirait doucement les débris tandis que je mordais dans une serviette pour ne pas hurler et alertait le voisinage. Tout de suite après, je désinfectais la plaie et essayais le sang qui s’écoulait avant de penser et bander la blessure. On renouvelait cette démarchee pour chacun morceau de glace planté dans ma jambe. Plus on avançait, et plus je m’étonnais : par quel miracle est-ce qu’aucun tesson n’avait sectionné aucune veine ni aucune artère ? Lorsque les soins furent terminés, la bassine d’eau qu’on utilisait pour récupérer les débris de miroir était aussi rouge que le sang qu’elle contenait. Je m’étalais de nouveau sur le sol de la pièce, haletante.

- Merci les amis… soufflais-je dans un soupir. … et désolée…

Tous virent se réfugier près de moi, alors que la nouvelle arrivée dans l’équipe nous observait, à demi-cachée par la porte. Je me relevais et l’appelais d’une voix que je voulais douce :

- …allez, vient, n’aies pas peur…

Elle hésita quelques instants et s’avança de quelques pas.

- Hm… comment t’appeler ? A la vue de la situation, Zetsubou serait un bon nom, ça te va ?

Elle fit mine de réfléchir, alors qu’un
« oui » hésitant retentit dans nos têtes. On y comprit qu’elle ne comprenait pas complètement ce que cela voulait dire, mais acceptait avec toute la simplicité et l’innocence d’un bébé pokémon. Ce fut l’unique fois dans cette période où elle nous adressa la parole de cette manière-là.

Je ne parvins pas à me relever tout de suite, la perte de sang avait été trop importante : je devais me reposer un peu. Et c’est à l’aide de mes pokémons que je parvins à m’allonger sur mon lit, Zetsubou toujours un peu en retrait. Aussitôt, je sombrais dans un lourd et profond sommeil sans rêve. Au bout de quelques heures, Konoha me réveilla de quelques coups de museau –certainement pour s’assurer que je n’étais pas morte en dormant. Les restes du miroir avaient été nettoyés pendant que je dormais. Il ne restait pour seule preuve que les tâches de sang qui marquaient ma moquette. Par précaution, et malgré la fatigue qui m’accablait encore, je passais un coup d’aspirateur sur le tapis.

Depuis cet incident, le Phyllali me suivait absolument partout, et jamais son regard noisette ne me quittait. J’avais eu tort de faire cela, il est vrai… car j’aurai réduit mes pokémons au même état que le mien. Et ce n’était pas désirable en tant que dresseur pokémon… et en tant qu’amie. Lorsque j’eus assez de force, j’allais à l’hôpital me faire soigner plus correctement, on m’engueula dans un premier temps pour avoir été aussi maladroite –car un habile mensonge avait dissimulé la vérité- et on félicita pour les premiers soins, car hors mis les blessures les plus profondes, les cicatrices résultants des nombreuses coupures ne seraient pas ou peu visibles. La suite de la semaine se déroula sans autre problème, dans la même ambiance. Je dus préparer une solide excuse quant à ma nouvelle coupe de cheveux au retour des parents, et jamais ils ne doutèrent de ce qu’il avait pu se passer au cours de ces journées d’absence. Et malgré tout cela, la vie continuait, je le savais, mais j’étais incapable de l’aborder avec le même sourire qu’auparavant. Quelque chose en moi s’était brisé, et j’ignorais si un jour je parviendrais à soigner cette blessure aussi bien que je l’avais faite ce jour là.



5/5


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